|
Table des matières
HABITAT II Le Sommet Des Villes
(Istanbul, 3-14 juin 1996)
Vers la ville du XXIème Siècle
Venant après les Sommets de la terre (Rio, 1992), de la Population (Le Caire, 1994), du Développement social (Copenhague, 1995) et des Femmes
(Beijing, 1995), la Conférence des Nations Unies sur les
établissements humains (HABITAT II), aussi appelée Sommet des
villes , concentre dans le cadre urbain l'ensemble des questions
soulevées par la communauté internationale lors de ces
précédents rassemblements planétaires. En effet, la ville
apparaît aujourd'hui, pour le meilleur et pour le pire, comme un
laboratoire où se déroulent nombre des transformations sociales,
culturelles et technologiques actuelles.
L'urbanisation accélérée, une des principales tendances
lourdes de notre epoque présent dans toutes les régions du monde
même si, en Afrique et en Asie, la majorité des populations vivent
encore en zone rurale place la question urbaine au rang des grands
défis mondiaux. La croissance urbaine souvent incontrôlée
pose de redoutables problèmes aux autorités locales et aux
gouvernements, en matière de logement, d'infrastructures, de
santé, d'éducation, d'exclusion sociale et de violence.
Faut-il pour autant céder au découragement ? Faut-il accepter
ces évolutions, que certains discours catastrophistes qualifient
d'inévitables et d'irréversibles ? Ce serait admettre
l'inadmissible.
HABITAT II est l'occasion, pour la communauté internationale, de
prendre avec lucidité et détermination l'exacte mesure de la question urbaine et de se mobiliser pour bâtir la ville du prochain
siècle.
L'UNESCO travaille déjà dans ce sens ; elle est prête
à contribuer, dans ses domaines de compétence et à travers tous ses programmes, et notamment ceux qui concernent la gestion des
transformations sociales (MOST) et la culture de la paix, à la mise en
oeuvre du Plan d'action qui sera adopté à Istanbul.
Il s'agit de contribuer à l'édification d'une ville qui soit
lieu de civilisation, d'innovation, de convivialité, d'ouverture et de
mixité créatrice de toutes les diversités, sociales,
culturelles et ethniques. Une ville où la culture de la paix s'impose
à la culture de la violence, où règnent les droits de
l'homme, dans leur totalité et leur indivisibilité, à
commencer par le droit à un logement et à des conditions de vie
décente. Une ville qui ne porte pas tort aux campagnes avoisinantes et
à ceux qui y habitent d'où la nécessité de
promouvoir la qualité de la vie et les opportunités
d'activités rémunératrices dans les zones rurales. Une
ville qui ne pollue pas et qui ne dégrade pas l'environnement.
Souhaitons que la Conférence d'Istanbul permette l'avènement de
cette ville d'humanité, de culture, de citoyenneté et de
solidarité.
Federico Mayor
Directeur général, UNESCO
Les 11 et 12 octobre 1995, l'UNESCO a réuni une quarantaine de
spécialistes, représentants d'ONG, politiciens, responsables de collectivités locales et experts du développement, autour du
thème de la ville de la solidarité et de la citoyenneté.
Le dialogue qui s'est instauré au sein de ce groupe international et
interdisciplinaire préfigure le type de collaboration à mettre en
place pour faire de la ville du XXIème siècle un lieu de
solidarité, d'équité et de citoyenneté.
A la veille du Sommet de la Ville et au seuil du XXIème
siècle, solidarité et citoyenneté sont devenues les
pierres angulaires de la civilisation urbaine. Pendant la période de
transition que nous vivons actuellement, l'édification de la Ville de la
Solidarité et de la Citoyenneté ne réussira qu'à
condition d'affirmer la solidarité comme valeur fondamentale
de la démocratie et des droits de l'Homme, et la citoyenneté
comme vecteur d'une ville juste et humaine, c'est-à-dire un espace
où la liberté, la créativité et le plaisir peuvent
s'exprimer sans entraves. On trouvera plus loin les recommandations
adoptées par les participants à ce colloque international, ainsi
que des extraits de l'intervention d'Enrique Ortíz, qui illustre les
conceptions du programme MOST sur la Ville du XXIème siècle.
C.S.J.

Vues d'Istanbul
RECOMMANDATIONS POUR L'ACTION
* Favoriser des vues à long terme sur les nouvelles formes de
solidarité requises par la transformation de la société.
* Concevoir des stratégies d'action pour améliorer la
solidarité et la citoyenneté dans la ville du XXIème
siècle, en favorisant notamment le développement de
l'économie populaire urbaine, ainsi qu'une politique cohérente en
faveur de la création de nouveaux "champs d'opportunités" dans
les villes ;
* Trouver des axes de convergence entre les actions internationales et
l'expérience nationale et locale.
* Promouvoir des projets de recherche-action impliquant la participation des
citoyens à partir de leurs initiatives et de leurs savoir-faire en
matière d'environnement urbain
* Constituer des partenariats entre secteur public, secteur privé et
citoyens dans le domaine de la gouvernance pour l'innovation urbaine, puis
identifier, expérimenter, analyser, évaluer et faire
connaître les partenariats les plus réussis.
* Développer un processus d'apprentissage à partir d'initiatives
originales dans le domaine de la solidarité et de la citoyenneté,
en favorisant le recensement systématique des expériences, ainsi
que l'analyse cumulative et l'échange d'expériences et de
savoir-faire grâce:
- à des observatoires micro-sociaux ;
- à des observatoires des pratiques associatives qui contribuent
à tisser des liens civiques ;
- au recueil et à la diffusion des "Meilleures pratiques dans le domaine
de la solidarité et de la citoyenneté".
* Reconnaître l'utilité et l'applicabilité sur le plan
social de la recherche en sciences humaines et sociales.
* Assurer, grâce aux médias, une diffusion plus large des
résultats de la recherche appliquée en sciences sociales, afin de
permettre au grand public une meilleure compréhension des enjeux
sociaux.
* Clarifier les concepts et les mots usuels relevant du registre de la
ville.
* Développer des actions de formation, particulièrement dans le
domaine de l'"éducation à la citoyenneté", comprise comme
l'appropriation et l'exercice de tous les droits fondamentaux.
* Encourager les échanges entre les praticiens de la ville --
élus et acteurs sociaux -- et les universitaires.
* Organiser régulièrement des "assemblées urbaines de la
solidarité et de la citoyenneté".
* Créer une "Fête mondiale de la Ville", manifestation annuelle
mettant la citoyenneté à l'honneur.
* Utiliser le programme MOST de l'UNESCO (Gestion des transformations
sociales), instrument international adéquat pour la mise en uvre
des recommandations ci-dessus.
Humaniser la ville ne signifie pas seulement construire de larges
avenues bordées d'arbres, des passages souterrains, des parcs et des
lieux publics. Cela ne signifie pas seulement fournir un logement à
tous et doter la ville d' infrastructures efficaces, de bâtiments publics
et de transports en commun rapides. Humaniser la ville signifie avant tout
ouvrir des espaces où les habitants peuvent exprimer sans entrave leur
créativité et se distraire en toute liberté. Cela implique
de garantir à ceux qui s'approprient la ville la possibilité de
l'imaginer, d'y vivre, de l'apprécier et de la transformer. Comme le
souligne l'UNESCO dans le document écrit à l'occasion de cette
rencontre : "il faut remettre le citoyen au centre des choix et des
décisions, afin qu'il contribue à recréer la ville
plurielle, véhicule de culture".
Mettre la ville au service des individus exige que l'économie cesse
d'être au centre de nos conceptions en matière d'urbanisme et
d'éthique, comme elle l'est actuellement. Humaniser la ville signifie la
démocratiser au sens le plus large du terme, c'est-à-dire rendre
accessibles à tous les biens et les services produits par la ville, en
veillant à donner la priorité aux plus démunis,
c'est-à-dire aux enfants, aux femmes et aux groupes les plus
vulnérables de la société, comme les personnes
âgées et les handicapés. Cela implique aussi de renforcer
la démocratie représentative et d'ouvrir un champ plus large pour
l'exercice de la démocratie directe. Bref, humaniser la ville signifie
construire une citoyenneté en accordant aux habitants des droits
réels et en leur permettant l'exercice de leurs
responsabilités.
Dans le cadre de la préparation de Habitat II, certains pays
réclament que la conférence adopte comme orientation fondamentale
le principe du droit au logement. A ce stade, il devient nécessaire de
pousser plus loin la réflexion et de rechercher le sens profond dans
lequel ce droit s'enracine. Il s'agit du droit pour les êtres humains --
comme pour toutes les espèces de notre planète -- à avoir
un lieu de vie. Ce droit inaliénable est indissociable du droit à
la vie, dans ses aspects spirituels autant que matériels.
C'est ce droit, qui va bien au-delà de la législation et des
programmes gouvernementaux, qui constitue le lien entre les autres droits et
libertés proposés dans le texte du Traité adopté
par le Sommet mondial de Rio pour le plein exercice de notre citoyenneté
et l'humanisation de nos villes. Le droit à avoir un lieu où
vivre dignement et en paix ; la liberté de choisir ce lieu et comment
l'habiter ; le droit civil de s'organiser pour traduire ce droit dans la
réalité ; le droit politique de participer à l'orientation
des politiques et des outils que l'Etat met en place pour l'urbanisme et le
logement ; tous ces droits amènent à évoquer les droits
économiques, sociaux et culturels qui sont menacés et que de
nombreux pays tendent à nier. Il apparaît ainsi que les droits de
l'Homme sont tous interdépendants et indivisibles.
L'UNESCO peut jouer un rôle essentiel dans ce combat universel pour la
citoyenneté et pour l'humanisation de nos lieux de vie. Ses efforts dans
le domaine de la culture, de l'éducation et du développement
social ouvrent un vaste champ d'action pour l'affirmation -- dans toutes les
régions du monde -- des principes et des voies à suivre pour
garantir le droit au plein exercice de notre citoyenneté, vecteur
d'humanisation de nos villes.
Enrique Ortíz
Secrétaire-Général de la
Coalition Habitat International
Mexico, D.F.
