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Table des matières
EditorialLes trois premières années de MOST : Rétrospective et perspectivesLe Programme MOST de l'UNESCO (Gestion des transformations sociales) vient de célébrer son troisième anniversaire, puisque c'est en mars 1994 qu'il a officiellement démarré ses activités. Un double objectif avait présidé à sa création : a) améliorer la compréhension en générant des connaissances pertinentes pour l'élaboration des politiques et axées sur trois questions majeures de notre temps - les sociétés multi-ethniques et multiculturelles, les villes, et les relations entre le local et le global ; b) améliorer la communication entre les chercheurs en sciences sociales et les décideurs. Le Programme est dirigé par un Conseil intergouvernemental et un Comité directeur scientifique indépendant. Un petit secrétariat coordonne les activités du Programme à partir du siège de l'UNESCO et des Comités de liaison nationaux de MOST (présents à ce jour dans 40 pays) font le lien entre le Programme et les chercheurs et décideurs de chaque communauté nationale.
Ces trois années riches en activités, qui ont été
consacrées à l'élaboration et au lancement
des opérations MOST, ont débuté par une campagne
d'information sur le Programme. Ses grandes orientations en matière
de recherche et de politique ont été établies
lors d'une série de réunions de consultation aux
niveaux régional et sous-régional, qui ont rassemblé
des chercheurs en sciences sociales et des représentants
des milieux politiques dans différentes régions
du monde. L'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Nord ont
fait l'objet de réunions séparées, sur le
multiculturalisme (Ottawa), les villes (Vienne) et les questions
d'articulation local/global (Paris). D'autres rencontres thématiques
se sont déroulées à Tromsö (Norvège)
sur les problèmes spécifiques aux pays du cercle
arctique, à Helsinki sur les stratégies de développement
des activités de MOST, à Roskilde (Danemark) sur
le développement social, à Istanbul sur les villes,
lors du Sommet Habitat II, à Francfort à propos
de la durabilité vue sous l'angle des sciences sociales,
au Costa Rica sur la pauvreté et l'exclusion sociale, à
Lausanne sur la gouvernance, à Hong Kong et Tokyo sur la
mondialisation et les mégapoles asiatiques, et à
Ankara sur les sciences sociales et la prise de décision.
Au cours de cette période, plusieurs séminaires
sur les réseaux de recherche ont été organisés
en fonction des besoins et dans le cadre de projets MOST approuvés.
Le Comité directeur scientifique a évalué
110 propositions de projet, et 20 réseaux de recherche
comparative ont été créés pour approfondir
les thèmes suivants :
Dans chaque communauté, des décideurs ont pris
part aux côtés de chercheurs en sciences sociales
à la planification des projets. Le Programme dispose de
deux séries de publications, les Documents de politiques
sociales et les Documents de discussion. Les résultats
intermédiaires des projets en cours commencent à
être publiés.
Partenaire de trois programmes de recherche en sciences naturelles
- MAB, PHI et CPI -, le Programme MOST injecte une dimension "sciences
sociales" à plusieurs activités conjointes,
concernant l'écologie, l'hydrologie, les zones côtières
et les petites îles, la gouvernance urbaine, les ressources
en eau douce et la revitalisation des quartiers historiques.
Un Centre d'échange d'informations MOST a été
créé sur Internet. Il comprend désormais
des bases de données spécialisées sur les
"meilleures pratiques" de lutte contre la pauvreté
et l'exclusion ainsi qu'un forum de discussion sur les questions
éthiques que soulève la recherche en sciences sociales.
Une base de données thématique sur les politiques
multiculturelles est en voie de création, dans le cadre
de l'expansion du Centre d'échange d'informations MOST.
En sus de ses activités de recherche, le Programme MOST
apporte son savoir-faire lors de la conception des plans d'action
locaux contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Les Etats
membres ainsi que les institutions et les fonds spécialisés
des Nations Unies (PNUD, FNUAP) peuvent ainsi faire appel au Programme
pour renforcer leur assistance technique en matière de
planification des politiques sociales.
