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Ildefons Cerdà
| Ildefons Cerdà (1815-1876), ingénieur
des ponts et chaussées de l’École de Madrid est l’auteur
de deux œuvres fondamentales : le Projet d’extension de Barcelone (1859)
et la Théorie générale de l’urbanisation (1867).
Le « Proyecto de reforma interior
y ensanche de Barcelona » a ouvert la voie à une nouvelle
approche face au développement urbain, caractérisée
d’une part, par l’établissement de rapports entre l’expansion urbaine
et le développement économique, et d’autre part, par une
nouvelle mise en œuvre des processus urbanistiques et de planification. |
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Sa Théorie générale
de l’urbanisation constitue une œuvre inaugurale et de référence
parmi les traités d’urbanisme proposant une théorie de l’aménagement
de l’espace. C’est pourquoi Cerdà est souvent considéré
comme le premier théoricien de l’urbanisme.
Du point de vue de la méthode et
de la démarche utilisées, le travail de Cerdà est
exemplaire puisque ses observations sont profondément ancrées
dans la réalité et l’expérience de terrain. A ce titre,
ses idées vont de pair avec ses réalisations et sont légitimées
par la complexité d’une réalité couvrant à
la fois la conception, la technique et la gestion des travaux d’aménagement
urbain. Grâce à sa polyvalence (ingénieur, politicien,
penseur social, observateur - philosophe...), il nous offre une réflexion
inter-diciplinaire et inter-sectorielle sur le sujet.
Cerdà à l’UNESCO
La dimension scientifique éthique
et visionnaire de la personnalité de Cerdà justifie pleinement
l’accueil qui lui est reservé dans les salles d’exposition de l’UNESCO.
Cette manifestation exprime d’une manière vivante, accessible et
pédagogique les caractéristiques de l’urbanisme selon Cerdà
et les débuts de l’urbanisme moderne.

Pour cette manifestation, le Programme
MOST (Gestion des transformations sociales) du Secteur des Sciences sociales,
souhaite attirer l’attention sur la problématique des processus
de gestion et de développement urbains, dans le cadre de trois objectifs
principaux :
-
La diffusion d’un savoir sur la gestion urbaine,
afin de faciliter la compréhension mutuelle des professionnels,
acteurs et habitants.
-
Donner à l’être humain, la possibilité
d’intervenir dans les affaires publiques, dans un esprit de gouvernance,
de bonne gestion et de cohésion sociale.
-
Approfondir la réflexion critique sur
les bases scientifique, technique et méthodologique de l’urbanisme,
afin de préparer l’urbanisme du XXIe siècle.
L’exposition
L’exposition comprend trois parties : la
première retrace les origines et l’influence de Cerdà sur
l’histoire de l’urbanisme moderne, ainsi que le contexte historique et
la biographie de l’ingénieur. La seconde présente les projets
de Cerdà dans l’évolution de la ville de Barcelone et certaines
théories contemporaines de l’urbanisme, le concours pour l’extension
de la Mairie de Barcelone ainsi que l’évolution de la pensée
urbanistique de Cerdà. La troisième partie montre la théorie
de l’urbanisation ainsi que ses instruments d’analyse, l’évolution
de l’extension et du processus d’urbanisation et, enfin, situe le modèle
de Cerdà dans le panorama des plans d’extensions urbaines espagnoles.
Cette exposition est proposée par
l'UNESCO dans le cadre du Programme MOST du Secteur des sciences sociales
et humaines, par l'Ambassade d'Espagne auprès de l'UNESCO et par
la Commission nationale française auprès de l’UNESCO. Elle
a été réalisée avec la coopération du
Département de politique territoriale et des travaux publics de
la Generalitat de Catalogne et de l’Institut d’Estudis Territorials (Barcelone, Espagne),
et du Conseil français des urbanistes (France).
Elle a bénéficiée
du soutien de plusieurs institutions :
-
Le Ministère français de la
culture ;
-
Le Ministère français de l'équipement,
des transports et du logement ;
-
Le Ministère français de l’environnement
et de l'aménagement du territoire ;
-
Le « Ministerio Español de Fomento
» ;
-
L’Instituto Cervantes ;
-
Le Consorci Català de Promoció
de la Cultura ;
-
L’Universitat Pompeu Fabra de Barcelone.