Revue internationale des sciences sociales,
Numéro spécial pour Habitat II (n° 147), mars
1996
Villes de l'avenir : la gestion des transformations sociales
(anglais, français - russe, arabe, chinois) Rédacteur
en chef : David Makinson
JORGE WILHEIM, Introduction : les problèmes de la ville
dans une période de transition
La ville planétaire
PETER HALL, La ville planétaire
YUE-MAN YEUNG, Un point de vue asiatique sur les géopoles
La ville pluriethnique et multiculturelle
PAUL WINSTONE, La gestion d'une ville pluriethnique et multiculturelle
en Europe : Leicester
A.A. LAQUIAN, Villes pluriethniques et multiculurelles : un
point de vue asiatique
La ville éclatée
T.P.R. CALDEIRA, Un nouveau modèle de ségrégation
spatiale : les murs de São Paulo
MICHAEL SUTCLIFFE, La ville éclatée : Durban,
Afrique du Sud
Démocratie et gouvernance de la ville
A. RODRIGUEZ et L. WINCHESTER, Ville, démocratie et
gouvernance en Amérique latine
JORDI BORJA, Ville, démocratie et gouvernabilité
: le cas de Barcelone
Ecologie urbaine
MICHAEL COHEN, Habitat II et le défi de l'environnement
urbain : pour un rapprochement des deux définitions de
l'habitat
F. RUTELLI, Interview : Rome, ville durable
Les défis de la recherche urbaine
RICHARD STREN, La recherche urbaine et ses chercheurs dans
les pays en développement
MARIO LUNGO, Les défis de la recherche urbaine : le
cas de l'Amérique latine
Perspectives
C. JACHS-JEANTET, Humaniser la ville
Disponible auprès de :
EDITIONS ERES,
11 rue des Alouettes
31520 Ramonville Saint-Agne, France
Si l'on se place du point de vue de la gouvernance, on se rend
compte que le gouvernement local institutionnalisé ne représente
pas à lui seul le gouvernement de la ville, dans lequel
jouent aussi un rôle parfois déterminant, des coalitions
regroupant différents acteurs sociaux, le secteur privé,
d'autres instances gouvernementales aux niveaux national et international,
et les institutions qui les représentent.
Alfredo Rodriguez
Revue internationale des sciences sociales, n° 147, mars 1996
(Istanbul, 3-14 juin 1996)
DES RENCONTRES :
- Le débat 8 du Sommet de la Ville sur le thème
"Citoyenneté et démocratie dans la ville du XXIème
siècle" (7 juin 1996) ;
- Une table ronde sur la "Revitalisation des centres-ville" (6 juin 1996) ;
- Une table ronde pour la Journée des Jeunes (9 juin 1996).
DES EXPOSITIONS :
- La revitalisation des centres-ville
- L'architecture vernaculaire (présentée également au siège de l'UNESCO, place de Fontenoy, Paris)
- 16 films-vidéo sur l'architecture vernaculaire en Afrique
L'Organisation apporte en outre son soutien aux manifestations suivantes :
- Débat 1 : "A quoi ressembleront les villes au XXIème
siècle" (4 juin 1996) (Centre du patrimoine mondial et Unité de
l'architecture pour l'éducation)
- Débat 3 : "De l'eau pour les villes qui ont soif" (5 juin 1996)
(Science/Hydrologie)
- Débat 6 : "Le territoire et les relations entre la ville et la campagne
dans le futur", (4 juin 1996) (Sciences écologiques/MAB)
- Débat 9 : "Communications des villes et media dans la
société de l'information" (10 juin 1996) (Communication)
DES PUBLICATIONS
- Vers la ville de la solidarité et de la
citoyenneté
par Céline Sachs-Jeantet, 1996 (anglais, espagnol,
français)
No 3 des Documents de politiques sociales de MOST
- La gestion des transformations sociales dans les villes - Un défi pour les sciences sociales,
par Céline Sachs-Jeantet,
1995 (anglais, espagnol, français)
No 2 des Contributions thématiques de MOST
- La recherche urbaine en Amérique latine - Tendances
actuelles et recommandations,
par Licia Valladares, 1995 (anglais,
espagnol, français)
No 4 des Contributions thématiques de MOST
- Revue internationale des sciences sociales
Villes de l'avenir : la gestion des transformations sociales
Numéro spécial pour Habitat II (No 147), mars 1996
- Les libertés de la ville, sous la direction de Emile
Malet et Hervé Le Bras,
Editions Passages/Editions UNESCO, 1995
- Construire pour la paix. Des abris pour la guerre, des maisons pour la paix,
par Alain Hays et Silvia Matuk, Editions Alternatives/Editions
UNESCO, 1995
- Nature & Ressources : numéro spécial sur les
villes (volume 32, No 2, 1996)
- "Pour une ville solidaire" dans URBANISME, le magazine international de la ville, No 286, janvier-février 1996.
Le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Bénin,
l'Argentine, le Brésil, la Pologne, la Bulgarie et la Suisse participent
à ce projet, qui se propose d'analyser les questions liées
à l'environnement dans les villes moyennes, sachant que l'analyse des
relations entre les sexes est essentielle pour comprendre les
différentes conséquences des problèmes d'environnement,
ainsi que les transformations sociales nécessaires pour les
résoudre en remontant à leur cause. Une analyse critique de la
planification intégrant des critères de sexe et des concepts
d'autonomie, de développement viable et d'éco-féminisme
révèle leurs limites : soit ils ne permettent pas de mettre en
cause le modèle actuel de développement, car les relations entre
les sexes autant que les questions d'environnement impliquent des relations de
pouvoir, qui interdisent tout questionnement ; soit ces théories
idéalisent les relations entre la femme et la Nature, sans analyser les
causes sociales et historiques des problèmes, et tout en attribuant
à l'homme et à la culture la responsabilité de tous les
maux ; ou encore, elles omettent de relier la théorie et la pratique
sociale, ce qui est dû principalement à une absence de
communication entre chercheurs, associations locales et autorités.
Les thèmes et propositions guidant cette recherche sont les suivants :
- l'environnement dans les villes moyennes
- la prise en compte des différences de points de vue selon les sexes
-une étude comparative des problèmes d'environnement (ou autres), qui sont prioritaires pour les villes étudiées
- une attention particulière à leurs conséquences sur la santé publique
- une étude des mouvements associatifs et de leur fonctionnement
à la lumière de l'autonomie croissante des femmes, afin de
susciter une réflexion sur les possibilités de modifier les
relations entre les sexes et les relations sociales en général.
A long terme, ce projet aura pour conséquences :
- l'élaboration de matériel éducatif pour
différents niveaux d'enseignement,
- la création de séminaires réguliers de formation en université, à raison d'un établissement au moins par
région ayant participé au projet : post-formations pour
chercheurs et projets de recherche sur ce thème, afin de favoriser chez
ceux qui travaillent dans le domaine du développement et chez les
chercheurs en général une meilleure prise de conscience de
l'importance des questions relatives à la différence entre les
sexes dans le domaine des transformations sociales,
- l'organisation et l'animation, dans une institution par région, d'un
groupe de travail chargé de développer la recherche et la
formation dans le domaine des technologies concernées,
- une meilleure connaissance des problèmes d'environnement dans les
villes.
Le projet MOST " Vers des villes socialement viables :
édification d'une base de connaissances pour la gestion urbaine "
est coordonné par Mario Polèse de Villes et Développement
à Montréal, Richard Stren du Centre for Urban and Community
Studies (Centre d'études des villes et des communautés) de
l'Université de Toronto et du GUPI (Global Urban Research Institute), en
collaboration avec Diana Lee-Smith de l'Institut Mazingira de Nairobi, l'ARNUM
(African Research Network for Urban Management), Mario Lungo de
l'Université d'Amérique centrale de San Salvador et la FLACSO
(Facultad Latinoamericana de Ciencias Sociales).
Ce projet est financé par le MOST, les gouvernements du Canada et du
Québec et l'UTO (United Towns Organisation).
Le fil conducteur du projet peut être formulé ainsi : Pour bien
gérer une ville, il faut adopter des politiques ayant pour objectif la
"viabilité sociale". Dans le contexte de la ville, la viabilité
sociale se définit comme un développement compatible avec
l'évolution harmonieuse de la société civile,
c'est-à-dire créant un cadre favorable à la participation
de groupes culturels et sociaux divers, tout en encourageant
l'intégration sociale et en amenant une amélioration des
conditions de vie de toutes les composantes de la population.
Le projet repose sur une démarche comparative internationale à
laquelle participent différentes institutions. Les douze villes retenues
pour cette étude sont les suivantes :
- en Amérique du Nord : Montréal et Toronto,
- aux Etats-Unis : Baltimore et Miami,
- en Europe : Genève, Randstad, Lyon et Vienne,
- en Amérique latine : Saõ Paulo et San Salvador,
- en Afrique : Nairobi et Le Cap.
Un atelier s'est tenu à Montréal et Toronto en octobre 1995 ; douze équipes représentant chacune des villes
considérées y ont participé. Les discussions ont
porté sur les thèmes suivants :
- logement et territoire,
- infrastructures et services municipaux,
- politiques culturelles et sociales,
- transports,
- emploi, économie et gestion,
- gouvernance.
Il est apparu que chacune des villes avait ses propres défis à
relever dans le domaine de la viabilité sociale :
- à Toronto, un taux important de résidents nés à l'étranger,
- à Saõ Paulo, San Salvador ou Le Cap, des
inégalités sociales criantes et une forte
ségrégation,
- à Baltimore, une polarisation spatiale croissante entre les centres et
les périphéries.
Par ailleurs, Saõ Paulo, San Salvador et Nairobi sont loin
en-deçà du seuil de la viabilité sociale.
Il a été décidé au cours de cet atelier d'organiser
des études comparatives, de construire un réseau,
d'élargir ceux parmi les thèmes énumérés
ci-dessus qui sont liés à des questions d'environnement et
à des critères de sexe, et de collaborer avec les travailleurs
sociaux, les ONG et les décideurs à l'échelon municipal.
Une brochure est prévue pour la Conférence HABITAT II et un livre
est en cours de préparation.
La prochaine réunion se tiendra à Genève en octobre 1996
avec le soutien actif du gouvernement suisse (Centre de Genève). Le
gouvernement suisse finance également le travail d'un certain nombre de
groupes de recherche et le Conseil canadien a alloué une somme de 25.000
dollars pour ce projet MOST.
Ce projet porte sur les modes d'expression relatifs à la ville et
à sa vie. Il s'agit d'un projet à long terme, fondé sur la
comparaison entre les langues et au sein d'une même langue. Il est
coordonné par Francis Godard du PIR Villes.
Les huit réseaux urbains de différentes régions couvrent
huit groupes linguistiques : arabe, chinois, anglais canadien, anglais
britannique, anglo-américain, hindi, ourdou, anglais de la
péninsule indienne et du sud asiatique, italien, japonais, russe,
espagnol, latino-américain et portugais.
Il n'a pas pour objectif de traduire les termes "mot à mot", de dresser
une table des équivalences entre les termes et concepts employés
dans différentes langues ou de constituer un thésaurus, mais
d'identifier les termes évoquant les réalités urbaines en
les situant dans leur contexte, afin de les comparer.
Les chercheurs distinguent quatre niveaux :
- le vocabulaire populaire,
- le vocabulaire savant (utilisé en géographie,
statistiques sociales, sociologie et urbanisme),
- le vocabulaire administratif,
- le vocabulaire technique.
Dans la phase actuelle, les chercheurs étudient :
- le type de mots que la ville évoque, tels que mégalopoles,
banlieues, quartiers, voisinage,
- les environnements spécifiques : bas quartiers ; favelas et barrios
comme espaces de proximité.
