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Henri BARTOLI

Repenser le Développement
En finir avec la pauvreté

Préface de Federico MAYOR

Programme « Gestion des transformations sociales » (MOST) 

ISBN UNESCO 92-3-203702-5  
ISBN Economica 2-7178-3970-4 
© UNESCO/Ed. Economica, 1999 - Prix : 98FF
 

Également publié en anglais


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Renseignements


Cet ouvrage représente une contribution majeure de l'UNESCO au processus de Copenhague +5.

    Le « siècle court », « siècle de barbarie » (Hobsbawn) s'achève. Le développement est toujours un problème. Les distances diminuent, les communications s'intensifient, les frontières s'effacent, les relations entre les hommes deviennent plus immédiates. Las! D'année en année, les Rapports mondiaux sur le développement humain dressent le même constat : persistance de masses pauvres, écarts qui se creusent entre les individus, les groupes, les pays, extension de la pandémie du sida, chômage et précarité de l'emploi, recul de l'espérance de vie moyenne en certains pays, insécurité environnementale, conflits armés, expansion d'une « culture » asservie à l'argent menaçant l'identité et la diversité des « cultures », blanchiment de l'argent « sale » représentant selon le FMI de 2 à 5 % du PIB mondial, corruption qui persiste comme un mal endémique. 

    La conclusion est claire : si des perspectives majeures de progrès s'offrent aux hommes et si la lutte contre la pauvreté multidimensionnelle peut être menée avec succès à l'échelle mondiale, ce n'est pas, ainsi que le note le Programme des Nations Unies pour le développement, « avec les programmes d'action actuels » et avec une mondialisation soumise à l'impitoyable loi du marché qui met en péril la solidarité « coeur invisible du développement humain ». Un nouveau paradigme doit être défini, de nouvelles stratégies doivent être proposées. Il faut inventer les règles, les institutions, les procédés, permettant de renforcer la gouvernance et la gouvernabilité de l'économie tant au niveau global, que régional, et local. Il faut aussi un profond renouvellement de la pensée économique sur laquelle reposent les efforts de rationalisation de l'action. 

    À toutes ces questions cet ouvrage tente de répondre, avec la conviction profonde que, ainsi que le disait Federico Mayor lors de la Conférence de l'UNESCO de 1998, « il faut cesser de décevoir. Il faut être de parole ». 


Préface

    Les crises financières qui ébranlent périodiquement les économies des pays en développement et, dans une moindre mesure, celles des pays industrialisés remettent en question un système d'inspiration néo-libérale, fondé sur le principe de l'élargissement d'un marché mondialisé. On constate aujourd'hui qu'un tel système n'est compatible ni avec un développement durable et équitable, ni avec une réelle démocratie. 

    Les premières victimes en sont les groupes les plus vulnérables, les pauvres et les exclus, tant au Nord qu'au Sud. Les dysfonctionnements sociaux, notamment dans les zones urbaines, s'aggravent chaque jour davantage et alimentent la violence. Il est donc urgent d'agir. 

    Le temps est venu d'une réévaluation sans complaisance de l'orthodoxie économique dominante et du mode de gouvernance qui se fait à travers le G-7, les organisations de Bretton Woods et l'Organisation mondiale du commerce. Ce système économique et financier aggrave les inégalités, la pauvreté et le chômage, obère les finances des pays pauvres et annule les efforts de développement et de démocratisation. 

    Il y a, certes, une prise de conscience de la part des responsables politiques, de la nécessité d'humaniser la mondialisation en la restructurant et en la régulant. Encore faut-il cependant proposer, sur la base d'une analyse adéquate de la situation, de nouvelles politiques économiques et sociales. 

