FORMATION :L'IIPE poursuit son programme d'appui technique à l'Afrique du Sud
Atelier sous-régional IIPE/DSE sur "L'utilisation, le déploiement et la gestion des enseignants". (Magaliesburg, Afrique du Sud, 24-28 juin 1996)
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Dans de nombreuses régions du monde développé, le désir d'assurer
à tous l'accès à l'enseignement primaire dans un contexte d'ajustement structurel
et de mesures d'austérité qui affectent le secteur de l'éducation a attiré une
attention croissante sur la question de l'optimisation de l'investissement dans
le personnel enseignant, qui représente, pour la plupart des pays, la part du lion
dans leur budget de l'éducation. Cependant, on est surpris de constater la rareté des recherches systématiques sur la meilleure utilisation possible du personnel enseignant disponible, et notamment sur la manière de s'assurer que les enseignants soient affectés aux postes où ils sont le plus nécessaires et |
que leur potentiel soit exploité et promu
de manière optimale, aussi bien dans la perspective du système éducatif que dans
celle des enseignants. L'IIPE s'est donc lancé dans un projet dont l'objectif principal est de contribuer à combler les lacunes en connaissances empiriques systématisées et méthodologiques nécessaires à une affectation et à une utilisation plus efficientes du personnel enseignant. Les résultats préliminaires de quatre monographies nationales (1) préparées dans le cadre de ce projet ont été récemment discutés au cours d'un atelier sous-régional organisé en Afrique du Sud et seront ultérieurement présentés sous une forme condensée. (1) Sur l'Afrique du Sud, le Botswana, le Malawi et l'Ouganda |
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Actuellement, les quatre pays étudiés doivent encore faire face à des disparités
considérables dans la répartiion entre les différents établissements et zones
géographiques des enseignants primaires qualifiés. Cependant, quelques progrès ont
été réalisés grâce à diverses mesures qui ont été prises pour corriger ces
déséquilibres. L'Afrique du Sud et le Botswana en particulier sont parvenus à
réduire les disparités géographiques dans la répartition des enseignants primaires
qualifiés: le premier de ces pays grâce à la dissémination d'un grand nombre
d'institutions de formation d'enseignants sur l'ensemble de son territoire, le
second grâce à tout un dispositif de mesures comprenant l'affectation obligatoire
des enseignants, l'attribution d'indemnités spéciales pour les transferts
volontaires et obligatoires à des postes vacants et une promotion accélérée pour
les enseignants qui servent dans des zones isolées. Des déséquilibres économiques continuent d'affecter la répartition des enseignantes, qui tendent à se concentrer dans les zones urbaines. L'apport équilibré d'enseignantes qualifiées dans les zones rurales demeure aujourd'hui problématique en Ouganda et au Malawi, ainsi que dans certains des secteurs les plus isolés du Botswana. Cette situation peut être en partie attribuée à l'écart existant entre les zones urbaines et rurales, qui est caractérisé par les conditions de vie existantes dans certains des pays étudiés, ainsi qu'aux règles et aux pratiques en matière d'affectations, qui ont facilité la nomination d'enseignantes à des postes proches de leurs conjoints, qui exercent souvent des emplois de bureau dans les zones urbaines. |
En Afrique du Sud, où les disparités
géographiques entre les infrastructures sont limitées et où les règles en matière
d'affectations mentionnées ci-dessus ne sont pas appliquées, le problème qui
demeure hautement prioritaire est celui de la proportion relativement élevée
d'enseignantes à faible qualification parmi le personnel employé dans les zones
isolées. Dans des pays tels que l'Ouganda, où les communautés traditionnelles
continuent à s'opposer à l'accès des femmes à des postes à responsabilités,
l'application d'un système de quotas a aidé à accroître considérablement la
proportion du personnel féminin occupant des postes de ce type. Outre les déséquilibres géographiques dans le déploiement des enseignants, il est nécessaire de faire face à des disparités dans l'utilisation du personnel enseignant disponible. Au Malawi, par exemple, il n'est pas rare qu'un enseignant du primaire ait la charge de 150 élèves - le rapport élèves/maître officiel, qui est réellement appliqué dans quelques écoles, étant de 60/1. En même temps, les quatre pays étudiés enregistrent des variations considérables entre les enseignants en ce qui concerne leur charge de travail réelle, notamment dans les zones urbaines, où il apparaît qu'une partie significative du personnel enseignant est sous-utilisée. Un contrôle plus étroit des heures réelles de contact élèvemaître et d'autres indicateurs de l'utilisation des enseignants pourrait aider à réduire ces disparités. Il est clair qu'un grand nombre des difficultés que l'on rencontre encore dans l'affectation et l'utilisation des enseignants du primaire sont dues, au moins en partie, à des insuffisances dans les arrangements en matière de contrôle et de gestion qui déterminent ces processus.