La première phase des travaux sera conclue par une publication en
français et en anglais, présentant les correspondances
linguistiques entre les champs sémantiques de chacune des langues
retenues.
Le réseau a organisé une rencontre à Paris en octobre 1995.
Le Ministère français des Affaires étrangères
apporte également sa contribution à l'élaboration d'un
glossaire en français, anglais, arabe et hindi, destiné aux
décideurs dans le domaine économique et commercial.
Le PIR Villes a préparé un dépliant pour présenter
ce projet à la Conférence HABITAT II qui se tiendra à
Istanbul en juin 1996.
Participent à ce projet des équipes de
l'Université Jawaharlal Nehru, de l'Université d'Amsterdam, de
l'Institut français de Pondichéry et du Centre d'Etudes de l'Inde
et de l'Asie du sud du CNRS.
L'industrialisation décentralisée, reconnue pour sa
compétitivité par rapport au modèle classique
d'industrialisation centrée sur les villes, peut se
révéler plus apte à stimuler les initiatives locales et
à permettre un développement plus équilibré. Ce
projet vise à réaliser une analyse comparative des processus
socio-culturels et économiques qui favorisent la croissance industrielle
dans les villes de petite et moyenne importance et de l'intégration
verticale de ces villes dans les systèmes de production nationaux et
internationaux en Asie.
Cette initiative scientifique résulte des efforts conjoints de trois
équipes de recherche nationales (indienne, néerlandaise et
française). Ce réseau de recherche va tenter de se
développer en entrant en relation avec d'autres réseaux.
La stratégie et les grandes lignes du projet montrent
l'intérêt et les objectifs de l'approche à plusieurs
niveaux qui est préconisée :
* d'abord, pour comprendre, au niveau local, les processus qui ont
suscité l'apparition d'une industrialisation décentralisée
et étudier les formes d'urbanisation et les changements sociaux qui en
ont résulté ;
* ensuite, pour évaluer les conséquences locales des politiques
macro-économiques et de la globalisation des marchés et de la
technologie, ainsi que des nouvelles formes d'intégration
économique et d'urbanisation qui en découlent.
Un certain nombre de questions essentielles à la compréhension du
processus de l'industrialisation décentralisée et de son
intégration dans les économies régionales, nationales et
internationales, seront étudiées :
Certains modes d'organisation (par exemple la sous-traitance) facilitant le développement économique :
- le contexte politique et administratif, les structures sociales et leur
degré de dynamisme,
- l'intégration de petites unités urbaines au sein de
réseaux économiques plus vastes,
- les avantages comparés de différentes petites entreprises par
rapport à leurs capacités d'innovation et leurs facultés
d'adaptation face à l'évolution de la demande,
- l'incidence plus ou moins grande de la fragmentation de la main-d'uvre
(selon des critères de sexe ou d'appartenance ethnique notamment) et de
sa vulnérabilité sur ces nouvelles opportunités
économiques.
Les avantages comparatifs d'un nouveau raisonnement économique
préconisant la décentralisation de la prise de décision en
faveur d'agents publics et privés (par rapport à des structures
plus lourdes ou plus centralisées combinées à une forte
concentration urbaine, comme on en trouve dans de nombreux pays en
développement).
La première phase de recherche intensive du projet comprend
l'étude des situations suivantes :
- la variété des différences économiques et
régionales de six villes indiennes petites ou moyennes, industriellement
développées,
- le processus de croissance spécifique à la
périphérie de deux métropoles du sud asiatique,
- les traits marquants d'un échantillon de villes à la croissance
rapide dans le sud et le sud-est asiatique.
Un certain nombre de documents et de contributions, ainsi que des comptes
rendus techniques et des rapports de police seront publiés
régulièrement et largement diffusés :
- des rapports annuels, complétés par un document plus
substantiel à l'issue des trois premières années du
projet,
- des documents de travail et des articles de revues internationales, rendant
compte des ateliers et séminaires organisés
périodiquement,
- des rapports techniques, intermédiaires et finaux, centrés sur
des thèmes pertinents en matière de politiques, qu'il s'agisse de
questions d'intérêt local ou plus général ;
- enfin, des conférences internationales pour comparer les
différents résultats du projet et envisager son éventuel
développement.
Le programme de Gestion des transformations sociales (MOST) et
l'Institut d'Etudes avancées de l'Université des Nations Unies
(Tokyo) préparent, à l'intention des spécialistes des
villes et des praticiens, une série de séminaires de formation
régionaux sur des thèmes intéressant les mégapoles,
tels que la gouvernance, la participation, la citoyenneté, ainsi que des
questions de nature sociale ou économique ou encore relatives aux
infrastructures.
Le premier séminaire, qui aura lieu à l'automne 1996, sera
consacré aux mégapoles asiatiques. Les séminaires des
années suivantes seront consacrée à d'autres
régions, comme l'Amérique latine et l'Afrique.
Ce cycle de séminaires est financé, du côté de MOST,
par les fonds-en-dépôt japonais pour la coopération entre
l'UNESCO et l'UNU, ainsi que par des fonds de l'Institut d'Etudes
avancées de l'UNU.
L'UNESCO a lancé un projet de recherche-action sur six ans, de
1996 à 2001, intitulé : "Les villes : gestion des transformations
sociales et de l'environnement". Les quatre premières années
serviront à la conception et à la mise en uvre d'un petit
nombre d'activités-pilotes. Les deux dernières années
(2000-2001) seront consacrées à une évaluation comparative
de ces expériences et à la mise au point de propositions visant
à améliorer les politiques de la Ville, en particulier dans le
domaine de l'aide aux communautés locales dans le cadre de la gestion
urbaine.
Ce projet, qui s'articule sur deux programmes de l'UNESCO, MOST (Gestion des
transformations sociales) et MAB (l'Homme et la Biosphère), sera
réalisé en partenariat avec les autorités locales, les ONG
et le tissu associatif. La coopération avec des organisations
internationales et des communautés scientifiques est activement
recherchée.
Ce projet reposant, pour sa partie expérimentale, sur un travail de
terrain, il cherche à associer les sciences sociales et les sciences
naturelles.
L'approche "sciences sociales" s'orientera principalement vers la lutte contre
les formes d'exclusion sociale, et contre la violence dans les villes, la
toxicomanie, la délinquance, l'exploitation des enfants et la
discrimination à l'égard des femmes ; elle tentera de promouvoir
la solidarité sous toutes ses formes et la participation des citoyens
à la lutte contre ces formes de dysfonctionnements sociaux. L'approche
"sciences naturelles" mettra l'accent sur les questions écologiques, la
ville étant considérée comme un écosystème.
A côté des aspects sociaux de la vie urbaine, elle introduira les
aspects physiques, chimiques et biologiques, tels que les problèmes
liés à l'eau et à la purification des déchets
urbains, la destruction des espaces verts ou leur absence, le
délabrement de l'environnement construit, la dégradation des
zones côtières en raison de la croissance des villes, les risques
industriels en milieu urbain et la pollution atmosphérique.
La pertinence de ce projet apparaît à la lumière de
l'observation suivante : la protection et le fonctionnement de la ville exigent
la consommation d' "objets" qui, par le développement des formes de
représentation et des politiques sociales, deviennent des biens
collectifs, appartenant au patrimoine commun. C'est le cas non seulement pour
l'eau, l'air et le sol par exemple, mais également pour la santé,
le silence, le contexte architectural et la sécurité. Le mode de
production et de fonctionnement adopté par la ville détermine la
consommation, la transformation et la détérioration de ces biens
publics et ce processus modèle et crée à son tour
l'environnement urbain.
Ce mode de transformation et de consommation repose sur un cadre
juridique et financier, sur des outils techniques et surtout sur des acteurs,
parmi lesquels les habitants des villes.
L'objectif du projet est d'"encourager des initiatives visant à
améliorer la qualité de la vie et à promouvoir l'exercice
de la citoyenneté en milieu urbain".
Ce programme n'est par conséquent ni un projet de gestion urbaine, ni un
programme de recherche pure. Il est orienté vers l'action et repose sur
certains critères de choix. Il devrait également constituer une
base pour le partenariat entre associations de quartier, municipalités,
la communauté scientifique et les médias, l'impulsion
étant donnée par l'UNESCO. Il sera mené à bien
grâce à des études de cas, dont on tirera les
leçons, et permettra de constituer le noyau d'un nouveau réseau
d'acteurs sociaux.
Les sites de ces activités-pilote seront sélectionnés en
accordant la plus grande importance aux critères suivants pour le choix
des projets :
- un territoire bien délimité comme lieu d'implantation de
l'activité,
- un territoire disposant déjà d'un tissu associatif local,
- des actions en cours bénéficiant du soutien d'une
communauté d'habitants,
- des activités se situant à l'intersection entre les secteurs
écologique, économique, social, psycho-social et de la
santé, et qui pourraient par exemple être centrées sur :
1) la relation entre l'eau et les femmes : aides pour l'installation de bouches
d'incendie par des femmes chefs de famille,
2) la relation entre la dégradation des zones construites et les jeunes
des villes : aides pour la réparation de trottoirs par des jeunes
pré-délinquants et des enfants des rues,
3) la relation entre le nombre des ménages et la quantité de
déchets ; aides pour des micro-projets générateurs de
revenus (recyclage des déchets, cultures maraîchères),
financés grâce aux crédits tournants de la
communauté.
- l'adoption de stratégies interactives pour :
- le renouvellement de l'environnement urbain,
- le développement de l'économie locale,
- l'amélioration du niveau de vie des habitants.
Ces stratégies reposent sur l'hypothèse que l'estime de soi passe
par l'estime du groupe pour lui-même, celle-ci résultant à
son tour du respect pour un élément de l'environnement urbain
(par exemple une rue, une place, un fleuve, etc.), s'exprimant par sa
rénovation
- le partenariat entre le réseau associatif et le gouvernement local,
- la mise en uvre, parallèlement aux actions menées, d'un
processus de formation pour les responsables locaux et les fonctionnaires
municipaux,
- le soutien à une action sur le terrain et à un processus de
formation par une communauté locale et une ONG du nord afin de renforcer
les liens sud-nord et nord-sud,
- le suivi de l'action et du processus de formation des acteurs locaux par le
partenariat avec des instituts de recherche locaux,
- l'accompagnement de ces activités par l'information, grâce aux
media et à la radio,
- la mise en place de réseaux regroupant les différents acteurs
sociaux dans les deux activités-pilote afin de favoriser la
création de réseaux sud-sud,
- le suivi et l'évaluation de chaque activité par un
réseau de chercheurs en sciences naturelles et en sciences sociales afin
de tirer les enseignements du travail sur le terrain et de déterminer ce
qui marche et ce qui ne marche pas et pour quelles raisons, comment cela
marche, ce qui change et ce qui ne change pas, les obstacles rencontrés
ou au contraire les facteurs favorables. La présence en permanence de
chercheurs sur le terrain où se déroule l'activité
permettra d'apporter des réponses à ces questions.