Les quatre prochaines années seront consacrées
aux travaux entrepris dans les réseaux de recherche comparative
et à de nouvelles activités, qui porteront sur les
migrations internationales, les questions de population, l'exclusion
sociale et la pauvreté ainsi que sur le développement
et la gouvernance des villes. Une série d'activités
seront lancées dans le domaine complexe des relations entre
la recherche et l'élaboration des politiques/la prise de
décision. Il s'agit là d'un sujet difficile à
cerner, car les vraies réussites doivent être dénichées
dans la masse des résultats de recherche. Les efforts de
MOST dans ce domaine se concentreront sur l'étude des cas
où la recherche en sciences sociales a influencé
les politiques, et sur l'amélioration de la diffusion aux
divers utilisateurs de l'information générée
par les sciences sociales.
De nouvelles chaires UNESCO dans les domaines de MOST seront
établies afin de renforcer l'enseignement des sciences
sociales et les capacités de recherche dans cette discipline.
La première de ces chaires, qui a vu le jour à l'Université
d'Etvös en Hongrie, traite du multiculturalisme et des problèmes
des minorités. De jeunes chercheurs acquerront une expérience
de première main par la formation et la participation à
des projets de recherche ; un prix MOST sera lancé en 1998
pour récompenser les meilleures thèses de doctorat.
Des modules de formation collant à l'actualité seront
conçus à l'intention des fonctionnaires municipaux
sur les thèmes de la gouvernance urbaine, de la pauvreté
et sur les méthodes d'évaluation des politiques.
Fondamentalement, le Programme MOST offre un cadre de coopération dont le but est de contribuer à promouvoir une recherche en sciences sociales comparative et internationale, de haute qualité et pertinente pour l'élaboration des politiques, et à inciter les décideurs nationaux à mieux exploiter les connaissances issues des sciences sociales. Dans un monde où nombre de processus sociaux, économiques, démographiques, environnementaux et technologiques sont devenus transnationaux et globaux, il s'agit là, à notre sens, d'une entreprise salutaire.
Secrétaire exécutif Programme MOST
NOUVELLES DES RESEAUX DE RECHERCHE COMPARATIVE DE MOSTGrandir en Ville (Réseau GUIC, Growing Up in Cities)
L'objectif de ce projet, qui reproduit et élargit le projet
originel de l'UNESCO "Grandir en ville" des années
1970, est de faire le bilan de certains des coûts et bénéfices
humains qu'entraîne le développement économique,
afin d'illustrer comment l'utilisation faite par l'enfant du micro-environnement
qui en résulte, et la vision qu'il en a, influent sur sa
vie et son épanouissement personnel. Le micro-environnement
dans ce cas-ci est le quartier où vivent de jeunes adolescents
issus de milieux défavorisés et ouvriers. Lors du
projet originel de l'UNESCO (cf. Growing Up in Cities,
sous la dir. de Kevin Lynch, M.I.T. Press, 1977), les recherches
avaient porté sur des contextes très différents
les uns des autres : vieux centres historiques, banlieues périphériques,
grands ensembles et habitat auto-construit en Australie, Argentine,
Mexique et Pologne. Le projet actuel élargit l'étude
à de nouveaux sites en Afrique, Asie et Norvège,
et revisite certains des anciens pour déterminer comment
les transformations urbaines ont influé sur les jeunes
au cours des vingt années qui ont suivi la parution du
rapport d'origine.
Comme le projet originel, celui-ci recourt à des méthodes
multiples : observation de l'emploi que font les enfants des lieux
publics ou semi-publics, mesures phénoménologiques
des perceptions qu'ont les enfants de leur communauté et
de leurs priorités en matière de changement et d'amélioration,
et mesures objectives des caractéristiques économiques,
démographiques et environnementales de leur communauté.
Le projet compare aussi le vécu des enfants et des parents
avec les hypothèses des planificateurs et des responsables
municipaux concernant les effets de leurs politiques sur la vie
des enfants. Il jette un nouvel éclairage sur la notion
de participation des enfants à la mise en oeuvre de certaines
de leurs recommandations sur les changements souhaités,
ce qui va dans le sens de l'application au niveau local de la
Convention sur les droits de l'enfant de l'UNICEF, de l'Agenda
21 du Sommet de la Terre et du programme d'Habitat.
