COOPERATION: Les institutions de formation et de recherche asiatiques discutent de la création d'un réseau
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L'Asie compte plusieurs institutions spécialisées dans la formation
et la recherche relatives à la planification et la gestion de
l'éducation. Elles ont une longue expérience d'assistance aux gouvernements en
matière de renforcement et de gestion de leurs capacités dans ces domaines.
Certaines d'entre elles ont participé à l'organisation d'activités régionales et
internationales. Pourtant, le niveau de communication inter-institutionnelle est
généralement peu satisfaisant et il n'existe aucun mécanisme stable permettant de
mettre en commun des données d'expérience. Il convient donc de créer une synergie
par le biais d'une interaction et d'une coopération accrues. A cette fin, ces
institutions auraient avantage à se constituer en réseau. Ce dernier serait en
mesure de mobiliser le potentiel de création de capacité disponible dans la région
dès qu'il faudrait répondre à un accroissement de la demande de formation de
gestionnaires de l'éducation.
Une proposition concrète de réseau fut avancée pour la première fois lors d'un atelier sur la Gestion décentralisée de l'enseignement primaire, organisé par l'IIPE, en décembre 1994, en collaboration avec l'UNICEF. Un an après, le réseau tenait sa première réunion. Elle se déroula au Indian National Institute of Educational Planning and Administration (NIEPA), de New Delhi, du 5 au 9 décembre 1995. L'UNICEF et l'Overseas Development Administration du Royaume-Uni avaient prêté leur assistance à l'organisation de la réunion. Outre qu'elle offrait à des institutions la possibilité de mieux se connaître, la réunion était organisée comme un atelier technique de création de capacités autour d'un thème central: Gestion décentralisée de l'enseignement primaire et création de capacités, sujet d'actualité dans le contexte de l'éducation en Asie et à propos duquel le NIEPA a acquis une expérience considérable. Le programme comportait donc des sessions ayant trait au thème central et d'autres cenrées sur la création du réseau. Assistaient à la réunion des directeurs et/ou les cadres de 11 établissements de formation et de recherche de huit pays: la National Academy of Educational Management (NAEM) du Bangladesh, le Shanghai Institute of Human Resource Development (SIHRD) de la Chine, le NIEPA, le National |
Council for Educational
Research and Training (NCERT) et l'Uttar Pradesh State Institute of Educational
Management and Training (SIEMAT) de l'Inde; le Centre for Policy Research (Puslit
Penelitian) de l'Office for Educational and Cultural Research and Development de
l'Indonésie; le Korean Educational Development Institute (KEDI), le Research Centre
for Educational Innovation and Development (CERID) et le National Centre for
Educational Development (NCED) du Népal; l'Academy of Educational Planning and
Management (AEPAM) du Pakistan et le National Institute of Education (NIE) du Sri
Lanka. La Campaign for Popular Education qui rassemble plusieurs ONG actives au
Bangladesh était également présente. Trois membres du personnel de l'IIPE, dont son
directeur, assistaient à la réunion, de même qu'un certain nombre d'experts de la
région et quelques représentants des bureaux régionaux de l'UNICEF, de l'Union
européenne et de l'UNESCO.
Les sessions conduites sur le thème de l'atelier, décentralisation et création de capacités, étaient centrées sur trois expériences de décentralisation et de renforcement des capacités à des échelons inférieurs de prise de décision :
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Les débats sur le réseau mirent en lumière la grande variété des institutions
participantes. En ce qui concerne le statut, certaines institutions font partie
intégrante d'un ministère et n'ont guère d'autonomie. D'autres, comme le NIEPA,
jouissent d'une bonne dose d'autonomie au sein du dispositif gouvernemental ou
bien sont semi-étatiques, comme le NIE et le KEDI. Une institution, le CERID, fait
partie d'une université.