Haïti/Port-au-Prince, quartiers cité-soleil, Sous-Fort,
Caridad
Parmi les 1,3 millions d'habitants que compte la capitale
haïtienne, plusieurs milliers d'enfants de 7 à 18 ans sont sans
foyer, voire sans abri, et le nombre de familles susceptibles de les accueillir
va en diminuant. Ces enfants se constituent en petits groupes qui vivent dans
la rue, dans un environnement de violence où ils développent des
mécanismes de survie.
Devant cette situation, les habitants du quartier du Cimetière, qui font
partie d'une Association pour les Enfants des Rues, ont créé un
Centre d'Education Populaire pour tenter d'intégrer ces enfants par le
biais d'une approche communautaire.
Cette association propose de soutenir les initiatives de groupes de jeunes
(dans leurs quartiers respectifs), qui ont entrepris des actions
d'appropriation de l'espace : travaux de réparation des routes et des
trottoirs, actions de nettoyage et recyclage des déchets. Elle
suggère, afin d'accompagner ces initiatives locales, de lancer des
sessions de formation pour les cadres municipaux et les travailleurs sociaux,
ainsi que des campagnes d'information en Haïti et à
l'étranger. L'idée-maîtresse de cette action serait
l'éducation à la citoyenneté et à la
démocratie dans la ville. La Cimade et l'Association Partage
France-Haïti pourraient s'y associer, ainsi que les Foyers Maurice Sixto,
le GDR (Groupe Recherche Développement), une ONG
spécialisée dans le recyclage des déchets urbains,
l'Association des volontaires au Progrès et le Groupe de Recherches et
d'Echanges Technologiques (GRET). L'université Quisqueya de
Port-au-Prince pourrait être associée par le biais du
réseau ENVIL. Les villes de Toulouse, Bordeaux et Montréal, qui
ont des activités de jumelage avec Port-au-Prince pourraient être
sollicitées. Enfin, le Centre de Formation du Personnel communal,
l'Association pour la formation et le perfectionnement des gestionnaires des
collectivités territoriales francophones, l'Association
Démocratie, les instances éducatives locales et la Fondation
haïtienne pour les collectivités locales pourraient
également s'engager dans cette entreprise.
Sénégal/Pikine (banlieue de Dakar)/quartier de Yeumbel
Yeumbel est un quartier situé à la
périphérie de la commune de Pikine, dans la banlieue de Dakar.
Etant donné la situation géographique de Dakar (une
péninsule), Pikine, située au nord-est du centre-ville de Dakar,
est l'une des deux municipalités (l'autre étant
Guédiawaye) à avoir subi les conséquences de la croissance
démographique de la ville.
Yeumbel (dans l'agglomération de Pikine), à l'origine "village"
traditionnel, est devenu un quartier ouvrier de la grande banlieue. La plupart
de ses 7000 foyers ne disposent pas d'eau courante potable et certaines parties
du quartier restent à l'écart du circuit de collecte des ordures
ménagères.
Etant donné le chômage qui touche la majorité de la
population et particulièrement les jeunes en fin de scolarité,
les habitants de ce quartier s'efforcent en permanence d'améliorer leurs
conditions de vie pour les rendre plus dignes et moins précaires. Leur
action repose sur l'entraide et sur le soutien apporté par des groupes
de solidarité tels que organismes de crédit caisses
d'épargne, groupes pour le développement des femmes, associations
culturelles et sportives, etc.
L'association ENDA s'apprête à lancer à Yeumbel un projet
participatif de recherche-action concernant des initiatives de
développement local émanant principalement de femmes. La
démarche retenue consiste à faire participer les groupes
concernés, ainsi que d'autres partenaires locaux (tels que la commune,
le quartier, les services médicaux et de santé) à
l'identification, à la planification, au financement, à la mise
en uvre, au suivi et àl'évaluation des activités
à mener dans le quartier, comme par exemple :
- l'amélioration de la santé publique et de l'environnement du quartier par la construction de toilettes et de puits équipés de
filtres dans les secteurs qui n'en disposent pas, l'installation de points
d'eau et la collecte et le recyclage des ordures ménagères,
- l'amélioration des conditions de vie des groupes les plus
démunis en apportant un soutien à des micro-projets
générateurs de revenus (recyclage des déchets, cultures
maraîchères, etc.) et à des entreprises
d'intérêt commun (crédit tournant, campagnes de
vaccination, etc.).
Selon le même principe qu'en Haïti, des partenariats
multi-institutionnels, comprenant des ONG du nord, des villes et des
universités, pourraient être constitués pour
compléter le soutien qu'apporte l'UNESCO à ces actions.
GDC
Préparer la ville du XXIème siècle
L'UNESCO, qui mène déjà des actions
spécifiques dans le domaine des aspects sociaux, culturels et
écologiques de la vie urbaine, va également apporter son soutien
au suivi de HABITAT II, en développant la recherche, la formation et la
diffusion de l'information, ainsi qu'en lançant des projets-pilote
relatifs à la gestion de la ville et de son environnement.
Les contributions les plus significatives de l'UNESCO sont les suivantes :
- le programme MAB (l'Homme et la Biosphère) a réalisé
pendant plus de vingt ans, des années 1970 à 1990, des
études originales sur les villes en tant qu'écosystèmes
;
- le PHI (Programme international d'Hydrologie) étudie les
problèmes de l'eau dans les villes ;
- le Centre du Patrimoine mondial de l'UNESCO a décidé d'inclure
des villes dans la Liste du Patrimoine mondial ; il a créé en
1991 à Québec un réseau de villes du patrimoine mondial et
depuis, le Guide international pour la Gestion des Villes historiques est
devenu un outil indispensable pour les municipalités lorsqu'elles
élaborent leurs politiques locales pour la protection des centres
historiques dans le cadre du développement urbain ;
- dans le contexte des campagnes internationales pour la préservation
des villes, l'UNESCO a lancé plusieurs appels à la
communauté internationale pour la restauration de monuments historiques
et d'édifices de villes historiques comme Carthagène ou Fez ;
- des centres historiques endommagés par des catastrophes naturelles ou
par la guerre, comme Beyrouth ou Sarajevo, bénéficient de
programmes de réhabilitation et de revitalisation ;
- des programmes de promotion pour l'architecture vernaculaire et l'habitat
traditionnel, ainsi que des ateliers pour apprendre aux habitants de
régions pauvres à construire par eux-mêmes avec des
matériaux locaux, reçoivent le soutien de la Coopération
internationale technique, d'ONG ou d'universités, comme dans les villes
historiques de Mauritanie ou dans la banlieue de Guadalajara ;
- une rencontre de décideurs sera organisée en 1997 entre les
maires de quelque huit mégapoles dans le cadre du projet
transdisciplinaire "Education et Information en matière d'Environnement
et de Population pour le Développement ". Y assisteront les
représentants des Agences des Nations Unies concernées, des ONG
et des mouvements de volontaires, ainsi que des instituts de recherche ;
- un programme d'éducation informelle "Enfants des rues" apportera son
soutien à des ONG dans la perspective de la réinsertion sociale
des enfants ;
- un programme interrégional d'éducation, visant à
l'éradication de la violence dans les villes, est
développé dans les écoles par l'intermédiaire du
réseau des écoles associées, et fait partie
intégrante du programme Culture de la Paix ;
- un nouveau programme va être lancé pour former les jeunes
responsables du recyclage des ordures et des déchets ménagers,
sans oublier le programme pour le sport dans les villes ;
- outre les projets-pilote évoqués ci-dessus, un programme de
formation est prévu à l'intention d'acteurs de la ville comme les
architectes, les urbanistes, les travailleurs sociaux, les techniciens et
gestionnaires municipaux, ainsi que les maires et les autorités
régionales ;
- un Centre d'échange d'informations MOST sur la recherche dans le
domaine des villes a été créé sur Internet, cet
outil étant destiné à améliorer et
accélérer la communication et l'information entre chercheurs et
institutions spécialisées ;
- une base de données MOST sur Internet donnera des informations sur les
meilleures pratiques sociales issues d'expériences menées sur le
terrain dans le cadre de la lutte contre l'exclusion sociale et culturelle, la
pauvreté et la violence dans les villes.
Une politique de communication pour les urbanistes, les fonctionnaires, les
enseignants, les journalistes, les spécialistes des médias et les
organisations de citoyens a été définie.
En outre, un Prix UNESCO des Maires pour la Paix est en cours de
préparation. Il mettra l'accent sur des actions particulières
entreprises par des municipalités du monde entier pour
l'amélioration des conditions de vie dans les villes en respectant la
diversité culturelle et ethnique, et pour la promotion de la
citoyenneté et de la solidarité.
B.C.

Humaniser la ville
Le Sommet de la Ville comprend de nombreux aspects. Il est difficile de
répondre à certaines questions telles que : comment
améliorer la gouvernance et le financement des habitats humains ?
Quelles politiques adopter pour améliorer les conditions de vie des
individus, des familles et des communautés les plus pauvres ? Comment
garantir des conditions d'hygiène minimum dans les zones urbaines, tout
en évitant sur le long terme des conséquences néfastes
pour l'environnement ? Peut-on garantir, à une échéance
donnée, un logement décent pour tous ? Que faire pour
atténuer les conséquences des catastrophes naturelles et des
guerres ? Peut-on briser le cycle fait de privations, conflits,
dévastations et échecs en matière de développement ?
Boutros Boutros-Ghali,
Secrétaire-Général des Nations-Unies
La mondialisation de l'économie a transformé le monde,
mettant l'Etat et les acteurs de la scène internationale face à
un défi : définir leur nouveau rôle dans les domaines
économique, social et politique. La gestion économique et sociale
sous la responsabilité exclusive du pouvoir centralisé de l'Etat
a fait son temps, mais à l'opposé, l'idée d'un Etat
dévitalisé et impuissant est injustifiable et sans fondement.
Dans le cadre de son troisième thème, qui concerne l'adaptation
des stratégies locales et régionales aux transformations
économiques, technologiques et environnementales globales, le programme
MOST cherche à renforcer le besoin de promouvoir des connaissances
scientifiquement fondées et pertinentes pour l'élaboration des
politiques sur les relations entre les processus d'urbanisation et de
globalisation. A titre d'exemple, le projet MOST intitulé
"Décentralisation industrielle et développement urbain en Inde
et, comparativement, en Asie du sud-est et de l'est à partir de
plusieurs études de cas", mené par des scientifiques indiens,
français et néerlandais, réalise actuellement une analyse
comparative des processus socio-culturels et économiques qui favorisent
la croissance industrielle dans les villes petites et moyennes d'Asie.