A l'heure actuelle, le projet couvre neuf villes dans sept pays
(voir carte). Il reçoit le soutien d'UNICEF Afrique du
Sud, du HSRC d'Afrique du Sud, de NORAD, du ministère du
Logement de Norvège, du CRDI, du syndicat des travailleurs
de Buenos Aires, de la Johann Jacobs Foundation et de l'Augusto
Rancilio Foundation aux Etats-Unis. L'extension du projet s'est
faite grâce à l'appui du Norwegian Centre for Child
Research de Trondheim (Norvège) et de CHILDWATCH INTERNATIONAL.
Un accord est en passe d'être signé entre l'équipe
GUIC de Buenos Aires et le maire de la ville. Calendrier des événements :
Janvier-mai 1997 : Tous les sites ont procédé à
des observations de base de l'environnement et à des interviews
et poursuivi la mise au point de plans de diffusion et d'application
de l'information. La communication continue d'être assurée
via Internet.
Juin 1997 : Les directeurs et coordonnateurs de recherche participent
à un séminaire précédant la Conférence
sur l'enfance citadine (Urban Childhood Conference) à Trondheim.
Au programme : débat et accord quant au contenu final d'un
manuel sur le travail de gouvernance locale avec les enfants grandissant
dans les grandes villes; échange des résultats de
recherche et coordination des communications présentées
à la Conférence ; identification des indicateurs
clés sur ce que pensent les enfants de la qualité
de vie en ville ; débat sur la mise au point d'un livre
regroupant les contributions de chaque site.
Eté 1997-printemps 1998 : L'accent sera mis sur la manière
dont les initiatives locales, régionales et nationales
assimilent les conclusions et processus du projet et sur les moyens
de faire connaître les résultats dans des publications
et présentations aux niveaux international et national.
Le projet sera étendu à Brasilia en 1998. Les pays ou les villes souhaitant participer aux activités du GUIC sont priés de contacter les coordonnateurs du projet : Coordonnateur de l'UNESCO, Nadia Auriat, n.auriat@unesco.org ou coordonnateur du réseau de recherche GUIC, Louise Chawla, Chawla393@aol.com
L'Averroès European Training Centre for Early Childhood Development invite le GUIC à concevoir et animer deux séminaires de cinq jours pour les planificateurs municipaux.Les séminaires s'appuyent sur l'expérience acquise par l'équipe GUIC dans les sept pays étudiés. Les planificateurs seront formés en priorité aux méthodes participatives qui permettent de recueillir des informations de base auprès des enfants dans les quartiers et de cerner leurs priorités. Ces enfants deviennent ainsi des acteurs du processus de prise de décision local et apprennent à gérer et à surveiller l'évolution de leur quartier et de leur environnement. Le séminaire de formation MOST associera la Child Friendly City Initiative de l'UNICEF à cette opération. Pour plus d'informations, prière de contacter Nadia Auriat, n.auriat@unesco.orgChildwatch International propose de constituer un forum pour les personnes désireuses d'adapter les méthodes du GUIC à leur propre contexte. Pour plus d'informations, prière de contacter :
Research Coordinator CHILDWATCH INTERNATIONAL P.O. Box 1132 Blindern N-0317 OSL0, Norvège Tél. : +47-22 85 48 41, fax : +47-22 85 50 28 e-mail : m.l.bistrup@childwatch.uio.no Childwatch home page : http://childhouse.uio.no/childwatch/
Le réseau de recherche sur la migration en Asie du Sud-Est (APMRN)
Nouvelles publications : APMRN Working Papers Series. N°1. Migration Issues in the Asia Pacific. APMRN Secretariat, University of Wollongong, Australie. UNESCO-MOST Paris, 1997. Le réseau UNESCO-MOST APMRN recherche et publie les tendances et évolutions des mouvements migratoires dans le sud-est asiatique. Les documents de travail, qui seront publiés régulièrement, visent à faire le bilan des recherches actuellement menées par des membres de l'APMRN. Le document de travail n°1 contient onze articles sur : la migration et la diversité ethno-culturelle, les questions politiques majeures, la situation de la recherche sur ces thèmes, les progrès enregistrés dans la création de réseaux de recherche nationaux qui rejoindront l'APMRN, les principaux thèmes de recherche pour les cinq prochaines années ainsi que les idées de projets de recherche internationaux et les priorités. Ces thèmes sont abordés dans des articles se rapportant à la Nouvelle-Zélande, l'Australie, Fidji, Hong Kong, l'Indonésie, la Malaisie, la République populaire de Chine, les Philippines, la République de Corée, Singapour et la Thaïlande. Pour obtenir ce document, s'adresser à : University of Wollogong, e-mail : apmrn@uow.edu.au ou bien au Secrétariat de MOST. NA Séries de documents de recherche de l'APMRN Aotearoa, Nouvelle-Zélande Stephen Castles "Globalisation and the ambiguities of national citizenship" (La globalisation et les ambiguïtés de la citoyenneté nationale)
Paul Spoonley "Migration and the Reconstruction of Citizenship
in Late Twentieth Century Aotearoa" (Migration et reconstruction
de la citoyenneté dans l'Aotearoa de la fin du XXe siècle).