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Le développement et l'utilisation de systèmes d'information adéquats pour la
gestion des enseignants et la délégation de plus en plus pratiquée - mais contrôlée
- des responsabilités au niveau du district apparaissent comme des voies
particulièrement prometteuses vers l'amélioration de l'affectation et de
l'utilisation des enseignants grâce à une meilleure gestion. On rapporte que les systèmes d'information sur lesquels est actuellement basée la gestion de l'affectation et de l'utilisation des enseignants souffrent de faiblesses considérables : l'information systématique sur l'utilisation réelle du personnel enseignant fait défaut; les données disponibles concernant les enseignants sont souvent incohérentes et dépourvues de fiabilité; l'administration au niveau du district ne possède pas la base d'information appropriée pour exécuter ses tâches de gestion des enseignants; l'information n'est pas réunie ni communiquée dans de bonnes conditions de coordination et d'organisation. Un certain nombre de mesures ont été prises récemment dans chacun des quatre pays étudiés afin d'améliorer leurs systèmes d'information sur la gestion, notamment par l'uniformisation des bases de données existantes et des processus de collecte de données sur les enseignants au Botswana et en Ouganda, par l'informatisation des systèmes d'information pour la gestion de l'éducation, et par l'élimination des enseignants fantômes des états de paie du personnel.
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Les quatre pays étudiés ont adopté des politiques visant à décentraliser un
grand nombre de responsabilités administratives concernant l'affectation et la
gestion des enseignants du primaire2. Des pouvoirs de décision ont été délégués,
notamment au niveau intermédiaire, c'est-à-dire celui du district (Ouganda) et/ou
de la région (Afrique du Sud, Botswana, Malawi). Les chefs d'établissement, et dans
certains cas les conseils d'établissement (Afrique du Sud), ainsi que les autorités
locales (Ouganda), ont aussi été habilités à s'exprimer largement sur les questions
en rapport avec l'affectation des enseignants. Cependant, il est clair que les
ressources et les compétences administratives font souvent défaut au niveau
intermédiaire comme à celui de l'école. De plus, certains des pays étudiés ont noté
qu'une décentralisation incontrôlée a provoqué une aggravation du favoritisme au
niveau local et des disparités qui influent sur l'affectation des enseignants. Il
semble que la délégation des pouvoirs de gestion apparaisse comme une initiative
risquée si l'on ne met pas en place des mécanismes qui assureront une
responsabilisation vis-à-vis de l'échelon national et une coordination avec
celui-ci.
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Des politiques diverses ont été élaborées pour améliorer l'affectation, le
transfert et la promotion des enseignants, ainsi que les critères de recrutement,
de manière à rendre l'affectation et l'utilisation des enseignants plus efficientes
et plus équitables ; les plus efficaces parmi ces politiques ont souvent été
conçues en partenariat avec les différentes parties prenantes. Les difficultés les
plus sérieuses semblent se manifester au niveau de leur mse en oeuvre. Il semble
que l'on ait rarement tenté de contrebalancer les déséquilibres qui subsistent
dans l'affectation et l'utilisation des enseignants à l'occasion de transferts ou
d'établir de meilleurs systèmes de contrôle et de régulation. Bien que le
développement et l'utilisation appropriée de systèmes d'information sur la gestion
constituent pour l'avenir une possibilité majeure d'améliorations, le coeur du
problème réside sans doute dans l'attitude des gestionnaires locaux face à des
décisions délicates et dans la manière de coordonner les éléments essentiels de la
dotation des écoles en effectifs - établissement de critères de recrutement,
planification de l'offre d'enseignants, transferts, promotions, affectations, etc.
- aux niveaux central et intermédiaire comme au niveau local ou à celui de l'école.
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