Tableau : taux de croissance de quelques métropoles
| Villes |
Population en % de la population du pays |
Taux de croissance (1970-75) |
Taux de croissance (1990-95) |
| Alma-Ata |
12 |
2,5 |
1,7 |
| Bombay |
6 |
3,3 |
4,2 |
| Buenos Aires |
38 |
1,6 |
0,7 |
| Istanbul |
19 |
5,1 |
3,7 |
| Kampala |
38 |
3,2 |
4,7 |
| Kinshasa |
33 |
4,7 |
4 |
| Mexico City |
25 |
4,3 |
0,7 |
| New York |
9 |
-0,4 |
0,3 |
| Paris |
23 |
0,9 |
0,3 |
| Sao Paulo |
13 |
4,1 |
2 |
| Séoul |
33 |
4,9 |
2 |
| Sydney |
25 |
2,1 |
0,4 |
| Téhéran |
19 |
5,2 |
1,5 |
| Tokyo |
26 |
3,7 |
1,4 |
| Toronto |
18 |
1,8 |
3,5 |
| Tripoli |
69 |
10,5 |
4,6 |
Source : PNUD, Rapport sur le développement humain, 1995.
En fait, la globalisation résultant de la mondialisation des
marchés économiques et de la dérégulation
progressive, de l'avancée de la démocratie libérale, de la
transformation des relations entre production et travail, et du
développement des nouvelles technologies de l'information,
n'empiète pas sur le rôle de l'Etat en tant qu'administrateur des
territoires, des espaces et des peuples. La globalisation exige une
révision du rôle de l'Etat dans le domaine de la gestion des
territoires et des ressources, pour qu'il ne soit pas seulement une structure
qui gère au minimum la société civile, mais
également une force politique à même de programmer la
globalisation en fonction de priorités sociales et économiques.
Le marché transnational est incapable de gérer toutes les
ressources naturelles et humaines sans produire ce que les économistes
appellent des "effets secondaires", tels que la pauvreté, le
chômage, la dégradation de l'environnement et le gaspillage
énergétique. Par conséquent, l'Etat ne doit pas souscrire
exclusivement à une idéologie d'efficacité de
marché. Fondamentalement, les processus de globalisation créent
de nouvelles formes d'intégration et stimulent la concurrence entre les
acteurs économiques et sociaux. Mais la globalisation
génère par ailleurs de nouvelles formes d'exclusion due au
chômage ou à la précarité de l'emploi, à
l'absence de services sociaux et de réseaux de sécurité
suffisants, et à une culture consumériste non-viable à
long terme ; exclusion également des processus de prise de
décision en matière de politiques et enfin, exclusion de la
compréhension courante de l'actualité.
L'urbanisation résultant d'une croissance industrielle anarchique et la
"déruralisation" provoquée par la migration forcée des
ruraux représentent deux aspects essentiels de la globalisation. Dans
les pays industrialisés comme dans les pays en développement, les
villes attirent des milliers de personnes, ce qui dépasse largement
leurs capacités de réponse en matière d'emploi, de
logement, d'eau, de système sanitaire et autres services de base.
L'absence de contrôle des processus globaux et l'incapacité
à gérer les besoins des villes favorisent le développement
de la misère et l'augmentation des tensions sociales, de la
criminalité, de la détresse des jeunes et de la
délinquance.

Source : Rapport économique mondial du FMI 1994
Dans les zones urbaines, la globalisation semble créer une certaine
uniformité dans les disparités spatiales et sociales.
L'uniformité sociale découlant des processus de globalisation se
caractérise par le fait que les bénéficiaires (ceux qui
profitent des avantages induits par la globalisation) et les victimes (ceux qui
pâtissent de ce processus) appartiennent aux mêmes
catégories sociales au nord et au sud. Les disparités
géographiques et spatiales suivent elles aussi la même dynamique
dans les zones urbaines de différents régions du monde : les
règles qui organisent l'espace urbain sont généralement
des paramètres de ségrégation sociale et spatiale, de
différentiation et de séparation.
En conséquence, les politiques de développement doivent tenir
compte du fait que les marchés globaux n'offrent pas de
possibilités concrètes de régulation sociale. On surestime
souvent la flexibilité et la capacité d'organisation du secteur
privé et de la "société civile organisée". L'Etat,
ainsi que les municipalités, doivent faire l'effort nécessaire
pour contribuer à assurer la bonne marche des fonctions urbaines
essentielles et vitales. Comme l'ont souligné de nombreux chercheurs
dans le dernier numéro de la Revue internationale des sciences sociales,
qui représente l'une des contributions de l'UNESCO à HABITAT II,
les villes doivent commencer à développer des stratégies
pour faire face aux grandes tensions générées par la
globalisation économique et technologique.
La Tanzanie a constitué récemment son Comité de
liaison national pour le Programme MOST. Il comprend les institutions suivantes :
1. La Faculté des Sciences sociales de l'Université de Dar Es
Salaam
2. Le Ministère pour le Développement de la Communauté,
les Femmes et les Enfants
3. Le Département pour le Développement de la Jeunesse
(Ministère du Travail et du Développement de la Jeunesse)
4. Le Département de la Jeunesse de Zanzibar (Ministère de
l'Information, de la Culture, du Tourisme et de la Jeunesse)
5. La Commission tanzanienne pour la Réforme de la Justice
6. Le Ministère de l'Education et de la Culture (Commissaire
à la Culture)
7. Le Ministère de l'Education de Zanzibar
8. La Commission nationale tanzanienne pour l'UNESCO (Coordination du
Comité des Sciences sociales)
Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Bénin, Brésil,
Burundi, Canada, Colombie, Croatie, Egypte, Finlande, France, Inde, Iran,
Italie, Japon, Jordanie, Kazakhstan, Lettonie, Malawi, Malte, Norvège, Pakistan, Pays-Bas, Philippines, République de Biélorussie, République tchèque, Russie, Slovaquie, Suède, Suisse, Tanzanie, Thaïlande, Trinité et Tobago, Tunisie, Viet Nam, Zaïre.
Le Comité Directeur Scientifique du Programme MOST s'est réuni
à Paris du 15 au 19 avril 1996 pour examiner des projets de recherche
MOST et les rapports des projets en cours. Dans son prochain numéro, la
Lettre de MOST donnera des informations sur les projets récemment
acceptés.
Prof. Elvi-Whittaker,
Président (Canada)
Prof. Norbert Lechner,
Vice-Président (Chili)
Prof. Narifumi M. Tachimoto,
Vice-Président (Japon)
Prof. Yoginder K. Alagh
(Inde)
Prof. Maurice Aymard
(France)
Prof. Arnlaug Leira
(Norvège)
Prof. Antoni Kuklinski
(Pologne)
Mr. Davinder Lamba
(Kenya)
Prof. Licia Valladeres
(Brésil)
Allemagne, Angola, Australie, Autriche, Bénin, Brésil,
Bulgarie, Cameroun, Canada, Chili, Chine, Colombie, Costa Rica, Côte
d'Ivoire, France, Hongrie, Inde, Jamaïque, Jamahiriya arabe libyenne,
Japon, Madagascar, Malaisie, Mexique, Maroc, Pays-Bas, Philippines, Pologne,
République tchèque, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie,
Yémen, Zambie, Zimbabwe.
La série de Conférences régionales et
sous-régionales de MOST, qui a débuté en 1994 avec pour
objectif d'identifier les priorités des chercheurs et des
décideurs dans les domaines de MOST, prendra fin en octobre 1996
à la Jamaïque, avec la réunion sous-régionale pour
les pays des Caraïbes anglophones. La deuxième Conférence
européenne pour les Sciences sociales prévue au printemps 1997
à Bratislava, consacrera elle aussi une partie de son ordre du jour
à des discussions sur la politique de MOST et sur ses priorités
pour la recherche en Europe occidentale et en Europe orientale. Les
conférences écoulées se sont tenues dans les
régions suivantes : région Asie-Pacifique, sous-région
d'Asie centrale, région Amérique latine et Caraïbes
(hispanophones et lusophones), sous-région Pacifique, région
Arctique (nord de la Scandinavie, du Canada et de la Fédération
de Russie), région Europe centrale et orientale et région
Arabe.
Une synthèse des résultats de ces conférences
destinée aux universitaires et aux décideurs sera publiée
en 1997 par le Programme MOST et disponible auprès du
Secrétariat.
Soixante universitaires et décideurs de onze pays arabes ont
participé à cette conférence régionale, dont le
succès doit beaucoup à l'intérêt et au soutien
financier que lui a accordé le pays-hôte. Le Ministre tunisien de
l'Intérieur, M. Mohammed Jegham, le Secrétaire d'Etat aux
Affaires sociales, M. Kamal Hadj Sassi et plusieurs représentants
d'organisations internationales en poste dans la région y ont
assisté.
Une discussion animée sur le thème de la diversité
ethnique dans la région arabe a constitué l'un des points forts
de la rencontre. Le Professeur Saad Eddin Ibrahim a présenté une
contribution importante sur le thème de la "Bonne et mauvaise gestion de
la diversité, le cas des conflits ethniques et la construction de l'Etat
dans le monde arabe"; celle-ci sera publiée prochainement dans la
série des Contributions thématiques de MOST.
Les participants ont mis l'accent sur la nécessité de renforcer
la coopération entre chercheurs et instituts de recherche arabes dans
les différents pays de la région. Dans ce but, il a
été proposé de créer une organisation sur le
modèle du CLACSO en Amérique latine ou du CODESRIA en Afrique,
pour coordonner les efforts dans le domaine des sciences sociales. Le MOST
assurera le suivi de cette initiative en collaboration avec l'Association Arabe
de Sociologie et d'autres ONG travaillant dans le domaine des sciences
sociales.
La discussion sur la situation des sciences sociales dans la région
arabe a révélé que les structures dans lesquelles
s'inscrit leur action manquent de fiabilité dans les pays où la
liberté démocratique nécessaire aux chercheurs pour
écrire et publier fait défaut. Il a été
réaffirmé à cette occasion que la recherche en sciences
sociales ne peut contribuer efficacement au processus de prise de
décision que si elle dispose d'autonomie scientifique.
Les participants ont mis l'accent sur l'importance d'étudier le
processus d'urbanisation dans la région, celui-ci étant au
cur des mécanismes des transformations sociales. Dans ce
contexte, une attention particulière devrait être accordée
aux aspects socio-culturels de l'urbanisation. Les participants ont longuement
débattu sur le thème de la globalisation et insisté sur le
rôle que la région arabe pourrait et devrait jouer à cet
égard.
Parmi les résultats importants de cette conférence, citons
différentes propositions concernant des projets de recherche, notamment
dans le domaine de la gestion des conflits et dans celui des politiques
agricoles. Ces propositions seront examinées par le Comité
Directeur Scientifique lors de sa prochaine session.