Ces deux articles ont été conjointement publiés
pour l'APMRN de Nouvelle-Zélande par le département
de sociologie de la Massey University, Albany, Auckland. L'APMRN
de Nouvelle-Zélande contribue, avec d'autres instances
locales, au réseau international MOST-APMRN. Ce réseau concourt à l'échange d'informations entre la recherche et l'analyse des politiques pour favoriser la compréhension de ce qui est nécessaire en matière de recherche et de politiques d'immigration et de post-migration efficaces en Nouvelle-Zélande. "Le débat sur l'origine et le nombre des migrants a été extrêmement politisé dans l'histoire néo-zélandaise. L'augmentation sensible des migrants en provenance d'Asie de l'est depuis 1990 a soulevé des oppositions et provoqué une nouvelle ère de préjugés anti-asiatiques. Ce qui est marquant, c'est la tendance à privilégier l'émotion aux dépens des faits et à ignorer une partie des travaux de recherche existants ou les données disponibles sur l'immigration. Cette situation démontre clairement qu'il est nécessaire d'intensifier la recherche et de mettre au point des politiques de développement plus appropriées. Notre ambition est que le réseau puisse jouer un rôle en apportant sa contribution à ces deux domaines de développement." Richard Bedford et Paul Spoonley (Introduction). NA
La division australienne de l'APMRN a organisé récemment
un séminaire de deux jours consacré à la
recherche sur la migration asiatique. Il a attiré une trentaine
de participants, parmi lesquels certains des plus éminents
experts australiens de la migration et des relations ethniques.
La rencontre a pu se dérouler grâce à une
subvention de l'Académie des Sciences sociales d'Australie.
Le séminaire avait pour objectif :
Parmi les communications sur les recherches en cours on peut citer
: la dimension familiale et communautaire de la migration en Asie
du Sud-Est, les dynamiques migratoires dans les pays en développement
de l'Asie du Sud, la migration dans le sud-est asiatique et les
sociétés civiles naissantes, la migration internationale
des nationalités minoritaires de Chine. D'autres communications
portaient sur la petite entreprise ethnique en Australie, l'établissement
des migrants asiatiques à Sydney, les expériences
et la participation des minorités ethniques d'Australie
dans le domaine de l'éducation. Le séminaire a aussi
discuté du rôle que remplit actuellement la recherche
en Australie et des moyens par lesquels le Réseau australien
pourrait intensifier ses activités de recherche. Deuxième rencontre officielle seulement du Réseau australien en plus de douze mois, le séminaire a fait ressortir l'importance qu'il y a à relier les chercheurs. Il est évident qu'un volume significatif de recherches indépendantes sont effectuées en Australie sur la migration asiatique. L'incorporation de ces travaux dans un cadre national (AMRN) rend ces questions prioritaires et ouvre des possibilités pour plus de résultats dans un domaine primordial pour la recherche et la formulation des politiques australiennes.
La gouvernance démocratique dans une société multi-culturelle et multi-ethnique
A la demande du gouvernement kirghize, un projet de formation
et de recherche touchant à la démocratie vient d'être
lancé au Kirghizistan dans le but de familiariser décideurs,
législateurs, responsables judiciaires et représentants
d'organismes publics et non gouvernementaux de ce pays au fonctionnement
de la gouvernance démocratique dans un contexte de diversité
ethnique, linguistique et culturelle.
