RAPPORT
Leçons d'une évaluation externe du programme de coopération IIEP - Asdi
L'un des principaux partenaires de l'IIEP, l'Agence suédoise de développement international (Asdi) a récemment commandité une évaluation externe de la coopération de l'IIPE avec cette agence. Le rapport a été achevé en octobre 1996 et ses conclusions ont été diffusées aux bureaux de l'Asdi dans le monde, ainsi qu'à d'autres agences de financement. s'il est bien entendu impossible de faire un résumé complet de ces travaux, nous souhaitons cependant partager avec nos lecteurs certaines conclusions du rapport, indiquer quelques tendances et montrer un certain nombre d'indicateurs de l'impact actuel de l'IIPE sur les Etats Membres de l'UNESCO.
|
AU cours de ces 30 dernières années, par une série de huit accords avec l'IIPE, la Suède a apporté davantage de contributions volontaires à l'Institut qu'aucun autre pays. Pour les seules années 90, la contribution suédoise s'élève jusqu'ici à 4,4 millions de dollars U.S. Sur la question de l'impact, les auteurs du Rapport d'évaluation de l'Asdi sont arrivés à une conclusion nette: |
« Toutes les données dont nous disposons nous suggèrent que l'IIPE a eu un impact considérable et que c'est toujours le cas. Il nous a été décrit comme première organisation du monde entier dans le domaine de la planification de l'éducation. Il jouit de toute évidence d'une réputation enviable à la fois auprès de ceux qui ont participé à ses programmes en tant que stagiaires ou que chercheurs associés et auprès des agences de financement et des gouvernements et des institutions des pays en développement ». |
Une institution en formation
|
Le Rapport d'évaluation porte particulièrement sur la période de janvier 1990 juin 1996, pendant laquelle l'IIPE a mis davantage l'accent sur son rôle d'«institution en formation». A cet effet, afin d'adapter son programme à l'évolution des besoins, une fonction clé, l'Observation a été créée ; elle permet à l'IIPE de suivre ce qui se passe dans l'environnement afin d'en tenir compte dans ses programmes et activités, et de les modifier ou de les renouveler si nécessaire. La fonction d'Observation permet en particulier à l'IIPE : d'abord de garder le contact avec les demandes des Etats Membres concernant l'évolution de la planification et de l'administration de l'éducation ;en second lieu, de prendre note des nouvelles demandes dues aux transformations sociales et économiques récentes et de tenter de les interpréter ; et en troisième lieu de piloter ses activités en fonction de ses objectifs et des évolutions dans les Etats Membres. Trois séries d'activités sont entreprises dans ce cadre :
Cet aspect d'une coopération globale intellectuelle, professionnelle et financière a une importance cruciale pour le développement de l'Institut. Ces différents éléments de coopération sont étroitement imbriqués et font partie de la structure de base de l'Institut, comme le montre l'organisation régulière, année après année, de séminaires pour le personnel de l'IIPE et pour celui des agences de financement. Ces séminaires ont pour objectif l'échange approfondi de points de vue sur des aspects particuliers de la planification et de l'administration de l'éducation. L'essentiel de la mission de l'IIPE ces dernières années est constitué par le développement de capacités pour l'élaboration de politiques, pour la planification et pour la gestion en matière d'éducation, ce qui est souligné dans chacun des accords entre l'IIPE et l'Asdi au cours des années 90. Il faut constater que le caractère international de l'Institut lui donne des avantages : le large éventail des nationalités, des formations et des intérêts de son personnel, les relations très étroites établies avec de nombreux Etats Membres de l'UNESCO, les liens professionnels développés avec des institutions nationales pour la mise en oeuvre de ses projets de recherche, et les différents types de programmes de formation offerts aux participants venant du monde entier ces caractéristiques donnent à l'Institut une vue globale des dimensions de la planification de l'éducation. Quelques indicateurs permettront de montrer l'importance des contributions financières de l'Asdi à l'IIPE. Par exemple, près de la moitié du soutien de l'Asdi va au Programme annuel de formation et dans ce domaine, le Rapport d'évaluation note que «les participants à ce programme ont exprimé une grande satisfaction. Elle s'applique à la fois au contenu des cours et aux méthodes pédagogiques. Le caractère pratique des cours et leur enracinement dans les réalités des pays en développement sont fort appréciés ». En dehors du Programme annuel de formation, environ 15% de la subvention de l'Asdi à l'IIPE ces dernières années a servi à soutenir certains ateliers et certains cours intensifs de formation. |
Le Rapport d'évaluation relève que dans les années
90, quelques 1.700 participants ont suivi ces cours sur une grande diversité
de sujets. Environ un tiers des cours ont réuni le plus de participants
sur la gestion, l'administration et la planification de l'éducation
et près de la moitié de ces cours concernaient spécifiquement
l'enseignement supérieur. Des groupes de participants assez importants
ont également suivi des cours sur l'éducation, l'emploi et le développement
des ressources humaines, ainsi que sur la carte scolaire et la
microplanification. Pendant toute cette période, des cours ont également
été proposés sur l'emploi de l'informatique pour une
diversité d'utilisations, sur la conception de projets de développement
de l'éducation, sur la planification et le pilotage de la décentralisation
de l'éducation et sur la mesure de la qualité de l'éducation.