Il a été également recommandé de favoriser les
échanges internationaux et la formation pour étudiants et
chercheurs. MOST a l'intention de se rapprocher de l'Union européenne
pour envisager une action commune dans ce domaine, par le biais du Programme
MED Campus.
Avec le soutien du bureau régional de l'UNESCO à Tunis, MOST va
organiser deux ateliers pour poursuivre l'élaboration des projets qui
ont vu le jour lors de la conférence. Le rapport final et les
recommandations issues de cette conférence sont disponibles sur la
Centrale d'échange d'informations MOST sur Internet ou sur support
écrit .
P. de G.
Le bureau UNESCO de Tunis, qui se spécialise dans les sciences sociales
et humaines, a prévu de mener localement les activités MOST
suivantes :
- élaborer un inventaire des chercheurs et institutions en sciences
sociales dans le Monde arabe, ainsi qu'une bibliographie générale
dans ce domaine ; les premiers pays concernés par ce travail seront
l'Algérie, le Maroc, la Mauritanie, la Tunisie, la Jamahiriya arabe
libyenne et l'Egypte ;
- organiser deux réunions d'experts avec des chercheurs de la
région arabe participant à des projets MOST approuvés ;
- développer un projet conjoint MOST-CISS avec la collaboration de la
Palestine, sur les mouvements de population.
Pour de plus amples informations sur ces activités, contacter :
Francisco Carrillo,
Directeur, Bureau de l'UNESCO, B.P. 363 Mutuelville, 1002 Tunis,
Tunisie.
Le Caire, Egypte, 13-17 octobre 1996
- Congrès annuel de l'INTA 20
Cette conférence abordera les questions suivantes :
- "Regard rétrospectif sur les nouvelles communautés urbaines : la
politique initiale des villes nouvelles et ses bonnes intentions"
- "Réajustements en matière de conception, de planification et de
réalisation des nouvelles communautés urbaines"
- "Nouvelles communautés urbaines et urbanisation du futur :
réajustements en matière de conception, de planification et de
réalisation des nouvelles communautés urbaines ;
l'adaptabilité de la politique des nouvelles communautés urbaine
à la lumière de la dynamique économique et des changements
actuels"
- "Moderniser sans compromettre le patrimoine culturel ; moderniser sans menacer
l'équilibre écologique".
Le programme comprend la visite des sites et chantiers suivants :
- Le territoire urbain de la métropole du grand Caire
- La rénovation de Gamalia nord dans la vieille ville islamique du
Caire
- Le développement des infrastructures
- Le projet du quartier de Zamalek
- Le développement côtier
- Marina City
- El Alamein
- Ville Le 10ème Ramadan
- Ismailia
- VilleLe 6 octobre
Les délégués des pays moins avancés
bénéficieront d'un tarif réduit.
Pour toute information, contacter :
le Secrétariat de l'INTA à Nassau,
Dillenburgstraat 44,
NL-2596 AE, La Haye, Pays-Bas.
Tél. (31-70) 324 45 26 ; Fax (31-70) 328 0727.
Helsinki, Finlande, 11 et 12 janvier 1996
La Commission nationale finlandaise pour l'UNESCO a organisé
cette rencontre à laquelle ont participé les Commissions
nationales norvégienne et suédoise, les Comités de liaison
MOST, les conseils de recherche en sciences sociales et des chercheurs de
différentes universités et centres de recherche des trois pays
concernés.
Parmi les points à l'ordre du jour : le renforcement de MOST en
1996-1997 après une phase initiale en 1994-1995 ; une évaluation
des stratégies pour le développement des projets ; les
possibilités et les procédures en matière de financement,
en particulier au niveau national ; la promotion et le soutien des
activités menées au niveau national ; et enfin, le rôle
essentiel des Comités de liaison MOST. A ce sujet, les Comités de
liaison MOST des pays nordiques participeront en mai prochain à
Stockholm à la Réunion conjointe des Comités nationaux de
tous les programmes scientifiques de l'UNESCO -- les quatre autres concernant
l'écologie (MAB), la géologie (PICG), l'hydrologie (PHI) et
l'océanographie (COI), afin d'explorer les possibilités de
projets interdisciplinaires conjoints.
Les participants ont recommandé que:
- le Programme MOST soit renforcé pendant le biennium 1996-1997 ;
- des Comités de liaison soient créés afin de soutenir le
développement des projets MOST, sachant qu'il appartient à chaque
pays d'en définir la structure et le statut. Chaque pays nordique
devrait avoir constitué son comité avant la réunion
conjointe des Comités de liaison des cinq programmes scientifiques de
l'UNESCO (COI, PHI, MOST, MAB, PICG), qui aura lieu en mai prochain à
Stockholm ;
- un recensement des recherches pertinentes avec MOST soit effectué dans
chaque pays nordique ;
- les Conseils nationaux pour la recherche et les agences de financement -- y compris NOS-S -- envisagent d'apporter leur soutien financier au projet MOST
sur "La région du Cercle polaire face aux conséquences des
transformations économiques, technologiques et environnementales
globales", ainsi qu'à d'autres initiatives présentées par
les Comités nationaux de liaison ;
- des projets de recherche associant le MOST voient le jour dans le contexte de
la coopération interuniversitaire ;
- les communautés universitaires des pays nordiques participent et
apportent leur soutien à la Conférence de Bratislava sur les
sciences sociales, prévue en 1997 ;
- une démarche souple soit adoptée pour le financement des
projets ;
- les Comités nationaux de liaison puissent prendre l'initiative de
lancer des projets MOST et de leur accorder le label correspondant au niveau
national, avant de les communiquer au Secrétariat de MOST.
La réunion de Helsinki s'est révélée très
utile pour évaluer les actions menées en 1994-1995 dans le cadre
de MOST et pour recueillir des avis d'experts concernant ses stratégies
et activités futures. Nous espérons que les Etats-membres
d'autres régions et sous-régions prendront l'initiative
d'organiser des réunions similaires.
A.K.
Champ du programme MOST consacré au multiculturalisme et à la multiethnicité
Le réseau de recherche MOST sur la migration en Asie du Sud-Est (APMRN) a tenu
sa première conférence annuelle à Bangkok du 11 au 13 mars
1996. Ce réseau comprend des équipes de recherche des pays
suivants : Australie, Indonésie, Fidji, Nouvelle-Zélande,
Thaïlande, Philippines, Japon, Malaisie, République de Corée
et République populaire de Chine.
Les objectifs de cette conférence étaient les suivants :
obtenir de chaque délégué officiel qu'il s'engage
à contribuer à l'édification d'un réseau de
recherche sur la migration dans son pays (si celui-ci n'existe pas encore) ;
arrêter un plan d'action commun et un calendrier d'activités ;
concevoir une structure administrative efficace pour le réseau ;
expliquer et s'accorder sur le rôle de l'UNESCO au sein de ce
réseau et en particulier sur la nécessité de nouer des liens étroits avec les Commissions nationales pour l'UNESCO de chaque pays
déterminer les possibilités de financement pour le
réseau ;
mettre au point une stratégie de publications pour le réseau ;
identifier les besoins des pays membres du réseau en matière
d'éducation et de formation dans le domaine de la migration.
La matinée du premier jour a été consacrée à
la présentation de questions spécifiques à chaque pays.
Ces contributions feront l'objet du premier volume de MOST-APMRN qui sera
disponible auprès du Secrétariat de MOST en Août 1996. Les
discussions ont abouti à un accord du groupe sur quatre thèmes
recouvrant un certain nombre de questions importantes pour les chercheurs qui
étudient les phénomènes migratoires actuels. Ces questions
sont pertinentes aussi bien pour les universitaires que pour les
décideurs qui cherchent à mieux connaître les dimensions
sociale, politique et écologique de la migration et la diversité
ethno-culturelle croissante dans la région de l'Asie du sud-est. Chaque
pays contribuera à la recherche sur le ou les thèmes
afférents à ses propres problèmes migratoires.
Les équipes nationales ont adopté à l'unanimité le plan
de travail suivant pour l'APMRN, de 1996 à 1998 :
une étude précise -- formulée à la fois
en termes théoriques et dans un langage destiné aux
décideurs -- de la dynamique des principaux systèmes migratoires
de l'Asie du sud-est (sans oublier les migrations n'ayant pas encore fait
l'objet d'études précises), en tenant compte en particulier des
dimensions sociales et politiques de la globalisation. Ce thème est
assez vaste pour comprendre une étude complète des politiques
d'immigration dans la région et notamment de leurs conséquences
à court terme et à long terme sur le transfert des ressources
humaines aux niveaux national, régional et global.
Les résultats de cette recherche pourraient être
regroupés dans un numéro spécial de la Revue sur la
migration en Asie du sud-est -- revue qui a déjà publié
des contributions importantes sur la transformation des systèmes
migratoires dans la région ;
un examen de la mobilité de la population dans la région
et des conséquences politiques du décalage croissant entre ce que
les sociétés et les milieux locaux peuvent assumer et les
exigences qui leur sont imposées par des populations de passage
essentiellement. Les flux concernés comprennent le tourisme, la
mobilité liée au travail temporaire et la migration dans le cadre
de contrats de travail ;
l'étude de la mobilité du personnel très qualifié
employé dans les multinationales et, si possible, les flux de retour
vers les Iles du Pacifique et l'Asie. L'une des idées à la base
de cette recherche est de découvrir les conséquences, pour les
individus et les sites, des mouvements temporaires de populations provenant
principalement de sociétés où la consommation de
ressources par habitant est faible et se dirigeant vers des
sociétés où cette consommation est élevée
(par exemple la migration dans le cadre d'un contrat de travail entre la
Thaïlande et Taïwan ou les mouvements de population entre Tonga et la
Nouvelle-Zélande). Une autre idée est celle de la pression
croissante exercée par la croissance exponentielle des mouvements
à court terme, comme ceux liés au tourisme, sur les milieux
naturels (régions touristiques, réserves naturelles, parcs
nationaux etc.).
Les résultats de cette recherche pourraient être
rassemblés dans une publication telle qu'un reportage ou un press-book
de l'UNESCO (et si possible publiés avec le soutien du FNUAP
étant donné les liens de ce thème avec le Plan d'Action
adopté à l'issue de la Conférence du Caire pour la
Population et le Développement. Le suivi de ces travaux sera
assuré par Richard Bedford de Nouvelle-Zélande, qui a longuement
collaboré avec le FNUAP). Le Secrétariat de MOST pourrait
également envisager une publication conjointe avec le MAB, en raison des
correspondances thématiques existant avec ce programme ;
une recherche sur les conséquences de la migration
internationale sur les relations entre les groupes, y compris celles avec les
peuples indigènes, en examinant en particulier les conséquences
politiques de la diversité ethnique croissante sur le concept de
citoyenneté et les droits des migrants et de leurs familles dans les
pays de départ et d'arrivée et le rôle joué par les
réseaux sociaux dans le processus d'émigration.
