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Utilisation durable de la diversité biologique dans les réserves de biosphère des zones arides et semi arides d'Afrique de l'Ouest

 

LE PROJET
Le réseau mondial des réserves de biosphère s'est étendu jusqu'à l'Afrique de l'Ouest en 1977 avec la création du parc de Taï en Côté d'Ivoire. Si le concept de réserves de biosphère souligne l'importance de l'intégration des populations locales dans la gestion et l'évolution de la diversité biologique, il prévoit aussi des règles d'accès, nécessaires à la protection des écosystèmes, qui parfois deviennent des sources de conflits entre les habitants et les gestionnaires des réserves.

 

Le programme régional UNESCO - MAB / PNUE - FEM , qui regroupe six réserves de biosphère en Afrique de l'Ouest, s'emploie à mieux comprendre les interactions " sociétés - savanes " pour faciliter le dialogue entre les différents acteurs intervenant dans des territoires qui ont pour vocation le développement durable, la conservation de la biodiversité étant une des composantes.

L'Homme et ses interactions avec la nature sont au centre du projet MAB-UNESCO co-financé par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement) et le Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM), lancé en septembre 2004 pour une durée prévue de quatre ans. Les intérêts différents sur les usages des ressources, les rapports différents au temps et à la propriété sont autant de facteurs intervenant sur la dynamique des écosystèmes et de la diversité biologique. Pour réduire certaines pressions anthropiques et en valorisant des activités économiques pour les populations des réserves de biosphère, ce projet s'inspire des méthodes proposées par les sciences sociales.

LES SITES
Le programme régional MAB-FEM réunit six pays d'Afrique de l'Ouest qui ont proposé chacun une réserve de biosphère sur leur territoire : Pendjari (Bénin), Mare aux Hippopotames (Burkina Faso), Comoé (Côte d'Ivoire), Boucle du Baoulé (Mali), W du Niger (Niger) et Niokolo Koba (Sénégal). Ces sites, qui se trouvent dans des pays limitrophes, partagent les mêmes caractéristiques climatiques et écologiques. Ils représentent ainsi un sous-réseau régional qui permet plus facilement d'échanger des expériences et des idées.

Ils sont situés dans la zone soudano sahélienne avec saison de pluies courtes et faibles précipitations. La flore et la faune sont celles des zones herbeuses, de savane et boisées. Tous les sites ont également des écosystèmes aquatiques, qu'il s'agisse de lac, de rivière ou de fleuve.

La faune et la flore, terrestre comme aquatique, sont l'objet de prélèvements et de l'exploitation par les humains, avec parfois un accroissement de la pression du fait de mouvements de populations ou de croissance démographique. Si les sites ont beaucoup de points communs d'un point de vue écologique, les activités économiques principales sont sensiblement différentes d'un site à l'autre.

En 2005 les pays ont identifié chacun une activité économique durable dans six réserves de biosphère. Ainsi chaque pays devient leader d'une thématique clé dont il partagera les expériences et les acquis avec les autres :

  • Bénin - Chasse
  • Burkina Faso - Pêche
  • Côte d'Ivoire - Agroforesterie
  • Mali - Pastoralisme
  • Niger - Cueillette
  • Sénégal - Agriculture intensive (bananeraies)

©Photo, Meriem Bouamrane

©Photo, Meriem Bouamrane

Comités nationaux du MAB

Bénin
Burkina Faso
Côte d'Ivoire
Mali
Niger
Sénégal

LES OBJECTIFS
Lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992 apparaît pour la première fois le concept des indicateurs d'interaction. L'Action 21, adopté par le Sommet, a fixé des objectifs qui permettraient d'atteindre le développement durable, elle appelle notamment à une harmonisation des efforts pour permettre la construction des indicateurs de développement durable. Le programme régional met en œuvre cet outil dans les six réserves de biosphère en Afrique de l'Ouest en le déclinant en trois objectifs principaux :

  • objectif de meilleure compréhension des interactions " sociétés - savanes " par le biais d'une recherche appliquée ;
  • objectif de conservation et d'utilisation durable de la biodiversité ;
  • objectif de renforcement des capacités scientifiques et techniques.