    Afin d'y contribuer, l'UNESCO a organisé le 30 novembre 1998 à son Siège à Paris une Journée internationale de réflexion sur le thème : «Repenser le développement : faut-il changer de paradigme?», avec la participation d'économistes et de dirigeants internationaux de haut niveau. Rechercher des solutions novatrices et concrètes qui permettraient de sortir de la crise et de créer les conditions favorables à l'établissement d'un système économique international équilibré et à un développement durable, conciliant les exigences de la croissance économique, de l'équité sociale, du renforcement de la démocratie et de la préservation de l'environnement : tel est le défi. 

    C'était aussi une préoccupation fondamentale du grand penseur et praticien du développement qu'était Paul-Marc Henry, décédé en 1998, dont le souvenir fut omniprésent au cours de cette Journée. En grand visionnaire qu'il était, il s'inquiétait déjà dans les années quatre-vingt des phénomènes de marginalisation et d'exclusion sociales. Présidant, en novembre 1986 à l'UNESCO, une réunion d'experts sur « Pauvreté, progrès et développement », il relevait déjà « les risques d'une scission en profondeur de la société humaine entre nantis et marginalisés ». 

    Étant donné la richesse des débats et des propositions de la journée du 30 novembre 1998, j'ai demandé au Professeur Henri Bartoli - qui était déjà l'un des auteurs du livre « Pauvreté, progrès et développement » - d'en reprendre les points les plus importants et de les développer, tout en y ajoutant ses propres points de vue. 

    Je le remercie de nouveau ici pour son travail ample, clair et rigoureux. 

Federico Mayor 
Directeur général de l'UNESCO (1987-1999)

Sommaire

Préface 

Introduction 

Chapitre 1 
Les droits de l'homme, fondements d'un développement humain durable 

1. Les droits de l'homme, axes de la définition d'un développement humain durable 
2. Prise en compte des coûts humains du travail 
3. Intégration des coûts écologiques 

Chapitre 2 
Echec des stratégies à dominante économique et financière. Une stratégie multidimensionnelle liant indissolublement l'économique, le social et l'environnemental 

1.  Limites des stratégies du développement autocentré et des stratégies de substitution d'importations 
2. Echec social des stratégies d'ajustement structurel 
3. Proposition d'une stratégie axée sur l'éducation, le droit, l'emploi, et le partage 

Chapitre 3 
Une gouvernance à trois niveaux : mondial, national, et régional 

1. Conditions de la gouvernance globale 
2. Un acteur indispensable : l'État 
3. Les régions pivot de la gouvernance : le cas de l'Europe 

Chapitre 4 
Lever les obstacles à la gouvernabilité absence de démocratie, endettement, dérives financières, puissance des grands groupes « maîtres du monde », résoudre les problèmes de l'ingérence 

1.  Faire de la société civile un partenaire du développement 
2.  Planification en « pilotage » et pédagogie collective. Nouveaux indicateurs 
3.  Annuler la dette, répondre aux besoins en capitaux 
4.  Réglementer et contrôler les mouvements de capitaux 
5.  Affronter l'obstacle des firmes multinationales : maîtres de l'économie-monde 
6.  L'ingérence, contestée et nécessaire 

Chapitre 5 
Une pensée économique renouvelée, ouverte aux mutations de la connaissance 

1. Pluralité des causes, adoption de principes d'indétermination et de relativité 
2. Principe organisateur et principe systémique 
3. Principe de responsabilité 

Conclusion 

Annexe 


Henri BARTOLI est Professeur émérite de science économique auprès de l'Université de Paris I - Panthéon-Sorbonne, et vice-président international de la Société européenne de culture. Il a notamment publié une trilogie Économie et création collective, L'Économie multidimensionnelle (l'un et l'autre aux Éditions Economica), et L'Economie service de la Voie (Presses universitaires de Grenoble). 


Pour plus de renseignements, veuillez contacter : 

    Cecilie Golden 
    UNESCO-MOST Programme 
    1, rue de Miollis 
    75732 Paris Cedex 15 
    FRANCE 
    Tel: +33 1 45 68 45 23 
    Fax: +33 1 45 68 57 24 
    E-mail: c.golden@unesco.org


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