Le projet est financé par le gouvernement suisse. Il s'attachera
principalement à créer des programmes d'études
universitaires sur la gouvernance démocratique, à
former des législateurs, des universitaires et des décideurs
à l'élaboration des lois relatives au multiculturalisme,
à publier des textes fondamentaux sur le sujet, en y incluant
des comparaisons avec les approches existantes de ces questions,
et à établir un programme d'échanges universitaires.
En nouant des liens institutionnels et personnels avec la Suisse,
des représentants de haut rang de la société
kirghize acquerront une expérience de l'édification
et du renforcement des structures démocratiques qui s'appuient
sur la participation politique de la communauté et la coopération
inter-ethnique. De même, les experts et les institutions
suisses gagneront à partager l'expérience kirghize
de la gestion de transformations en cours. Débutant cette
année, les activités de formation à court
terme devraient ouvrir la voie à une coopération
à long terme entre les deux pays dont on espère
qu'elle favorisera le processus de démocratisation au Kirghizistan.
La Commission européenne pour la démocratie par le droit (commission Venise) apportera son savoir-faire au programme de formation au Kirghizistan. PdeG
MERCOSUR : Interaction et intégrationLe projet MOST couvrant les pays de MERCOSUR (Argentine, Brésil, Chili, Paraguay et Uruguay) éclairera les mécanismes sociaux qui sous-tendent les processus de dialogue entre les sociétés et les cultures, à la base du respect et de l'entraide mutuels, ainsi que les structures et les institutions susceptibles de stimuler la créativité inter-culturelle. Compte tenu de l'histoire et au vu des discriminations, des luttes culturelles et de la xénophobie qui se manifestent aujourd'hui, le projet vise en définitive à rechercher et mettre en pratique les moyens propres à encourager la solidarité, la compréhension et la participation de tout le corps social au processus de prise de décision. CMDirecteur de projet : Elizabeth Jelin, Université de Buenos Aires, Argentine. Le Programme MOST et le Bureau de l'UNESCO à Buenos Aires ont organisé le premier symposium MOST sur L'intégration régionale et les réformes des politiques sociales en Amérique latine (Buenos Aires, 20-22 novembre 1996). Ont participé au symposium des spécialistes latino-américains de MERCOSUR et du projet "Modernisation institutionnelle des politiques sociales en Amérique latine".
Le réseau de participants au projet "Modernisation
institutionnelle des politiques sociales en Amérique latine"
a défini les quatre thèmes de son calendrier de
recherche :
Les transformations sociales et économiques liées au trafic des droguesL'essor des activités liées à l'économie de la drogue et leur infiltration dans les secteurs officiels de la société provoquent des bouleversements dans les schémas sociaux de développement. Il est donc indispensable que les décideurs procèdent à une analyse approfondie de ces transformations pour pouvoir définir les moyens appropriés à la gestion publique à court, moyen et long terme.Le projet MOST sur "Les transformations économiques et sociales liées au trafic des drogues" donne la primauté à la recherche menée dans cinq grands pays ou régions : le Brésil, la Chine, les républiques de l'ancienne Union Soviétique, l'Asie du sud et le Nigéria. Le projet soutiendra la formation d'équipes dans ces régions et spécialisées dans ces régions. Il est envisagé d'intégrer trois équipes supplémentaires d'Inde, du Mexique et du Nigéria en 1998. Directeurs de projet : Michel Schiray, Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Groupement de recherche "Psychotropes, Politique et Société" (G1006), France, et Christian Geffray, Institut de recherche scientifique et technique pour le développement en coopération (ORSTOM), France.
