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Cinquième session du Conseil intergouvernemental du programme
"Gestion des transformations sociales" (MOST)
UNESCO, Paris
14-17 mars 2001
Table de matièresIII. Conférence de M. Kenneth Wiltshire, président du Conseil intergouvernemental V. Adoption de l'ordre du jour VI. Création d'un groupe de rédaction X. Partenariat MOST-ONG à caractère scientifique XI. Cadre de référence de la prochaine évaluation du programme MOST Annexes
Organisée à l'UNESCO, Paris, du 14 au 17 mars 2001, la
cinquième session du Conseil intergouvernemental du programme MOST
a été ouverte par M. Kenneth Wiltshire, représentant
de l'Australie et président sortant du Conseil intergouvernemental.
Au nom du Directeur général de l'UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, M. Kazancigil a salué M. Wiltshire, président du Conseil intergouvernemental de MOST, et souhaité la bienvenue aux participants. Depuis sa création en 1994, le programme MOST s'est assigné des objectifs et des thématiques qui ont gardé toute leur pertinence, a-t-il souligné. En effet, la mondialisation, le développement urbain et la multiculturalité restent des enjeux de premier plan sur lesquels la recherche en sciences sociales - internationale, interdisciplinaire et comparative - génère des connaissances qui aident à élaborer des politiques et à engager des actions dans des domaines relevant des sciences sociales. Ayant rappelé que lors de sa quatrième session, en 1999, le Conseil intergouvernemental (CIG) avait examiné et approuvé le rapport d'évaluation externe à mi-parcours, M. Kazancigil a informé le CIG que le secrétariat de MOST avait élaboré par la suite une stratégie de recentrage du programme pour sa seconde phase (2000-2002). Il a indiqué d'autre part que le programme MOST avait apporté une masse critique d'expertise au suivi et à la mise en oeuvre des recommandations des grandes conférences des Nations Unies (Rio 1992, Copenhague 1995, Istanbul 1996) et contribué à la Conférence mondiale sur la science de l'UNESCO (Budapest 1999). Par ailleurs, les réunions régulières des Présidents des cinq programmes scientifiques de l'UNESCO (COI, PHI, PICG, MAB et MOST) ont permis de renforcer la coopération entre les sciences de la nature et les sciences sociales, le programme MOST travaillant aussi avec les Secteurs de l'éducation et de la culture. Enfin, suite à l'appel du Secrétaire général des Nations Unies pour la réduction de la pauvreté d'ici à 2015, l'UNESCO a élaboré une stratégie de lutte contre la pauvreté dont la préparation a été confiée au programme MOST, au sein du Secteur des sciences sociales et humaines. Le Secrétaire exécutif de MOST a fait remarquer
que la deuxième évaluation externe de MOST sur ses huit
années de fonctionnement (1994-2001) devrait faire des recommandations
sur la poursuite du programme à partir de 2002. Les commentaires,
suggestions et recommandations des délégués aideraient
le Secrétariat à améliorer la méthodologie
de MOST : en effet, depuis un an et demi, l'UNESCO a entamé
un large processus de réforme au sein duquel MOST a toute sa place ;
en conséquence, plusieurs options et orientations s'ouvrent au
programme, et il appartient à ses organes de pilotage de le guider
dans ses choix. M. Wiltshire a constaté qu'actuellement un nouveau
partenariat était nécessaire entre les sciences et les décideurs
politiques pour générer une synergie dynamique entre ces
deux mondes. Des axes principaux ont été dégagés :
le monde des sciences, le monde des politiques, l'interface entre les
deux et le rôle du programme MOST dans cette interface. Le partenariat
entre recherche et décideurs politiques constitue un moyen d'aborder
les questions contemporaines fondamentales ; entre autres, la jeunesse
dans les sociétés actuelles et les transformations sociales
qui affectent directement les jeunes. Ce partenariat se posant comme un
défi, c'est aux spécialistes et aux chercheurs scientifiques
de prendre des initiatives vis-à-vis des politiques (le texte complet