L'Agence suédoise est un supporter enthousiaste de la collection « Principes de la planification de l'éducation » depuis son lancement au cours des années 60. Environ 7,5% de l'apport de l'Asdi à l'IIPE pendant les années 90 ont servi à la publication de nouveaux titres de cette collection, notamment sur : l'accroissement de l'efficacité des enseignants, l'élaboration des programmes scolaires à l'échelon central et à l'échelon des écoles, la planification des ressources humaines, la gestion des systèmes d'enseignement à distance, un système de gestion de l'information, les examens nationaux, et le développement de l'orientation vers le travail dans la planification de l'éducation. L'Asdi a également contribué au développement de matériels de formation, les plus récents dans des domaines tels que la microplanification, les méthodes de planification des ressources humaines, la gestion budgétaire et la gestion des institutions d'enseignement supérieur. Bien que les exemples ci-dessus concernent les aspects quantitatifs de ces questions, il est important de souligner que les éléments qualitatifs ont eu également une grande importance. Ces dernières années, l'IIPE a été à la pointe de l'expérimentation de nouvelles approches pour la diffusion de nouveaux concepts et méthodes dans les domaines de la planification et de l'administration de l'éducation. Fermement attaché au concept «d'institution de formation », l'IIPE n'a pas hésité à expérimenter de nouveaux modes d'enseignement, comportant des effets multiplicateurs accrus (modules d'autoformation, activités d'enseignement à distance, centres dépositaires de la documentation de l'IIPE, etc.), l'apprentissage par la pratique (par exemple le Consortium d'Afrique australe pour le pilotage de la qualité de l'éducation, financé par les gouvernements de l'Italie et des Pays-Bas), le travail en réseaux avec des institutions associées dans toutes les régions du monde ou avec certaines institutions dans des régions spécifiques (par exemple le Réseau asiatique d'institutions de formation et de recherche en planification de l'éducation ANTRIEP), ou le soutien à des chercheurs du Sud (par exemple l'Initiative de recherche en éducation dans les pays du Sud SERI). Pour toutes ces entreprises, plus de la moitié des ressources de l'IIPE ces dernières années proviennent des crédits de l'UNESCO (51,4% pour le biennium 1996-97). Il est cependant important de noter que près d'un tiers (30,1%) des ressources courantes proviennent de contributions volontaires non affectées d'Etats Membres de l'UNESCO (Danemark, Finlande, Islande, Inde, Irlande, Norvège, Suède et Suisse), ainsi que de dons affectés (Allemagne (BMZ), Autriche, Etats-Unis, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni (ODA)) ; 10 autres % proviennent de contrats des Gouvernements allemand (DSE et GTZ), finlandais, français, hollandais, italien, de la Banque interaméricaine de développement, du PNUD, de la Banque mondiale, et de plusieurs organisations non gouvernementales (au Canada, en France et aux Pays-Bas). C'est dans cecontexte que le Rapport d'évaluation a été commandité par l'Asdi. Cette évaluation indépendante a constitué un encouragement aux politiques et aux programmes de l'IIPE pendant ses 30 années de coopération étroite avec cette agence spécifique. Mais c'est peut-être surtout un signal positif pour conforter non seulement l'Institut, mais également ses partenaires. Ce sont d'abord et avant tout les Etats Membres de l'UNESCO qui ont apporté un soutien continu à l'IIPE tout au long de son histoire par leur soutien financier à l'Institut, au cours des Conférences générales successives, mais également les Etats Membres et les agences bailleurs de fonds qui ont décidé de poursuivre leur soutien à l'IIPE. |
Jacques Hallak et John Hall