FORMATION : Cours sur les "Coûts d'éducation" visant à
aider les pays africains à mieux gérer leur budget
Cours sous-régional sur "Les coûts, le financement et les procédures budgétaires en éducation" organisé conjointement par la Commission nationale du Sénégal pour l'UNESCO et l'IIPE (Dakar, Sénégal, 3-16 juin 1996)
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Le cours sous-régional sur Les coûts, le financement et les
procédures budgétaires en éducation , organisé par l'IIPE à
Dakar pour des cadres de 7 pays francophones de l'Afrique de l'Ouest et d'un pays
de l'Afrique centrale (1), a été conçu à partir des résultats des différents travaux
de recherche conduits par l'Institut dans le domaine de l'analyse des coûts et de
la gestion financière, en mettant l'accent sur les techniques et méthodes pour
améliorer les procédures d'analyse des dépenses, de préparation et d'exécution des
plans et budgets des ministères d'éducation. Le contexte actuel des pays représentés se prête parfaitement à la tenue de ce cours intensif qui vise, en particulier, au renforcement des capacités techniques des participants dans la préparation et la mise en oeuvre des politiques et stratégies pour une bonne gestion des ressources allouées à l'éducation. Ce contexte se caractérise par l'engagement de tous les pays, suite à une crise économique prolongée, dans un processus d'ajustement structurel dont la mise en oeuvre est sujette à des accords signés avec des partenaires externes. Ces accords imposent certaines conditions contraignantes aux gouvernements, dont en particulier, celles concernant la maîtrise des dépenses publiques qui peuvent se traduire par une réduction des ressources publiques attribuées à l'éducation. Les cadres administratifs qui ont participé à ce cours sont très souvent au centre de l'application des décisions nationales arrêtées en matière d'éducation. En effet, la politique actuelle dans la plupart de ces pays vise l'élargissement de la couverture de l'enseignement de base aussi bien que ceux d'autres niveaux, et ceci dans un environnement de croissance démographique et de faible performance économique. La participation active et assidue de ces cadres aux travaux témoigne largement de la pertinence de ce cours intensif pour leurs besoins de formation |
dans le domaine de l'analyse technique des coûts et des mesures pour
les maîtriser ainsi que dans celui d'analyse des outils d'estimation des besoins
de financement et des procédures budgétaires. Le haut niveau de motivation de tous
pour approfondir leur connaissance de ces méthodes et techniques d'analyse a
facilité les travaux, et permis des échanges fructueux d'expériences nationales
pendant la durée du cours. La composition des participants qui incluait des économistes des ministères de l'économie et des finances et des gestionnaires et planificateurs de l'éducation, ainsi qu'un enseignant d'université a apporté une dimension plus large aux discussions en permettant de mieux cadrer les problèmes de financement de l'éducation dans le contexte macro-économique de la gestion des ressources publiques. Des efforts sont en cours dans la plupart des pays représentés pour assurer une meilleure articulation entre le processus de planification et les procédures budgétaires. Les travaux effectués pendant le cours sur l'analyse du lien entre les études sur les coûts et les méthodes d'estimation des besoins de financement seront mis immédiatement à profit par certains participants qui, dès leur retour au pays, ont commencé la préparation du prochain plan de développement de leurs systèmes éducatifs en vue des négociations avec les partenaires sociaux. Ces travaux permettent d'anticiper l'évolution des budgets de l'éducation dans différentes conditions économiques définies. Les travaux portant sur les aspects des procédures de préparation, d'exécution et surtout de contrôle de budget ont retenu une attention particulière de la part des participants qui avaient une réelle volonté et un engagement certain pour promouvoir l'efficacité et la transparence dans l'utilisation des ressources publiques. Cette volonté mérite d'être soutenue par tous les partenaires impliqués dans le développement de la sous-région.
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Plusieurs participants ont manifesté le désir d'organiser des séminaires
réguliers au niveau national et au sein des ministères de l'éducation pour
approfondir des techniques d'analyse des coûts, des estimations des besoins et des
mécanismes de financement. Certains souhaiteraient bénéficier des modules
standardisés de l'IIPE qui leur permettraient d'organiser des séminaires nationaux. Au niveau sous-régional, il existe aussi un besoin de partage des expériences nationales dans les stratégies de gestion de la crise. Les échanges d'informations sur les différentes mesures qui ont été prises dans divers pays et leur impact sur le système éducatif ont mobilisé l'attention de tous les participants. Une expérience présentée au cours des travaux et dont l'originalité dans la mise en oeuvre a suscité beaucoup d'intérêt parmi les participants est l'utilisation par le Sénégal du système de volontariat pour le développement, afin de répondre à une forte demande d'éducation au niveau du primaire au moment où une limitation est temporairement imposée sur le recrutement dans la fonction publique. Ce système, expérimenté depuis deux ans, consiste à ecruter des agents volontaires, titulaires d'un diplôme de fin de l'enseignement secondaire et à leur donner une formation pédagogique de trois mois. Ces agents qui sont affectés dans les écoles de leurs régions d'origine en qualité de volontaires pour le développement, en service au ministère de l'éducation, perçoivent une bourse correspondant au tiers de la rémunération d'un enseignant régulier. Un contrat de deux ans, renouvelable une seule fois, lie les volontaires à l'Etat. Ce système a permis de recruter plus d'un millier d'agents cette année et une longue liste d'attente existe. Une évaluation est prévue pour analyser son impact sur la qualité de l'enseignement.
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Une majorité de participants ont exprimé un fort besoin de formation sur des
méthodes et techniques de formulation des objectifs éducatifs réalistes et
appropriés dont le plan d'exécution pourrait être financé entièrement ou en grande
partie sur des ressources internes. Ce souci est lié à celui de réduire la
dépendance des pays vis-à-vis de l'aide extérieure pour le développement de leur
système éducatif. Au-delà des questions de gestion à court terme du système éducatif, les participants ont manifesté un désir réel à chercher des voies pour mieux guider les systèmes à moyen et à long terme. D'une manière régulière, les participants ont exprimé leur préoccupation pour la recherche des stratégies pour permettre aux gouvernements de compter sur les ressources nationales et mieux les gérer. La décentralisation de la gestion des ressources a été indiquée comme une mesure pouvant permettre une plus grande mobilisation des ressources nationales et une meilleure gestion à condition que les capacités techniques des gestionnaires à tous les niveaux de la hiérarchie soient renforcées. Plusieurs participants ont suggéré l'organisation régulière d'un tel cours dans la sous-région afin de partager les expériences nationales en matière de décentralisation. En général, les échanges d'expériences pendant les séances de travail et lors des conversations informelles entre les participants eux-mêmes, entre eux et les encadreurs ont été riches et fructueux. Pour permettre une continuation de cette initiative dans la sous-région, le Bénin s'est proposé d'organiser un cours sous-régional qui porterait sur la gestion de ressources allouées à l'éducation si l'IIPE pouvait en assurer l'encadrement pédagogique. (1) 23 cadres supérieures du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte-d'Ivoire, de la Guinée, du Mali, du Sénégal, du Tchad et du Togo. |