de cette intervention est en annexe II). Sous la présidence de M. Kenneth Wiltshire, et en présence de M. John Donaldson du service des affaires juridiques de l'UNESCO et de l'ADG/SHS p.i., il a été procédé aux élections pour renouveler le Bureau du Conseil. Le président, les six vice-présidents et le rapporteur ont été élus par consensus. Président : M. Marek ZIOLKOWSKI (Pologne) Vice-présidents : Région Europe de l'Ouest : Mme Lenelis KRUSE-GRAUMANN (Allemagne) Région Europe centrale : Mme Elena ZAMFIR (Roumanie) Région Amérique Latine et Caraïbes : M. Juan Luis MARTIN-CHAVEZ (Cuba) Région Asie et Pacifique : Mme Khojasteh AREFNIA (République islamique d'Iran) Région Afrique : M. D. Olu AJAKAIYE (Nigéria) Région Etats arabes : M. Amin ESBER (République arabe syrienne)
Sous la présidence de M. Ziolkowski, l'ordre du jour a été
adopté par consensus. Un groupe de rédaction a été créé, composé comme suit : M. Tuomo MELASUO (Finlande) M. Alberto CARRION (Pérou) M. David THORNS (Nouvelle-Zélande) Mme Ana MORAIS LOMBA (Cap-Vert)
M. Yoginder Alagh, président du Comité directeur scientifique (CDS), a félicité le nouveau Président du CIG, M. Ziolkowski et a vivement remercié M. Wiltshire pour le travail réalisé au cours de ses deux précédents mandats. Il a ensuite évoqué les points marquants de la VIIIe session du CDS (12-14 mars 2001) dans le contexte mondial actuel de l'ajustement structurel et du Programme d'action du Secrétaire général des Nations Unies. Il a indiqué que les travaux de la session avaient porté sur : (i) La future stratégie du programme MOST dans le cadre général de la programmation du prochain biennium de l'UNESCO (31 C/5) : le CDS a noté avec satisfaction que les sciences sociales et humaines sont de nouveau présentées dans un grand programme distinct dans le 31 C/5 (GP III). (ii) Une session interdisciplinaire entre les programmes scientifiques intergouvernementaux des sciences naturelles, le Secteur de la culture et MOST : le CDS s'est félicité de la Déclaration commune des Présidents des cinq programmes scientifiques adressée au Directeur général lors de la 160e session du Conseil exécutif, en spécifiant que cette déclaration devait être mieux prise en compte dans les documents 31 C/4 et 31 C/5 dans la perspective du développement durable. Le CDS a noté que les différentes présentations avaient mis en exergue certains thèmes de la future coopération, entre autres la résolution des conflits relatifs à l'eau, le développement urbain intégré en zone côtière et les trois dimensions du développement durable : environnementale, socioculturelle et économique. Il en a déduit que ceci implique le développement de la qualité et de la gestion du renforcement des capacités institutionnelles, et le renforcement des réseaux liés à l'amélioration de la prise de décision, tout en tenant compte des priorités telles que l'éradication de la pauvreté et l'utilisation des nouvelles technologies de l'information. (iii) Une session de présentation des résultats attendus par les différents réseaux et les termes de référence de la prochaine évaluation des huit années d'activités de MOST qui devrait prendre en compte la problématique Nord-Sud en s'appuyant sur :
(iv) Une session sur les initiatives de renforcement des capacités institutionnelles, le Prix international MOST pour une thèse de doctorat, le projet Professionnels de la ville, les chaires UNESCO et la coopération avec les ONG urbaines. Le Président du CDS a souligné l'importance de MOST pour les pays du Sud et la nécessité de poursuivre des stratégies d'intégration des professionnels de la ville dans les réseaux de recherche, en favorisant la participation de professionnels du Sud de haut niveau. A ce titre, il a demandé au Conseil intergouvernemental un soutien supplémentaire pour aider à la recherche de financements. Discussion Lors du débat qui a suivi le compte rendu des sessions du CDS, de nombreux orateurs ont pris la parole pour formuler des remarques sur le travail du Secrétariat en vue d'obtenir :
D'autre part, des suggestions ont été présentées en vue de la reformulation du cadre général de travail :