Comissaire :
Albert Serratosa i Palet
Pour plus de renseignements, veuillez contacter :
Institut d'Estudis Territorials (Universitat Pompeu Fabra)
Programa d'Exposicions Itinerants
Passeig de Circumval.lació, 8
08003 - Barcelona
ESPAGNE
Tel: (0034) 93 542 24 52
Fax: (0034) 93 542 25 99
E-mail: cerda@grup.upf.es
« Cerdà : de l’origine au futur de
l’urbanisme »
Allocution d’inauguration de l’exposition
De Mme. Francine Fournier,
Sous-Directeur général de l’UNESCO
pour les sciences sociales et humaines
L’UNESCO a beaucoup de plaisir à accueillir, ce soir, l’exposition
«Cerdà: de l'origine au futur de l'urbanisme», qui restera
ouverte au public pendant le dernier mois du XXe siècle, au beau
milieu d’une période de transformations radicales pour l’urbanisme.
Plus d’un siècle après l’époque de l’ingénieur
Cerdà, le premier urbaniste du monde occidental moderne, les procédés
se sont substantiellement modifiés et notre société,
devenue entre-temps aussi mondialisée qu’urbaine, est confrontée
à de nouvelles caractéristiques, conditions et contradictions
qui marquent déjà le plus grand saut qualitatif pour l’urbanisme
depuis la révolution industrielle du XIXe siècle.
Répondre efficacement aux nouveaux défis posés
par cette société, demande des efforts de créativité
et exige le renouvellement des théories, des approches, des méthodes
et des pratiques professionnelles liées à la ville. Face
à cela, reconsidérer l’origine de l’urbanisme moderne à
travers l’œuvre de Cerdà, et parcourir ses idées et ses œuvres
parfaitement illustrées par cette exposition, seront pour nous tous
une véritable source d’intérêt, malgré la distance
critique que nous imposent les conditions historiques contemporaines.
Cerdà, le pionnier, reste donc un inspirateur. Loin de l’approche
sectorielle, qui prime toujours dans notre époque technocratique,
Cerdà a su aborder les problèmes de la société
dans son ensemble. Grand libéral, stricto sensu, il a dénoncé
les rapports de pouvoir dus au système économique déjà
dominant à son époque et qu’il a découverts à
travers deux aspects liés à la problématique de la
ville : la réduction des salaires et la spéculation foncière.
Politicien et élu, il a su mettre la gestion pour l’aménagement
des transformations urbaines sur la scène publique. C’est la raison
pour laquelle l’espace urbain est catégorisé, certainement
pour la première fois, comme «le support de tous les enjeux
sociaux».
«L’eixample», l’extension, la extensión,
de Cerdà a ainsi libéré la ville de Barcelone de ses
murs fortifiés. La réalisation de son projet a constitué
un tournant dans l’histoire de l’urbanisme, et sa «Théorie
générale» nous a légué les premiers concepts
et éléments scientifiques de cette discipline. Du point de
vue de la méthode et de la démarche, le travail de Cerdà
est aussi exemplaire par le fait que ses observations émanent toujours
de la réalité et sont mises à l’épreuve par
l’expérience de terrain.
Je vous invite donc à examiner les idées et principes
contenus dans les tableaux de cette exposition, à la lumière
des enjeux actuels et futurs de l’urbanisme, de la construction collective
d’un espace de vie où la qualité et la cohésion sociale
trouvent un nouveau développement.
Face à l’horizon du XXIe siècle, dans le cadre de la mise
en œuvre du Plan d’action de la Conférence des Nations Unies sur
les établissements humains (HABITAT II), le Programme MOST du Secteur
des sciences sociales et humaines de l’UNESCO, vise à assurer la
promotion des connaissances en sciences sociales dans les principaux champs
des transformations sociales du monde contemporain, notamment les processus
urbains, l’élaboration et la gestion de politiques urbaines intimement
liées aux espaces de vie.
Si la connaissance nous intéresse, c’est surtout dans la mesure
où elle peut apporter des éléments de fond pour la
formulation et la mise en œuvre de stratégies et de politiques urbaines.
Le programme MOST valorise et diffuse à cet effet le savoir acquis,
afin de décloisonner les territoires exclusifs des spécialistes
et de faciliter la compréhension de la part de tous les acteurs
urbains, notamment les habitants des villes.