La taille des institutions, en termes d'effectifs, est variable. Il est difficile de comparer L'Uttar Pradesh State Institute of Educational Management and Training, qui emploie cinq professionnels ou le NECD, avec son effectif de dix personnes, à des établissements comme le NCERT, qui compte 3000 salarés, ou même le KEDI, qui en emploie 300. Elles se distinguent également par leur mandat. Toutes les institutions se partagent entre la recherche et la formation, mais certaines d'entre elles comme le KEDI et le SIHRD, privilégient la recherche, tandis que d'autres, comme l'AEPAM, sont plus axées sur la formation. Le NIE et le NIEPA s'efforcent de maintenir un équilibre entre ces deux tendances. Les domaines d'intérêts sont différents. Pour des institutions comme le NIEPA, la planification et la gestion de l'éducation sont leur raison d'être, alors que d'autres, comme le KEDI, ont une gamme beaucoup plus étendue de thèmes de développement de l'éducation. |
Au plan du financement, il existe toutes sortes d'arrangements. Le NCED ou le
NAEM, par exemple, sont essentiellement financés par des bailleurs de fonds, mais
la plupart des institutions sont financées par le gouvernement. Le cas particulier
du Shanghai Institute of Human Resources Development mérite d'être mentionné:
environ 35% de son budget sont alimentés par les profits d'une firme de haute
technologie créée récemment par l'Institut lui-même.
Enfin, certaines institutions ont de nombreux contacts avec des partenaires, notamment, sinon exclusivement, avec le Nord. D'autres sont plutôt isolées. Il n'est donc guère surprenant que certaines institutions soient perçues comme étant fortes et efficaces et que d'autres semblent faibles, aux yeux mêmes de leur personnel. Même s'il est impossible, et du reste probablement inutile, de concevoir une institution idéale, il est apparu que deux éléments au moins sont d'une importance vitale. Premièrement, la mission des institutions doit être clairement définie et, deuxièmement, un certain degré d'autonomie leur est indispensable. Ce dernier trait n'implique pas nécessairement que les institutions doivent être indépendantes du gouvernement, mais que, si elles en font partie, elles doivent être libres d'établir leur propre ordre du jour et jouir d'une garantie leur assurant un financement suffisant, la stabilité de leur personnel et une direction professionnelle. |
| Les participants s'efforcèrent finalement d'élucider ce qu'ils entendaient par réseau et ce qu'ils en attendaient, ainsi que de déterminer des domaines de coopération pour le proche avenir, c'est-à-dire jusqu'à la prochaine réunion du réseau. On convint que le réseau serait ouvert à toutes les institutions de formation et de recherche d'Asie concernées par la planification et la gestion de l'éducation. Cette initiative étant encore dans sa phase initiale, l'objectif consistera à faciliter les contacts bilatéraux entre partenaires au lieu d'organiser des activités multilatérales à grande échelle. D'ailleurs, de multiples contacts bilatéraux se nouèrent dès la tenue de l'atelier et des idées relatives à des actions menées de concert avec d'autres institutions furent échangées. Pour le court terme, certaines institutions proposèrent des échanges de publications et dinformations, sur leurs programmes par exemple, et d'examiner la possibilité de procéder à des échanges de personnel et de conduire des activités communes. |
On prit
également quelques décisions sur des activités futures, notamment la publication
d'une lettre d'information et l'organisation d'une seconde réunion annuelle.
Celle-ci aura pour thème la Création d'institutions nationales répondant à des
besoins de formation dans le domaine de la planification et de la gestion de
l'éducation et se tiendra au début de 1997, en association avec une réunion de
l'IIPE qui se tiendra également dans la région. Le NIEPA jouera le rôle de centre
de coordination du réseau et, en cette qualité, encouragera l'interaction entre ses
membres et se chargera de la publication d'une lettre d'information, semestrielle
au minimum.
L'idée de la création d'un réseau suscita l'enthousiasme des participants, sans
pour autant que la difficulté d'un tel projet leur échappât. Ils proposèrent un
plan d'activités réalistes pour le proche avenir, lequel devrait permettre au
réseau de se développer naturellement et d'atteindre son régime de croisière et son
autonomie d'ici trois à cinq ans.
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