M. Kazancigil, ADG/SHS p.i. et secrétaire exécutif du programme MOST, a présenté le contexte général du programme. Il a placé son exposé dans le cadre de la Stratégie à moyen terme 2002-2007 (31 C/4) et du Budget 2002-2003 (31 C/5) du Secteur des sciences sociales et humaines. Il a notamment insisté sur les objectifs généraux de MOST (la promotion de la recherche comparative internationale, le transfert des résultats de cette recherche aux décideurs et le renforcement des capacités). Il a mentionné que les trois champs préférentiels de recherche (les sociétés multiculturelles, le développement urbain et la mondialisation) devraient être réorientés en fonction des priorités à définir. M. Kazancigil a souligné l'ancrage national du programme MOST grâce au concours des comités nationaux de liaison (CNL). Dans ce cadre, il a mentionné les conférences et réunions organisées avec l'appui de MOST pendant la période signalée. Les résultats des recherches sur les trois thèmes principaux de MOST sont diffusés grâce aux activités en réseaux, aux activités de renforcement des capacités institutionnelles, aux publications, aux articles de presse, au site Internet de MOST et au matériel d'information et de formation destiné à atteindre les décideurs politiques et le public en général. Les activités de formation MOST ont été évoquées tant pour leur dimension interdisciplinaire que pour le renforcement des capacités qu'elles favorisent. Le Secrétaire exécutif du programme a précisé que dans le cadre de l'évaluation à mi-parcours, le recentrage de MOST a été proposé à effet d'accroître la pertinence de la recherche et de l'expertise en sciences sociales pour l'élaboration des politiques et le renforcement des capacités scientifiques et institutionnelles des pays en développement. Par ailleurs, il a précisé que la priorité définie par l'ensemble du système des Nations Unies, à savoir la réduction de moitié de la pauvreté d'ici à 2015, deviendra un thème transversal majeur pour les activités de l'UNESCO. Le Secrétaire exécutif a également signalé que le Conseil exécutif a demandé au CIG de réfléchir au contenu des critères d'évaluation sur les huit années du programme MOST et aux perspectives pour la prochaine phase. Dans cette optique, il a fait référence à la "sécurité humaine" comme approche mobilisatrice des individus et des groupes sociaux, afin de réduire la pauvreté et d'améliorer la qualité de vie. Il a considéré que la fonction de MOST devrait être de contribuer à valoriser les recherches en sciences sociales et humaines face aux deux défis que sont la mondialisation et l'impact des sciences et des technologies sur la population mondiale. Le Secrétaire exécutif a conclu son propos en mettant en exergue le caractère intersectoriel de MOST dont les activités, prioritairement nationales, doivent émaner des bases sociales pour remonter vers la direction institutionnelle, plutôt que l'inverse. Discussion Plusieurs délégués ont soutenu le rapport présenté en suggérant l'orientation de la recherche sur le rôle des ONG dans la formation de l'opinion publique ou la promotion d'une politique de création d'infrastructures scientifiques. D'autres délégués ont montré de l'intérêt pour le programme MOST à différents niveaux. Certains membres ont souligné des points à considérer dans la deuxième phase du programme : (1) la nécessité d'une plus grande concentration des activités du programme, (2) la recherche de moyens plus importants pour étudier les liens entre les connaissances du monde de la recherche et les processus de décision du monde de l'action sociale ou politique, (3) le renforcement du partenariat avec les comités nationaux de liaison et les commissions nationales pour l'UNESCO. Une autre suggestion a invité à travailler sur un cadre normatif en vue de partenariats chercheurs-décideurs. Enfin, des demandes précises ont été présentées :
(1) la création d'un projet en sciences sociales pour l'Afrique
qui s'intitulerait "Villes et survie en Afrique de l'Ouest et du Centre"
(URB-AFRIQ). En effet, la Conférence des Ministres chargés
de la recherche-développement de l'Afrique de l'Ouest et du Centre
(COMRED/AOC), qui s'est tenue au Cameroun en février dernier, a
souligné l'importance de MOST en Afrique. Elle a souhaité
que MOST se charge de la coordination de ce projet régional, et
qu'il organise un colloque régional sur les sciences sociales et
la lutte contre la pauvreté en Afrique ; (2) l'organisation
d'une conférence régionale MOST sur les transformations
sociales en Amérique latine à Montevideo (Uruguay) ;
(3) l'organisation d'une réunion internationale sur l'adaptation
sociale des jeunes aux nouvelles conditions économiques dans des
pays de l'Asie centrale. Dans ce cadre, et dans le souci de faire des
propositions sur une base plus fiable, certains délégués
ont été attentifs aux moyens dont disposera le programme.