Des chercheurs travaillant sur le terrain, de hauts fonctionnaires et des médecins ont alerté l'opinion sur l'essor récent de la culture, du trafic et de la consommation des drogues en Afrique lors du "Colloque international sur la situation des drogues en Afrique subsaharienne", animé par le Programme MOST et organisé par l'Observatoire géopolitique des drogues (OGD). Participants et orateurs ont souligné que cette conférence était probablement la première à étudier toute la chaîne de la drogue, de la production à la consommation. Parmi les divers facteurs socio-économiques qui ont contribué à cette expansion de la drogue en Afrique figure la chute du prix des produits agricoles. Celle-ci a poussé les paysans à abandonner les cultures de rapport légales pour produire des drogues illégales plus lucratives. A l'issue du colloque, le premier atelier du projet MOST sur "Les transformations sociales et économiques liées au trafic des drogues" a commencé à préparer des activités pilotes pour 1997-1998. Plusieurs études de cas seront élaborées par des chercheurs de France, du Brésil, de Chine, d'Inde, du Nigéria, du Mexique et d'Allemagne. CM
Décentralisation industrielle et développement urbain en Inde mis en perspective avec des études de cas en Asie du sud-est et du sudCe projet MOST a été lancé lors d'un colloque organisé à l'Institut français de Pondichéry en septembre 1996. Son objectif consiste à étudier simultanément l'industrialisation et l'urbanisation qui accompagnent le développement des petites et moyennes villes d'Inde et du Sri Lanka suivantes : Gujarat, Uttar Pradesh, Tamilnadu, Maharashtra et les périphéries de Delhi et de Colombo.Dans sa 23e édition des Documents de Pondy en sciences sociales, l'Institut français de Pondichéry a publié les résultats du colloque et les principaux thèmes de débat sur le projet de recherche, les contributions des participants et une bibliographie générale sur ces problèmes.
Etablissement de réseaux entre les communautés des régions polaires (Projet CCPP)Le premier symposium CCPP a été organisé par l'Association de sociologie arctique et l'Université de Tromsö en Norvège dans le but de lancer des activités pilotes concernant les stratégies adoptées par les communautés de pêcheurs, de sylviculteurs et de mineurs pour faire face aux transformations globales qui les menacent. Le réseau CCPP étudie comment les changements dus à la mondialisation peuvent conduire les communautés à tenter de nouvelles formes de coopération, de réseaux et d'action collective, fondées sur la solidarité et les traditions d'entraide. En avril 1997, un deuxième symposium CCPP, qui s'est déroulé à l'Université de Roskilde, s'est penché sur les questions liées à la gestion communautaire des ressources nationales et sur les différences socioculturelles entre les communautés du cercle arctique. Les dynamiques économiques, technologiques et environnementales globales entraînent de nouvelles contraintes mais aussi de nouvelles possibilités de développement et de stratégies au niveau local. Deux autres rencontres sont prévues en 1997, la première en juin aux Iles Faeroe et la seconde en Islande en novembre.Directeurs de projet : Nils Arsaether, Université de Tromsö (Norvège) et Jorgen Ole Baeraenholdt, Université de Roskilde (Danemark). CM
Vers un développement durableUn séminaire d'experts sur le projet MOST "Vers un paradigme et une politique de développement durable : la durabilité, un concept de sciences sociales", a été organisé par l'Institut für sozialökologische Forschung (ISOE) à Francfort du 20 au 22 novembre 1996. Son but était d'achever la phase conceptuelle de ce programme de recherche financé par le ministère fédéral allemand de la Recherche et de la Technologie. L'ISOE a fait appel à des personnes ressources de haut niveau spécialisées en sciences sociales (Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Canada, Chine, Espagne, Etats-Unis, France, Inde, Japon, Nigéria, Pakistan, Pays-Bas, Royaume-Uni, Fédération de Russie), qui ont présenté des communications sur les positions actuelles et les perspectives du débat sur le développement durable.
La rencontre a débouché sur l'adoption d'une déclaration,
la constitution d'un réseau international de recherche
flexible et la production d'un document synthétique qui
paraîtra dans la série des Documents de politiques
sociales de MOST. En outre, la publication d'un texte sur
"La durabilité, un concept de sciences sociales",
qui inclura les seize rapports d'experts, est prévue pour
la fin de l'année 1997.
Afin de promouvoir la recherche en sciences sociales sur la durabilité,
des projets de recherche modèles, notamment dans une perspective
transculturelle et comparative, seront ébauchés.