Les résultats de cette recherche pourraient entre autres faire
l'objet d'un numéro spécial de la RISS ;
une recherche sur les conséquences de la migration
internationale (y compris la migration de retour) sur les relations entre les
groupes et sur la création d'entreprises dans les pays de départ
et d'arrivée, en étudiant aussi bien les petites et moyennes
entreprises (sans oublier des activités comme les marchés aux
puces) et les activités des multinationales. Cette recherche mettrait en
lumière le rôle des politiques d'immigration, des réseaux
sociaux et des plans et stratégies pour le développement
économique au niveau national.
Les résultats de cette recherche pourraient entre autres faire
l'objet d'un numéro spécial de la Revue sur la migration en Asie
du sud-est ou de la revue Point de vue Asie du sud-est
(précédemment Point de vue Pacifique) rédigée par
l'Université Victoria de Wellington et publiée à
présent par Basil Blackwell (Royaume-Uni).
Des séminaires et des programmes de formation pour
décideurs et universitaires seront organisés au cours des
différentes phases du travail de l'APMRN. Un effort de communication
sera entrepris, afin de faire mieux connaître au grand public par le
biais des journaux, des magazines et des communiqués de presse, les
questions relatives à la migration.
N.A.
Metropolis est un projet de recherche international visant à
susciter une recherche multidisciplinaire sur les effets de la migration
internationale sur les centres urbains, en associant plus de douze pays et des
organisations internationales. Ce projet procède de deux objectifs :
- premièrement, il fournira aux décideurs institutionnels
à tous les niveaux, ainsi qu'aux responsables de communautés et
aux chefs d'entreprises des informations fiables pour l'élaboration de
leurs politiques -- intégrant ainsi plus étroitement la recherche
au développement des politiques ;
- deuxièmement, il dressera un inventaire des "meilleures pratiques
internationales" identifiant les solutions les plus efficaces aux nombreux
défis d'ordre pratique que doivent affronter les pays dont les grands
centres urbains accueillent un grand nombre de personnes nées à
l'étranger.
Pour atteindre ces objectifs, Metropolis propose d'inviter les plus grands
centres universitaires à s'engager dans une recherche
systématique, qui recevrait au départ le soutien des secteurs
public et privé.
Deux réunions préparatoires, co-financées par la
Commission européenne et la Fondation Carnegie pour la Paix
internationale, se sont tenues à Bruxelles (en octobre 1995 et en
février 1996) pour mettre au point les collaborations et les engagements
de travail en vue de réaliser ce programme international de recherche.
Outre les pays et les instituts de recherche concernés, des
représentants de la Communauté européenne, de l'OCDE et du
Programme MOST/UNESCO ont participé à ces rencontres.
Le projet comprendra une série de grandes conférences annuelles
qui se tiendront dans les "pays partenaires". L'Italie organisera la
première en novembre 1996. Ces conférences, qui se concentreront
sur des questions d'un intérêt particulier pour les politiques et
sur des problèmes délicats exigeant une gestion
stratégique, réuniront des chercheurs expérimentés,
des représentants de la communauté des décideurs et du
secteur privé et des "dépositaires d'enjeux". Elles offriront
à la fois un forum de discussion sur les recherches existantes et le
lieu idéal où présenter les travaux les plus
récents et les plus novateurs, réalisés
expressément pour le projet Metropolis.
Les résultats de ces recherches feront l'objet d'une large diffusion et
une sélection des contributions présentées lors de ces
conférences annuelles sera publiée sous forme d'actes.
Pour toute
information sur le projet Metropolis, veuillez contacter :
le Département de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada --
Projet Metropolis, au (819)994-1390.
Une réunion s'est tenue sous les auspices du Programme Unesco/MOST
les 19 et 20 février 1996 au Centre d'Etudes et de Recherches internationales
de Paris afin d'étudier une proposition susceptible de devenir un projet
MOST. Cette rencontre s'est établie sur la base des résultats de
deux réunions précédentes organisées en
Suède, à Gimo et à Stockholm, avec le soutien de la
Décennie mondiale du Développement culturel de l'UNESCO et la
Commission nationale suédoise pour l'UNESCO.
Le projet en cours de préparation, intitulé "Politiques
multiculturelles et modes de citoyenneté dans les villes
européennes", comprend une recherche comparative et interdisciplinaire
pour déterminer les moyens par lesquels les groupes d'immigrés et
les groupes minoritaires sont parvenus à accéder (ou les
obstacles qu'ils ont rencontré pour accéder) aux processus de
prise de décision et aux autres modes de participation à la vie
publique municipale. Une telle recherche comporte l'étude des cadres
d'action de l'autorité locale et des activités des groupes
minoritaires, groupes ethniques et groupes d'immigrés vis-à-vis
des organes consultatifs de l'autorité locale, des antennes de
l'administration, des partis politiques et des financements publics (par
exemple ONG, assistance juridique, formation), du logement, de la politique
culturelle et d'éléments spécifiques destinés
à la revitalisation du tissu urbain.
Des données préliminaires, ainsi que des sites pour les
études de cas, des chercheurs et des éléments
thématiques seront fournis par deux projets de recherche
antérieurs : "Multiculturalisme et intégration politique dans les
villes européennes" (qui reçoit le soutien du Programme sur la
migration COST-A2 de la Communauté européenne et du Conseil
britannique pour la recherche économique et sociale) et "Culture et
quartiers" (piloté par le Conseil pour la coopération culturelle
du Conseil de l'Europe). Les Directeurs de ces deux projets, respectivement le
Professeur John Rex et le Dr. Franco Bianchini, assurent des fonctions de
conseil dans le cadre de ce nouveau projet. Les membres du Comité de
pilotage et les chercheurs proposés pour participer au projet sont
spécialistes dans les domaines suivants : anthropologie, sociologie,
sciences politiques, géographie humaine et études culturelles.
Le projet aura une durée de "trois plus trois" ans. Les années
1996 à 1998 seront mises à profit pour renforcer les liens entre
les projets du COST-A et du Conseil de l'Europe, en confrontant leurs
résultats, en recherchant de nouvelles sources de financement et en
commençant le travail sur le terrain dans des villes
sélectionnées en fonction de certains critères politiques
et sociaux (comme Birmingham, Liège, Stockholm, Rotterdam, Lyon,
Marseille, Bilbao, Milan, Berlin). Les résultats de cette
première phase seront présentés en 1998 à
Stockholm, qui sera pendant toute l'année la Ville européenne de
la Culture. Au cours de la deuxième tranche de trois ans, les recherches
comparatives se poursuivront dans ces villes, ainsi que dans d'autres qui
restent à définir, et dont certaines seront situées en
Europe orientale.
Steve Vertovec
Université de Warwick
(Groupe de recherche du CNRS "Droit, Cultures, Langages")
Accepté lors de la réunion de juin 1995 du Comité
Directeur Scientifique du Programme MOST, ce projet cherche à
développer un potentiel de recherche et un outillage théorique
pour mieux appréhender les termes et concepts les plus couramment
utilisés dans les médias, lorsqu'ils abordent différentes
situations ayant trait au multiculturalisme et à la
multiethnicité. Ce projet n'a pas pour objectif de produire un glossaire
universel, mais plutôt d'identifier les répercussions induites par
l'usage des différents termes sur le comportement des individus et sur
la compréhension par l'opinion publique des questions traitées.
Le choix des concepts et des terminologies sera effectué en
privilégiant les critères de sélection suivants :
1. L'importance des problèmes auxquels telle ou telle
société doit faire face dans une période donnée. Cette priorité permettra à ce travail de clarification
d'avoir un effet à court terme sur la résolution de questions qui
se posent dans les sociétés considérées.
2. La façon dont les différentes disciplines des sciences
humaines et sociales ont analysé les problèmes des
sociétés pluriculturelles et pluriethniques dans leurs
différents contextes nationaux. Cette approche permettra de
comprendre le fonctionnement des concepts au sein de sociétés
complexes.
3. Les désignations ethniques et nationales identifiant des
réalités historiques concrètes. Les transformations
qu'ont connues les désignations ethniques et nationales (noms officiels
et/ou officieux, auto-identifications, etc.).
Ce programme est réalisé par un réseau d'équipes
situées dans les principaux pays de l'Europe occidentale, en Russie et
C.E.I., en Hongrie, dans les Balkans, au Maghreb, aux Etats-Unis, au Canada et
au Chili. Ce réseau est dirigé par le Groupe de recherche du CNRS
"Droit, Cultures, Langages"(GDR 1178) avec le soutien de l'Université de
Paris X-Nanterre et de l'Université Paul Valéry (Montpellier
III).
Ce réseau envisage de publier une série de monographies
décrivant les réalités pluriculturelles et pluriethniques
d'un certain nombre de pays ou de régions et analysant les concepts
généralement utilisés pour les traiter. Ces ouvrages,
publiés sous forme de manuels à l'usage des écoles ou du
grand public, contribueront à une perception moins passionnelle de ces
réalités et en particulier des problèmes posés par
l'existence de groupes minoritaires.
Ce programme, qui se déroulera sur quatre ans, de 1996 à 2000,
comprendra également l'organisation par les équipes du
réseau d'un certain nombre de colloques et sera clôturé par
une grande Conférence internationale sur "Prévention et
résolution des conflits dans les sociétés pluriculturelles
et pluriethniques", qui présentera la synthèse des
résultats obtenus.
Contact : Henri Giordan,
61 Traverse des Eaudes, 30250 VILLEVIEILLE,
tél./fax. : 33 66 80 44 50, email Giordan@u-paris 10.fr
MOST élabore une banque de données des "meilleures
pratiques", "meilleures" se référant ici aux cas dans
lesquels des solutions novatrices et durables ont été mises en oeuvre pour apporter des solutions réelles à des
problèmes sociaux urgents. L'idée d'une banque données se
fonde sur le fait qu'aucune solution satisfaisante n'a encore été
trouvée concernant le recueil et la diffusion, à l'échelle
mondiale, d'informations relatives à la gestion des transformations
sociales. L'objectif principal de cette banque de données est donc de
contribuer à une élaboration efficace des politiques en
fournissant des informations à la fois condensées et
précises sur des projets existants qui ont fait leurs preuves.
MOST lance un projet pilote avec l' "Union Iberoamericana de
Municipalistas", une ONG représentée en Amérique
latine et en Espagne, sur des actions locales et municipales dans les domaines
de l'exclusion et de l'intégration sociales. Après le
Sommet social de Copenhague, le terme d'"exclusion sociale" est devenu un
leitmotiv chez les décideurs et les analystes, qui cherchent à
comprendre les conséquences des transformations sociales. Ce concept
d'une grande puissance rhétorique recouvre une grande
variété de projets visant à promouvoir la cohésion
socio-économique, l'intégration ethnoculturelle et la
réduction de la pauvreté.