M. Vincent Defourny, du Service central d'évaluation de l'UNESCO, a présenté l'évaluateur, M. Denis Merklen. Celui-ci a rappelé les objectifs du projet et sa méthodologie. L'évaluation a pris en compte la contribution du projet à la formation des acteurs locaux, sa participation à un projet de développement et à la construction d'une culture démocratique, ainsi que son influence sur le jeu de pouvoir des acteurs locaux. Les sites choisis, Yeumbeul, Malika (Dakar, Sénégal) et Jalousie (Port-au-Prince, Haïti) font face à de graves situations de pauvreté. Le premier, à Dakar, est principalement concerné par la dégradation de l'environnement. Le travail s'y est fait avec l'appui et à l'initiative de la population et des organismes de quartier. Le deuxième, à Haïti, est situé sur une colline d'accès difficile. Son problème majeur est l'insalubrité. Là encore, l'initiative et les décisions sont venues de la population. Dans les deux cas, l'organisation et la participation citoyenne sont affectées par de tels contextes. Dans cette perspective, l'évaluateur a insisté sur le fait que ce projet a réussi à montrer l'importance des rapports de concertation et de collaboration entre les habitants, les autorités locales et l'Etat. Discussion Un certain nombre de délégués, ainsi que la représentante de la Commission de suivi d'Habitat II, ont souligné, entre autres, la visibilité de ce projet en matière de participation. Certains indicateurs n'ayant pas été pris en compte dans l'évaluation, il faudrait dégager les effets multiplicateurs du projet, proposer des éléments de durabilité et une structure de pérennité. L'évaluateur a répondu que l'exercice a servi à
démontrer la valeur d'exemple du projet. Il s'agit d'un projet
d'appui aux initiatives des habitants qui a réussi à renforcer
les capacités de négociation de ces derniers au point qu'ils
ont pu influencer la décision politique. Le processus à
reproduire s'insérerait donc dans la dynamique société
civile - secteurs privé et public.
Trois ONG internationales scientifiques ont été invitées à présenter leurs rapports de coopération avec le programme MOST : le Conseil international des sciences sociales (CISS), le Conseil mondial pour la science (CIUS) et le Conseil international pour la philosophie et les sciences humaines (CIPSH). Dans le cadre des relations officielles entre l'UNESCO et le CISS, une organisation facilitant notamment la coopération entre des ONG scientifiques et des organisations intergouvernementales, un certain nombre d'activités ont été développées dans le cadre de MOST. De nouvelles activités pourraient se concentrer davantage sur les thèmes suivants : les villes, les migrations internationales et la pauvreté, notamment dans le cadre du CROP (Programme de recherche comparative sur la pauvreté). Pour le 50e anniversaire du CISS (fin 2002) l'organisation d'une conférence internationale UNESCO-CISS est envisagée avec la participation de MOST. L'ICSU regroupe des organisations et des académies de recherche, principalement en sciences naturelles et exactes. Un de ses objectifs principaux est de promouvoir le travail scientifique interdisciplinaire au niveau international. Dans cette perspective, les réseaux de MOST et CIUS pourraient se rapprocher autour de sujets importants pour les sciences sociales, tels que le développement durable et l'environnement. Le CIPSH fut conçu comme l'intermédiaire entre l'UNESCO et les sociétés "savantes" dans le but de prolonger l'action de l'UNESCO dans le domaine des sciences humaines. Cette ONG rejoint les préoccupations de MOST sur le multiculturalisme, la multi-ethnicité dans nos sociétés, et les analyses comparatives sur les villes. Le CIPSH souhaiterait développer davantage des projets interdisciplinaires avec MOST. En conclusion de ces trois interventions, l'accent a été
mis à la fois sur l'importance des relations de coopération
entre MOST et les trois ONG, et sur la définition de programmes
communs entre les sciences naturelles et les sciences sociales, pour mieux
répondre aux besoins de la société contemporaine. Les éléments essentiels pour un cadre de référence de la prochaine évaluation du programme MOST pour les huit années d'activité (1994-2001) ont été présentés en neuf points par Carlos S. Milani, membre du secrétariat de MOST. Un document sera soumis au Conseil exécutif, au cours de sa session d'automne 2002. Pour cette évaluation, les recommandations du Comité directeur scientifique ont principalement porté sur la durabilité, la productivité, la qualité, l'approche prospective, l'interdisciplinarité, la représentativité géographique des évaluateurs et la prise en compte de la vision des différents utilisateurs des résultats de la recherche dans un cadre global qui prenne en compte les dimensions politique, économique et sociale. Les délégués ont relevé l'importance de cette évaluation dans la redynamisation du programme. Certains ont signalé le caractère surdimensionné des critères d'évaluation par rapport au programme MOST en général, et l'insuffisance des financements en particulier. Des questions ont été posées sur les critères de sélection des projets à évaluer et sur les critères du choix des priorités. Enfin, l'importance d'une évaluation centrée sur les processus d'obtention des résultats, plutôt qu'une évaluation uniquement basée sur les résultats, a été soulignée. Le Secrétariat a remercié les deux organes de pilotage
du programme ainsi que les délégués pour leurs propositions
qui serviront à reformuler les critères de cette évaluation.