Dans ce contexte, il convient d'étudier en priorité
les politiques adoptées par les pays industrialisés
pour contribuer à un changement global qui privilégie
des stratégies de développement durable, et, en
particulier, l'impact des politiques de durabilité dans
le Nord dans leur interaction avec la situation dans le Sud.
Une attention particulière doit être accordée
à :
Projet "Villes" : où en est-on?Le projet "Villes : Gestion des transformations sociales et de l'environnement" a maintenant un an. Il se développe comme prévu dans trois sites pilotes : Yeumbeul, dans la banlieue de Dakar au Sénégal, à Port-au-Prince en Haïti dans 15 bidonvilles, et à Sao Paulo au Brésil.A Yeumbeul, les associations partenaires sont : ENDA Tiers-Monde et trois associations d'habitants. Ont été engagées : des actions d'animation de quartier avec les jeunes ; la construction de trois bornes fontaines, de 30 puisards, de 20 latrines ; le soutien à 20 micro-entreprises animées par des femmes ; le PNUD, l'Union européenne et la Mission française de coopération ont apporté un soutien financier à l'action initiée par l'UNESCO ; un atelier de restitution de l'action a été tenu en mars 1997 rassemblant 14 maires et représentants d'associations du Sénégal, Mauritanie, Burkina-Faso, Mali, Cap-Vert et Côte d'Ivoire. A Port-au-Prince, les associations partenaires sont : GRET / Haïti et l'association SOLAM. Ont été engagées des actions d'amélioration des conditions de vie des habitants de 15 bidonvilles, notamment installation de comités d'eau et de bornes fontaines et des actions de formation des jeunes aux métiers de la plomberie, en coopération avec le Secteur de l'Education de l'UNESCO.
Au lendemain d'HABITAT II
LE CENTRE D'ECHANGE D'INFORMATIONSLe Centre d'échange d'informations MOST a ouvert un forum de discussion sur Internet auquel toutes les personnes intéressées par le Programme MOST et ses projets sont conviées à participer.
L'objectif du forum est d'animer le débat sur les thèmes
d'intérêt généraux de MOST et sur des
questions plus spécifiques telles que Les recommandations
éthiques en matière de recherche internationale
qui ont été récemment publiées. Pour accéder au forum, il faut se connecter à l'adresse WEB du Centre d'échange d'informations MOST : Si vous souhaitez être informé des activités et des nouvelles publications du Programme MOST, envoyez un message électronique à :
Dans le corps du message, tapez subscribe most-list. Vous
obtiendrez peu après un accusé de réception
automatique indiquant que vous avez été ajouté
à la liste des abonnés. Pour mettre un terme à votre abonnement, envoyez un message à la même adresse en tapant : unsubscribe most-list. Les publications proposées dans la liste d'envoi, dont La Lettre de MOST, seront en général directement consultables dans leur texte intégral sur le Centre d'échange d'informations de MOST à l'adresse suivante : http://www.unesco.org/most PdG
La Gouvernance : de quoi s'agit-il?Le concept de gouvernance est particulièrement pertinent pour un programme tel que MOST, qui vise à relier la recherche en sciences sociales et l'élaboration des politiques. C'est pourquoi, il a fait l'objet d'un symposium international, conjointement organisé par MOST, l'Université de Lausanne et la Commission nationale suisse pour l'UNESCO (Lausanne, Suisse, 29-30 novembre 1996). Y ont participé une vingtaine de spécialistes d'Europe, des Etats-Unis, du Mexique et de l'Inde, qui se sont penchés d'un point de vue théorique mais aussi pratique et fonctionnel sur ce concept de gouvernance dont on use et abuse.
La gouvernance est souvent employée en tant que synonyme
de gouvernement, ce qui est incorrect, comme l'ont démontré
les débats du symposium. Contrairement au gouvernement,
la gouvernance ne se caractérise pas par des structures
spécifiques, mais plutôt par un ensemble de procédures
et de pratiques qui la distinguent des formes traditionnelles
de gouvernement. Elle ne remplace pas ce dernier, mais le complète.