Voilà quelques-unes des principales raisons pour lesquelles je
suis heureuse d’accueillir et d’ouvrir cette exposition, car elle a cette
capacité rare de rendre compréhensible l’urbanisme dont la
complexité croissante décourage plus d’un citoyen à
intervenir sur ses orientations. Je suis sûre qu’elle contribuera
ainsi au mandat de l’UNESCO en tant qu’agence de veille scientifique et
de coopération intellectuelle et technique au service des Etats
et de leurs populations.
Je tiens, enfin, à remercier tout d’abord de leur concours la
Délégation permanente espagnole auprès de l’UNESCO
ainsi que la Commission nationale française pour l’UNESCO sans lesquelles
nous n’aurions pas pu travailler avec nos partenaires qui ont rendu possible
cette œuvre : le Département de politique territoriale et des travaux
publics de la Generalitat de Catalogne, l’Institut d’Estudis Territorials
pour l’Espagne et le Conseil français des urbanistes pour la France.
L’URBANISME à L’UNESCO
Extrait du catalogue de l'exposition
Discourir en détail
sur des institutions
de la polis idéale a peu de
sens,
car la difficulté réside
non tant dans la conception,
mais dans la réalisation dans
la pratique
Aristote (La Politique)
Ildefonso Cerdà est le créateur
du premier plan d’extension de Barcelone et il en a suivi la mise en œuvre
pendant cinq ans après son approbation en 1860. Ce plan donne la
mesure d’une nouvelle pratique face au développement urbain : combinant
les rapports entre expansion urbaine, morphologie spatiale, aménagement
complet de l’habitat et réussite économique, la nouvelle
forme urbanistique va être utilisée durant la seconde moitié
du XIXe siècle dans plusieurs villes espagnoles.
Son
plan dévoile une dimension à la hauteur de la complexité
de l’objet, traversé par la conception, la technique et la gestion
des travaux. Il est le résultat d’une pratique professionnelle complète,
étant donné la polyvalence de son auteur. Cerdà possédait,
en effet, plusieurs qualités : ingénieur, praticien, gérant
de la société de promotion des travaux d’extension, observateur
aigu des phénomènes socio-économiques, philosophe
libéral et enfin, connaisseur direct de la « chose publique
», dans la mesure où il a été élu plusieurs
fois député et conseiller municipal.
Dès qu’il a pu, l’urbaniste de terrain
a quitté sa pratique pour se dédier à des recherches
qui vont le consacrer comme le premier théoricien de l’urbanisme
progressiste ou moderne. Ses idées sont ainsi légitimées
par cet ancrage dans l’expérience complète acquise par la
pratique et la confrontation quotidienne avec les contradictions de la
réalité.
Dans la "Teoría General de la
Urbanización", ce magnifique projet théorique (dont il
n’existe que les deux premiers volumes présentant « l’urbanisation
comme fait concret »), Cerdà a inauguré le travail
scientifique ayant l’urbanisation pour objet d’étude, comme l’a
déjà démontré Françoise Choay. En plein
essor du positivisme, le monde découvre en 1867, les débuts
du projet occidental qui consiste à considérer l’urbanisme
comme phénomène spécifique et catégorie accessible
au savoir, soumis à des lois et accompagné d’une terminologie
propre. Depuis, les avatars de cette aventure ne cesseront de poser des
problèmes épistémologiques et méthodologiques.
Par cette manière, Cerdà
crée le néologisme « urbanización »,
qui couvre à la fois l’action d’urbaniser, la concentration des
populations et des activités, ainsi que l’urbanisme comme discipline.
Rejetant la notion de ville, trop limitée par ses références
traditionnelles ou idéales, normales et normatives, il propose à
la place le terme « urbe » pour désigner toutes
les agglomérations possibles issues de l’urbanisation, quelles que
soient leurs formes et leurs dimensions.
En 1976, pour le centenaire de la mort
du père de l’urbanisme moderne, une première exposition lui
a été consacrée à l’Université de Barcelone.