Il a enfin signalé l'importance du document 160 EX/12 comme support
au cadre général de cet exercice d'évaluation. Le
Secrétariat redéfinira les critères d'évaluation
de façon plus précise et plus appropriée, et tiendra
compte de la double exigence de liens indissociables entre visibilité
et performance.
Trois intervenants, membres de réseaux de recherche MOST, ont pris la parole : M. François Hainard, M. Charly Gabriel Mbock et M. Nikolaï Genov. Ces interventions ont été commentées par Mme Wanda Capeller (les quatre textes complets figurent en annexe III). M. François Hainard a présenté son point de vue sur son expérience en tant que coordinateur du projet "Villes, environnement et rapports sociaux entre hommes et femmes", appuyé par des fonds de la coopération Suisse et de la Commission nationale suisse. Il a mis l'accent sur l'importance de la durée dans la mise en oeuvre de ce réseau de recherche. Il a également spécifié qu'il conviendrait de poursuivre la réflexion à la fois pour améliorer la qualité de la collaboration entre pays industrialisés et pays en voie de développement, et pour pouvoir mettre en oeuvre les recommandations relatives à ce domaine. M. Charly Gabriel Mbock a présenté une réflexion sur les interactions entre recherche et politique dans une perspective africaine. Il a tout d'abord montré que la valeur et l'utilisation du savoir ne sont pas spécialement évidentes pour les décideurs en Afrique, avant de présenter des considérations historiques sur les réalités sociales de la région. Après avoir montré l'intensité du conflit entre "ceux qui possèdent le pouvoir" et "ceux qui possèdent le savoir", il a notamment souligné l'importance de la "diplomatie scientifique" dans le développement positif des rapports légitimes entre les décideurs et les chercheurs en sciences sociales en Afrique. M. Nikolaï Genov a exposé son expérience en tant que coordinateur du projet MOST "Stratégies personnelles et institutionnelles pour l'adaptation aux risques de transformations en Europe centrale et Europe de l'Est". La conception et l'exécution de la recherche ont été menées en étroite coopération avec les décideurs locaux. Parmi les résultats de ces travaux, on compte une série de rapports internes et de publications orientés vers les utilisateurs du projet. Ces résultats sont aussi bien diffusés par des enseignants de différentes universités que par des fondations allemandes. Mme Wanda Capeller a ensuite présenté un commentaire sur les trois exposés. Elle a d'abord déclaré qu'ils ont témoigné de l'importance du programme MOST quant à sa contribution à l'amélioration de la compréhension des sociétés, par la production de connaissances pertinentes pour l'élaboration de politiques et par l'impact de ses recherches sur la mise en oeuvre des politiques publiques. Sa contribution a porté principalement sur la nécessité de la prise en compte de la structuration de nouveaux systèmes économiques et sociaux (qui doit faire appel aux savoirs produits par les sciences sociales), des "récursivités transformationnelles" (orienter et réorienter les décideurs dans leurs réponses aux demandes sociales), de la contextualisation des actions de recherche et de la position des acteurs dans leur système social. Mme Capeller a spécifié que les difficultés restaient importantes, mais que si les connaissances produites par les sciences sociales étaient utilisées de manière opérationnelle, créative et stratégique, elles pourraient contribuer efficacement à guider les décideurs dans leurs pratiques politiques. Les conclusions de la table ronde ont porté sur : la nécessité
de mettre en place des principes de coopération entre chercheurs ;
l'approche des notions de partage des connaissances et de gouvernance
entre décideurs et chercheurs ; la prise en compte des acteurs
au niveau des municipalités, comme intermédiaires entre
les niveaux macro et micro.
Le Président du CIG a introduit le débat en soulignant qu'il s'agissait de définir le cadre futur des activités de MOST. Les principaux axes qui se sont dégagés du débat sont :
Concernant le premier axe, des délégués ont soulevé les points suivants :
Le débat sur le deuxième axe a porté plus particulièrement sur :
A propos de la valorisation des résultats disponibles, le Conseil a retenu :
Des propositions plus spécifiques ont été avancées, notamment :
Tout en se félicitant de ces diverses propositions, le Président a souhaité que ce premier effort de réflexion ne se limite pas à un travail bi-annuel du Conseil intergouvernemental, mais qu'il soit également repris au niveau des comités nationaux de liaison et du Comité directeur scientifique de MOST. |
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