Objectif de meilleure compréhension des interactions " sociétés - savanes "
La Composante 1 du projet " recherche appliquée " vise à améliorer la compréhension des processus interactifs entre les écosystèmes de savanes et les sociétés. Cette composante est divisée en trois actions de recherche sur l'impact des activités humaines sur la dynamique des écosystèmes, notamment :

    a) La dynamique de l'occupation de l'espace et ses impacts sur les écosystèmes ;
    b) Les impacts des activités de prélèvement (pêche, pastoralisme, cueillette, bois de feu, tourisme, chasse) et la construction d'indicateurs d'interaction ;
    c) L'étude des sociétés locales et des écosystèmes.

Au niveau régional, en 2005 les équipes scientifiques ont commencé leurs travaux sur des sujets tels que zones éco fonctionnelles (étude menée par Amadou BOUREIMA de l'Université Abdou Moumouni de Niamey, Niger) et droit de propriété des ressources naturelles et politique de décentralisation en Afrique de l'Ouest (Martin YELKOUNI).

Le processus de la construction des indicateurs d'interaction a été finalisé en 2004 dans les réserves de biosphère de la Mare aux Hippopotames au Burkina Faso, de la Boucle du Baoulé au Mali et du W du Niger.

Objectif de conservation et d'utilisation durable de la biodiversité
La Déclaration ministérielle commune (English / Français), signée en janvier 2004, attribue aux réserves de biosphère le rôle de sites opérationnels du développement durable. C'est dans cette optique que les indicateurs construits pour les actions de recherche de la Composante 1 seront testés à travers la Composante 2, dans les sites de démonstration qui ont été identifiés par chaque pays en 2005.

La Composante 2 du projet vise à trouver des stratégies de développements économiques et sociaux qui permettent la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique.

Objectif de renforcement des capacités scientifiques et techniques
L'objectif de la Composante 3 du projet vise à accroître les compétences techniques et scientifiques des personnes et des institutions impliquées dans la gestion des réserves de biosphère. Les activités de formation, des ateliers techniques, des forums et des échanges au niveau national comme au niveau régional ont lieu régulièrement depuis le début du Projet MAB-FEM. Ainsi une formation sur le dialogue et la concertation dans les réserves de biosphère a été organisée en mai 2003 au Bénin. En février 2006 la France a accueilli six médiateurs pour une formation aux usages des jeux de rôle.

PARTENAIRES DU PROJET MAB-FEM
Pour mener à bien les activités prévues dans les trois composantes, le projet fait appel à l'expertise scientifique nationale comme internationale.

Les comités nationaux du MAB sont les coordonnateurs des activités au niveau des pays, en concertation avec les autorités de gestion des réserves de biosphère et les universités et centres de recherches associés.

Les Ministères de l'Environnement, qui sont en charge de la gestion des réserves de biosphère à travers des services déconcentrés tels que CENAGREF (Centre National de Gestion des Réserves de Faune) au Bénin ou les UCF (Unités de Conservation et de la Faune) au Burkina Faso, restent des partenaires incontournables du Programme régional MAB-FEM.

Le partenariat est conclut avec des centres de recherche nationaux et internationaux (CIRAD - Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement ; IRD - Institut de Recherche pour le Développement; INRA - Institut National de la Recherche Agronomique; ENSAR -Ecole Supérieure Agronomique de Rennes; Université d'Abdou Moumouni de Niamey) ; des programmes internationaux (ECOPAS - Ecosystèmes Protégés en Afrique Sahélienne; PAGEN - Projet de Partenariat pour l'Amélioration de la Gestion des Ecosystèmes Naturels) ; des grandes ONG présentes en Afrique de l'Ouest (IUCN - The World Conservation Union ; WWF - Organisation Mondiale de Protection de l'Environnement).

 

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Updated: 08/08/2008
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