SEMINAIRE

Le fonctionnement des écoles primaires et les résultats scolaires

 

Comment fonctionne l'école primaire? Comment ce fonctionnement influence-t-il la qualité des résultats scolaires? Quels sont les facteurs qui expliquent les différences entre écoles quant aux résultats obtenus par les élèves? Les conclusions d'un séminaire sous-régional organisé récemment au Mali par le Ministère de l'Éducation de Base et l'IIPE, pour les pays francophones d'Afrique, ont confirmé le besoin de répondre à ces questions pour décider comment améliorer la qualité de l'éducation.

LA décentralisation des systèmes éducatifs implique que l'école devienne le niveau privilégié d'action dans une nouvelle redistribution des pouvoirs et des responsabilités entre l'Etat et les communautés locales. Il devient donc impératif d'analyser comment les écoles fonctionnent pour décider comment améliorer la qualité de l'éducation.

L'Afrique, confrontée à la décentralisation de l'éducation, doit faire face aux défis de la scolarisation universelle de l'enseignement de base, ainsi qu'au développement d'une nouvelle stratégie de gestion des systèmes éducatifs. Dans ce contexte, on assiste, depuis quelques années, dans plusieurs pays d'Afrique francophone au lancement de programmes visant directement à améliorer le fonctionnement des écoles.

Pour sa part, le Mali, faisant suite à d'autres initiatives développées dans ce domaine, a réalisé une étude, en coopération avec l'IIPE, sur le fonctionnement des écoles fondamentales du premier cycle dans la région de Koulikoro. Cette étude a été le leitmotiv d'un séminaire sous-régional organisé à Bamako, en juin 1997. En effet, les principales conclusions de l'étude ont été discutées avec une cinquantaine de participants venant du Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d'Ivoire, Guinée, Guinée-Bissau, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad, Togo, ainsi que du pays hôte.


Il s'agissait, selon les propres paroles du Ministre de l'éducation de base du Mali, « dans une perspective commune des responsables africains et des partenaires techniques et financiers, de contribuer à mieux agir ensemble dans le sens de la refondation de l'école et de son développement ».

Chaque équipe nationale a préparé un résumé sur le fonctionnement de leurs écoles primaires. En outre, chacun des représentants des expériences novatrices a apporté une note brève sur les objectifs de son projet, les activités, les problèmes de mise en oeuvre et les résultats obtenus. Ces contributions ont été le point de départ d'un échange d'informations sur le fonctionnement des écoles primaires en Afrique francophone. Il s'en est suivi une analyse des expériences novatrices en gestion décentralisée de l'éducation de base et une discussion des projets concrets ayant obtenu de bons résultats dans les pays de la sous-région. Tout cela a permis, en conclusion des travaux, une discussion approfondie sur des stratégies et des modalités d'action pour renforcer le fonctionnement des établissements scolaires.


Conditions minimales – gestion efficace – innovations

Un consensus s'est dégagé sur le besoin urgent de garantir des conditions minimales d'enseignement/ apprentissage dans les écoles primaires de la sous-région, comme condition préalable à toute autre forme d'action.

Par ailleurs, des mesures concrètes suggérées pour l'amélioration du fonctionnement des écoles portent essentiellement sur :

Le renforcement du rôle du directeur d'établissement, par une véritable formation des directeurs en matière de gestion; la révision des modes de recrutement ; un meilleur soutien pédagogique, technique et matériel fourni aux directeurs ; l'établissement d'un système de mesures incitatives adéquates.

Une revitalisation des services d'inspection et de conseil pédagogique, par la redéfinition des missions des inspecteurs et des conseillers pédagogiques et l'application rigoureuse de leurs lettres de mission; la création ou renforcement de la formation des inspecteurs et des conseillers pédagogiques.

Une amélioration des rapports avec les parents et la communauté, par le développement d'une véritable communication entre enseignants et parents; le renforcement de l'association des parents et la communauté à la gestion de l'école; le développement des actions de formation des Associations Parents-Elèves et des communautés.

En outre, la nécessité de mettre en place une formation systématique et intégrée des différents responsables de l'éducation au niveau local, y compris les parents d'élèves, a été soulignée comme une priorité afin d'assurer une meilleure synergie des différents acteurs intervenant dans le processus d'amélioration du fonctionnement des écoles.

Enfin, le souhait a été exprimé d'organiser desrencontres comme celle-ci sur une base régulière, afin de faciliter un échange continu d'expériences entre les pays de la sous-région, et de favoriser l'intégration d'approches innovatrices dans les stratégies nationales d'expansion et d'amélioration de la qualité de l'éducation de base.


Isabel da Costa