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Le programme régional UNESCO - MAB / PNUE - FEM , qui regroupe
six réserves de biosphère en Afrique de l'Ouest, s'emploie à mieux
comprendre les interactions " sociétés - savanes " pour faciliter
le dialogue entre les différents acteurs intervenant dans des territoires
qui ont pour vocation le développement durable, la conservation
de la biodiversité étant une des composantes.
L'Homme et ses interactions avec la nature sont au centre du projet
MAB-UNESCO co-financé par le PNUE (Programme des Nations Unies pour
l'Environnement) et le Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM),
lancé en septembre 2004 pour une durée prévue de quatre ans. Les
intérêts différents sur les usages des ressources, les rapports
différents au temps et à la propriété sont autant de facteurs intervenant
sur la dynamique des écosystèmes et de la diversité biologique.
Pour réduire certaines pressions anthropiques et en valorisant des
activités économiques pour les populations des réserves de biosphère,
ce projet s'inspire des méthodes proposées par les sciences sociales.
LES SITES
Le programme régional MAB-FEM réunit six pays d'Afrique de l'Ouest
qui ont proposé chacun une réserve de biosphère sur leur territoire
: Pendjari
(Bénin), Mare
aux Hippopotames (Burkina Faso), Comoé
(Côte d'Ivoire), Boucle
du Baoulé (Mali), W
du Niger (Niger) et Niokolo
Koba (Sénégal). Ces sites, qui se trouvent dans des pays limitrophes,
partagent les mêmes caractéristiques climatiques et écologiques.
Ils représentent ainsi un sous-réseau régional qui permet plus facilement
d'échanger des expériences et des idées.
Ils sont situés dans la zone soudano sahélienne avec saison de
pluies courtes et faibles précipitations. La flore et la faune sont
celles des zones herbeuses, de savane et boisées. Tous les sites
ont également des écosystèmes aquatiques, qu'il s'agisse de lac,
de rivière ou de fleuve.
La faune et la flore, terrestre comme aquatique, sont l'objet de
prélèvements et de l'exploitation par les humains, avec parfois
un accroissement de la pression du fait de mouvements de populations
ou de croissance démographique. Si les sites ont beaucoup de points
communs d'un point de vue écologique, les activités économiques
principales sont sensiblement différentes d'un site à l'autre.
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En 2005 les pays ont identifié chacun une activité économique
durable dans six réserves de biosphère. Ainsi chaque pays
devient leader d'une thématique clé dont il partagera les
expériences et les acquis avec les autres :
- Bénin - Chasse
- Burkina Faso - Pêche
- Côte d'Ivoire - Agroforesterie
- Mali - Pastoralisme
- Niger - Cueillette
- Sénégal - Agriculture intensive (bananeraies)
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©Photo, Meriem Bouamrane |

©Photo, Meriem Bouamrane |
Comités nationaux du MAB
Bénin
Burkina
Faso
Côte
d'Ivoire
Mali
Niger
Sénégal |
LES OBJECTIFS
Lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992 apparaît pour la première
fois le concept des indicateurs d'interaction. L'Action 21, adopté
par le Sommet, a fixé des objectifs qui permettraient d'atteindre
le développement durable, elle appelle notamment à une harmonisation
des efforts pour permettre la construction des indicateurs de développement
durable. Le programme régional met en œuvre cet outil dans les six
réserves de biosphère en Afrique de l'Ouest en le déclinant en trois
objectifs principaux :
- objectif de meilleure compréhension des interactions " sociétés
- savanes " par le biais d'une recherche appliquée ;
- objectif de conservation et d'utilisation durable de la biodiversité
;
- objectif de renforcement des capacités scientifiques et techniques.
Objectif de meilleure compréhension des interactions " sociétés
- savanes "
La Composante 1 du projet "
recherche appliquée " vise à améliorer la compréhension des processus
interactifs entre les écosystèmes de savanes et les sociétés.
Cette composante est divisée en trois actions de recherche sur
l'impact des activités humaines sur la dynamique des écosystèmes,
notamment :
a) La dynamique de l'occupation de l'espace et ses impacts
sur les écosystèmes ;
b) Les impacts des activités de prélèvement (pêche, pastoralisme,
cueillette, bois de feu, tourisme, chasse) et la construction
d'indicateurs d'interaction ;
c) L'étude des sociétés locales et des écosystèmes.
Au niveau régional, en
2005 les équipes scientifiques ont commencé leurs travaux sur
des sujets tels que zones éco fonctionnelles (étude menée par
Amadou BOUREIMA de l'Université Abdou Moumouni de Niamey, Niger)
et droit de propriété des ressources naturelles et politique de
décentralisation en Afrique de l'Ouest (Martin YELKOUNI).
Le processus de la construction des indicateurs
d'interaction a été finalisé en 2004 dans les réserves de
biosphère de la Mare aux Hippopotames au Burkina Faso, de la Boucle
du Baoulé au Mali et du W du Niger.
Objectif de conservation et d'utilisation durable de la biodiversité
La Déclaration ministérielle commune (English
/ Français), signée en
janvier 2004, attribue aux réserves de biosphère le rôle de sites
opérationnels du développement durable. C'est dans cette optique
que les indicateurs construits pour les actions de recherche de
la Composante 1 seront testés à travers la Composante 2, dans
les sites de démonstration qui ont été identifiés par chaque pays
en 2005.
La Composante 2 du projet vise
à trouver des stratégies de développements économiques et sociaux
qui permettent la conservation et l'utilisation durable de la
diversité biologique.
Objectif de renforcement des capacités scientifiques et techniques
L'objectif de la Composante 3 du
projet vise à accroître les compétences techniques et scientifiques
des personnes et des institutions impliquées dans la gestion des
réserves de biosphère. Les activités de formation, des ateliers
techniques, des forums et des échanges au niveau national comme
au niveau régional ont lieu régulièrement depuis le début du Projet
MAB-FEM. Ainsi une formation sur le dialogue et la concertation
dans les réserves de biosphère a été organisée en mai 2003 au
Bénin. En février 2006 la France a accueilli six médiateurs pour
une formation aux usages des jeux de rôle.
PARTENAIRES DU PROJET MAB-FEM
Pour mener à bien les activités
prévues dans les trois composantes, le projet fait appel à l'expertise
scientifique nationale comme internationale.
Les comités nationaux du MAB sont les coordonnateurs des activités
au niveau des pays, en concertation avec les autorités de gestion
des réserves de biosphère et les universités et centres de recherches
associés.
Les Ministères de l'Environnement, qui sont en charge de la gestion
des réserves de biosphère à travers des services déconcentrés tels
que CENAGREF (Centre National de Gestion des Réserves de Faune)
au Bénin ou les UCF (Unités de Conservation et de la Faune) au Burkina
Faso, restent des partenaires incontournables du Programme régional
MAB-FEM.
Le partenariat est conclut avec des centres de recherche nationaux
et internationaux (CIRAD - Centre de coopération internationale
en recherche agronomique pour le développement ; IRD - Institut
de Recherche pour le Développement; INRA - Institut National de
la Recherche Agronomique; ENSAR -Ecole Supérieure Agronomique de
Rennes; Université d'Abdou Moumouni de Niamey) ; des programmes
internationaux (ECOPAS - Ecosystèmes Protégés en Afrique Sahélienne;
PAGEN - Projet de Partenariat pour l'Amélioration de la Gestion
des Ecosystèmes Naturels) ; des grandes ONG présentes en Afrique
de l'Ouest (IUCN - The World Conservation Union ; WWF - Organisation
Mondiale de Protection de l'Environnement).
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