Elle s'est développée à l'origine dans le
contexte de la gestion des villes et est encore aujourd'hui la
plus effective en tant que mécanisme de décision
politique local et sectoriel. Elle est également tout à
fait de mise sur la scène mondiale, en tant que gouvernance
globale, quand elle s'applique à des domaines tels que
l'édification de la paix, les droits de l'homme ou l'environnement,
où il n'existe pas d'autorité hiérarchique
ni d'instances chargées de faire respecter les lois, et
où les problèmes spécifiques sont négociés
entre les diverses parties prenantes (dans ce cas, les Etats souverains
et les organisations internationales), une situation tout à
fait typique de la gouvernance. C'est depuis les années 1980, dans un contexte dit de crise de gouvernabilité, que le concept de gouvernance est apparu dans les pays comme une méthode de prise de décision efficace, plus apte que les modes de gouvernement traditionnels, hiérarchisés, à répondre à la complexité des problèmes et à la pluralité des parties prenantes publiques et privées qui participent aux décisions. En effet, compte tenu des incertitudes et des risques croissants qui affectent les sociétés modernes, la prise de décision exige une interaction renforcée entre l'Etat et la société, et une coordination horizontale entre les multiples agents sociaux - administrations publiques, entreprises privées, associations professionnelles et de bénévoles, syndicats, mouvements écologistes, etc. Ainsi, puisqu'elle permet de telles interactions, la gouvernance semble être le processus le plus approprié à la négociation, au compromis et à la prise de décision concernant des problèmes spécifiquement sectoriels ou locaux. Elle est d'autant plus séduisante qu'elle est démocratique, participative et est responsable de ses actes devant les parties prenantes. La tendance actuelle au dégraissage et à l'efficacité accrue de l'Etat et des administrations locales dans les pays occidentaux a généralement été inspirée par cette approche. Des organisations internationales comme la Banque mondiale et le PNUD encouragent des réformes institutionnelles de ce type dans les pays du Sud.
Toutefois, cette gouvernance aussi appropriée soit-elle
pour la prise des décisions aux niveaux local et mondial,
s'avère plus problématique à l'échelle
de la nation, de l'Etat. En effet, la prise de décision
parmi des parties prenantes qui forment une "communauté
de décideurs" a pour objet de résoudre des
problèmes sectoriels spécifiques, sans prendre nécessairement
en compte les intérêts du corps social dans son ensemble.
Quand elles participent à des négociations horizontales,
les administrations publiques ne sont que des parties prenantes
parmi d'autres, qui se concentrent sur des questions sectorielles
et renoncent à leur fonction, celle d'être au service
de l'intérêt général. Ceci équivaut
à une "privatisation" de l'autorité publique,
qui perd son statut politique distinct. La gouvernance, en fin
de compte, risque d'être une procédure par le biais
de laquelle certaines décisions sont exclues du processus
normal de la politique démocratique, représentative.
Elle ne peut remplacer des politiques à long terme, transsectorielles,
qui recouvrent des questions de dimension nationale, telles que
l'emploi, les problèmes urbains et l'éducation.
Les choix en matière de répartition équitable
des ressources de la société entre tous ses citoyens
appartiennent au domaine des politiques démocratiques,
dont la rationalité est distributive et dont la finalité
est l'équité, la solidarité et la liberté,
qui priment sur les préoccupations d'ordre pratique, telles
que l'efficacité. En conclusion, la gouvernance est une forme de prise de décision qui vient en complément du mode de gouvernement traditionnel et doit se subsumer sous des politiques démocratiques représentatives. AK Inspiré de "Governance and Science : Market-like Modes of Governing Society and Producing Knowledge", Ali Kazancigil. A paraître dans la Revue internationale des sciences sociales, n° 155, mars 1998.
Nouvelles des comités de liaison nationaux
MOST ET LA COOPERATION TECHNIQUERéunion conjointe UNICEF, UNESCO-MOST, PNUD, CNUEH, PNUE et Plan International sur La Ville Africaine Amie
des enfants
L'Assemblée métropolitaine d'Accra, l'UNICEF et
la CNUEH/Habitat ont organisé du 11 au 13 mars 1997 un
séminaire international sur les enfants pauvres des villes
africaines, en partenariat avec le Programme de gestion urbaine,
le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD),
le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), l'Organisation
des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
(UNESCO-Programme MOST) et Plan International.
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