Cette exposition a ensuite suivi un premier périple en Europe et
en Amérique du Sud, avant de trouver sa vocation itinérante
sous le nom « Ville et territoire » en 1985. « Cerdà
: pionnier de l’urbanisme moderne » est une nouvelle exposition,
de dimension plus grande encore et montée à Madrid il y a
un an. L’UNESCO a choisi d’accueillir l’exposition « Avec Cerdà:
de l'origine au futur de l'urbanisme », qui tient compte des réaménagements
nécessaires sur la base des précédentes manifestations,
et qui est organisée durant le dernier mois du XXe siècle,
période charnière pour l’urbanisme.
Au tournant de ce millénaire, plus
d’un siècle après l’époque de Cerdà, les procédés
urbanistiques se sont substantiellement modifiés et la société
urbanisée est confrontée à de nouvelles conditions
qui marqueront sans doute le plus grand saut qualitatif depuis la révolution
industrielle. Ceci demande des efforts de créativité, exige
le renouvellement des théories, des approches et des pratiques urbanistiques.
Face à ces défis de taille, considérer l’origine de
l’urbanisme moderne avec prudence et avec une certaine distance critique,
est sûrement source de bonne réflexion.
Ce travail d’examen face à l’urbanisation
du futur acquiert toute son importance dans le cadre du Programme MOST
(Gestion des transformations sociales) du Secteur des sciences sociales
et humaines de l’UNESCO, créé en 1994 afin d’assurer la promotion
et le transfert des connaissances en sciences sociales dans les principaux
champs des transformations sociales du monde contemporain.
L’un de ces champs est celui des processus
urbains, à partir du principe déjà partagé
par Cerdà, selon lequel l’espace urbain est le support de tous les
enjeux sociaux. De la ville, lieu des transformations sociales rapides,
le Programme MOST se focalise aujourd’hui sur le développement urbain
socialement durable et sur une gestion urbaine capables d’améliorer
les conditions et la qualité de vie des habitants.
L’attention centrale est portée
sur trois aspects essentiels. Le premier est la cohésion sociale
afin d’éviter toute forme de ségrégation de l’espace
et de contribuer à bâtir des villes où la coexistence
pacifique des populations est possible. Le second est la gouvernabilité,
issue de la négociation entre les intérêts contradictoires
de tous les acteurs de l’État et de la société civile,
afin de faire prévaloir le bien commun. Le troisième se réfère
au renforcement des capacités des professionnels de la ville, afin
de rendre leurs actions plus conformes aux besoins et aspirations de la
société, ainsi que des populations urbaines elles-mêmes
pour qu’elles puissent intervenir fondamentalement dans les processus d’urbanisation.
Face à l’horizon de l’urbanisme
du XXIe siècle, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’action
de la Conférence des Nations Unies sur les établissements
humains (Habitat II), le Programme MOST travaille d’abord, avec des réseaux
de recherche comparative et internationale en sciences sociales, afin d’approfondir
la connaissance fondamentale sur les processus urbains choisis. Avec des
opérateurs locaux, le Programme agit aussi dans le cadre de projets
expérimentaux, afin de renforcer les capacités scientifiques,
techniques et institutionnelles pour la recherche de solutions aux problèmes
urbains. MOST s’emploie, enfin, avec des partenaires publics, chercheurs
et ONG, à assurer le passage d’une part, entre la production des
connaissances et l’expérimentation et, d’autre part, la formulation
et la mise en œuvre des politiques urbaines et de planification. Ajoutons
enfin que le Programme valorise et diffuse le savoir acquis, afin de décloisonner
les territoires exclusifs des spécialistes et de faciliter la compréhension
de la part de tous les acteurs de la ville, notamment ses habitants.
Grâce à ses qualités
esthétiques et de clarté didactique, la conception de cette
nouvelle exposition permettra de faire connaître, à un public
plus large, l’œuvre et la pensée de Cerdà ainsi que le contexte
historique et culturel des origines de l’urbanisme moderne en Europe. L’exposition
a cette capacité rare de rendre compréhensible l’urbanisme
dont la complexité croissante décourage plus d’un citoyen
d’intervenir sur ses orientations. L’exposition « Cerdà:
de l'origine au futur de l'urbanisme » contribue ainsi aux objectifs
du programme MOST et aux fonctions de l’UNESCO en tant qu’agence de veille
scientifique et de coopération technique.
Francine Fournier,
Sous-directeur général pour
les
sciences sociales et humaines de l’UNESCO
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