La banque de données est conçue comme un outil de communication
efficace destiné à assurer une plus grande visibilité aux
solutions alternatives mises en uvre par les décideurs du monde
entier. Les expériences recueillies seront largement diffusées
par l'UNESCO par l'intermédiaire du Centre d'échange
d'informations de MOST sur Internet et sur support papier.
L.R. / PdG
Les conséquences du développement historique du tissu
urbain traditionnel du Monde islamique sont liées aux modes habituels de
conception et de production du tissu urbain dans les cultures islamiques. Au
cours des siècles, la spécificité architecturale propre
à chaque période de l'histoire s'est intégrée au
tissu urbain préexistant.
Dès le premier siècle de l'Hégire, les principes
architecturaux et urbains hérités des époques grecque,
romaine, byzantine et sassanide se sont trouvés assimilés
à la nouvelle situation religieuse. Des villes anciennes comme Tunis,
Cairouan, Alger, Tlemcen, Marrakech et Fez témoignent, de par le
façonnage spécifique de leur territoire urbain, de techniques
régionales et d'apports politiques et socio-économiques en
relation avec la religion et avec les modes de vie traditionnels des
habitants.

Evolution de la Population Urbaine/rurale au Moyen Orient et en Afrique du Nord
Cette capacité manifeste de la région arabe à
intégrer les influences nouvelles en reliant différentes
civilisations, s'est trouvée interrompue par la colonisation. Il s'en
est suivi une urbanisation rapide de ces pays aux ressources limitées,
avec pour conséquence directe une détérioration
régulière et marquée de l'environnement urbain.
Les vagues successives d'immigration ont augmenté la demande de
logements à la fois décents et accessibles, demande que les
gouvernements ne pouvaient satisfaire, faute de moyens financiers suffisants.
La densité de la population a augmenté, car la pénurie de
logements a amené la division d'immeubles anciens en appartements
minuscules, accompagnée d'une dégradation rapide de ces
immeubles, faute d'entretien et les natifs de la ville se sont trouvés
peu à peu remplacés par une population plus pauvre, souvent
d'origine rurale. Les vieux quartiers des villes ont été
particulièrement touchés, leur situation centrale attirant les
nouveaux-venus à la recherche d'un logement bon marché et
d'emplois non-qualifiés disponibles dans les petites entreprises et les
ateliers : les logements des quartiers historiques sont denses et de mauvaise
qualité et leur rénovation est négligée en raison
des coûts élevés ; les savoir-faire traditionnels se
perdent, les conditions de vie ne sont plus acceptables et certaines formes
d'artisanat accélèrent le processus de dégradation auquel
la pollution contribue également.
Les vieilles infrastructures sont utilisées bien au-delà de leurs
capacités, les fuites dans les systèmes d'approvisionnement en
eau et d'évacuation des eaux usées sont monnaie courante,
entraînant des risques pour la santé et menaçant les
structures des immeubles par les variations du niveau hydrostatique et les
risques d'érosion des fondations qui en résultent. Les
gouvernements prévoient parfois dans leurs plans de
redéveloppement urbain la destruction pure et simple des quartiers
traditionnels, sans trop se soucier du Patrimoine islamique de la Ville
arabe.
Certains bâtiments publics classés monuments historiques sont
préservés, mais demeurent isolés dans un environnement
à l'abandon, désormais privés de leur tissu urbain
physique et social. La plupart des maisons construites dans les pays arabes au
cours de la période post-coloniale sont inspirées d'une
façon ou d'une autre par les styles architecturaux de l'Occident et
seuls les rares architectes inspirés par Hassan Fathy ont su adapter les
conceptions traditionnelles en matière de construction aux exigences de
la vie moderne.
Les habitations nouvelles ont souvent contraint les habitants à
dépenser pour des technologies d'importation ou pour les frais
d'entretien et la consommation d'énergie. Il n'est pas rare non plus de
trouver des établissements d'enseignement et leurs mosquées dans
des enclos situés à des kilomètres des centres-ville :
dans les villes arabes la planification urbaine est souvent inexistante ou bien
partielle, ou encore elle n'est pas suivie ; il n'existe pas par
conséquent d'environnement urbain intégré, conservant les
valeurs et les qualités du tissu urbain traditionnel.
Le Caire
En moins d'un siècle, la population du Caire a quasiment
décuplé. En 1990, 12 millions de personnes vivaient sur une
superficie d'environ 32000 hectares ; à elle seule, la ville occupe
environ 22000 hectares, ce qui signifie une très forte densité de
population. "Bien situés, ses vieux quartiers ont le caractère
particulier à toutes les villes islamiques arabes de l'époque
médiévale". Le centre historique offre un contraste saisissant de
délabrement et de vitalité. A la fin de la deuxième guerre
mondiale, un afflux d'immigrants a convergé vers Le Caire en provenance
de toute l'Egypte, provoquant une insoluble pénurie de logements et un
développement anarchique.
De manière inattendue la ville a connu en vingt ans (de 1976 à 1996 une expansion extraordinaire, sa superficie passant de
15000 à 30000 hectares, et cela en raison de l'arrivée massive de
populations peu éduquées, d'origine rurale.

Plan d'Urbanisation du Grand Caire
Source: Urban Regeneration and the Shaping of Growth. Programme d'architecture islamique de l'Aga Khan, 1990
Baghdad
Baghdad, qui était encore il y a soixante-dix ans une ville
régionale de moins de 200.000 habitants, est aujourd'hui une
métropole de 3 millions d'habitants. Les pressions exercées sur
la ville historique se sont trouvées accrues par le fait que le centre
de la ville moderne s'est développé au sein même du tissu
urbain historique, utilisant la vieille ville pour s'approvisionner en
matériaux de contruction. La vieille ville souffre des mutations
sociales, ainsi que du développement des activités industrielles
et commerciales, qui risquent de provoquer l'explosion du cadre physique du
tissu urbain traditionnel.
La vieille ville de Sana'a : "une exception"
Tout visiteur originaire d'une ville d'Afrique du nord serait surpris de
découvrir une Médina qui ne transpire pas la pauvreté de
populations d'origine rurale : les immigrants venant des campagnes n'essaient
pas de développer la ville au-delà de ses fortifications
d'origine. Grâce avant tout à la modernisation des
infrastructures, un équilibre subtil et précaire se maintient
miraculeusement entre Sana'a et ses habitants, entre ceux-ci et les
commerçants du souk, entre les traditions et une forte aspiration
à la modernité.
Le Prix Aga Khan pour l'Architecture islamique a été
décerné en 1995 à la vieille ville de Sana'a.

Sana'a: une merveille urbaine de tradition et de modernité
Tunis
Population en 1980 : 70000 habitants, dont 56% logés dans des
maisons délabrées, 65% des foyers étant d'origine
rurale.
Comme dans d'autres villes, la Médina s'est transformée sous
l'influence des vagues successives d'immigrants en provenance des campagnes.
Les premiers se sont établis dans la Médina au cours des
années 30, chassés de leurs terres par une terrible
sécheresse ; les structures anciennes ont été
subdivisées en un grand nombre de petits logements, chaque pièce
d'habitation abritant en moyenne 2,8 personnes.
Entre 1975 et 1980, une nouvelle vague de plus de 150000 immigrants afflua vers
Tunis, peuplant les immeubles bon marché de la Médina. En
conséquence, le nombre des familles vivant dans un appartement d'une
pièce avait doublé en 1980 par rapport à 1975.
Malgré la surpopulation, le délabrement et les mauvaises
conditions d'hygiène, la Médina offre des logements dans le
centre-ville à un prix modique. L'augmentation du terrain disponible,
ainsi que le nombre croissant d'emplois faisant appel à des
compétences différentes sont parfaitement adaptés aux
styles de vie des habitants.

Plan de la cité marocaine précoloniale
Source: Les équipements structurants de l'espace social 1975. Ministère de l'urbanisme, Maroc, 1972
Maroc
Entre 1900 et 1960, l'identité culturelle musulmane est
passée de 100% à 30%, tandis que l'espace urbain augmentait dans
une proportion de 1 à 15...
Les architectes et urbanistes arabes doivent-ils continuer à suivre des
enseignements qui sont souvent déjà dépassés dans
leurs pays d'origine, ou doivent-ils au contraire s'efforcer de s'engager dans
des voies différentes et novatrices ?
Pourquoi certains gouvernements accordent-ils plus d'attention aux
implantations nouvelles qu'à la rénovation des habitats anciens ?
L'actif et le passif de la Médina révèle un conflit intime
entre protection et rénovation ; la protection implique en
général le "gel" du cadre existant, quand il ne s'agit pas de lui
restituer, en le rénovant, sa grandeur d'origine et de le
protéger ainsi artificiellement contre tout envahissement. La
revitalisation physique, sociale et économique exige évolution,
adaptation et intégration dans le tissu urbain moderne : écoles,
espaces libres, équipements publics et emplois pour une main
d'uvre peu qualifiée sont les compléments indispensables du
logement.
L'article qui précède reprend les conclusions d'études
menées par François Vigier, architecte M.I.T., Saïd Mouline,
architecte-urbaniste spécialiste des villes arabes auprès de
l'Institut français d'Architecture et professeur à Rabat, Stefano
Bianca, architecte-urbaniste, Directeur du Programme de soutien aux Villes
arabes de l'Aga Khan, Leila Ibrahims, architecte-urbaniste, consultante
auprès du M.I.T. et de l'Institut de l'Aga Khan pour l'Architecture,
Hedi Eckert, spécialiste de problèmes socio-culturels au Maghreb
et au Yémen, Samir Adbulac, consultant auprès du M.I.T.,
architecte-urbaniste et Mona Serageldin, spécialiste du Monde arabe, M.I.T.).
B.C.

Fez: ombres du passé et du présent
Secrétariat de MOST
UNESCO,
1 rue Miollis,
75732 Paris Cedex 15, France
E-mail : ssmost@unesco.org
Secrétaire exécutif
Directeur de la Lettre de MOST :
ALI KAZANCIGIL
Rédacteur en chef de la Lettre de MOST
Sociétés multiculturelles et multiethniques :
NADIA AURIAT
E-mail : n.auriat@unesco.org
Coordinateur des publications :
DAVID MAKINSON
Centre d'échange d'informations et renforcement des capacités :
PAUL DE GUCHTENEIRE
Développement durable et formation :
CHRISTINA VON FURSTENBERG
Villes et habitat humain :
GENEVIEVE DOMENACH-CHICH
Villes et urbanisation :
GERMAN SOLINIS
Villes et architecture :
BRIGITTE COLIN
Gestion locale et régionale des transformations eacute;conomiques,
technologiques et environnementales
et Comités de liaison de MOST :
CARLOS S. MILANI
Femmes et développement :
MARIA LUISA NITTI
Demandes de documentation sur MOST :
CATHERINE BAUER
Stagiaires pour le Centre d'échange d'informations et le projet sur les "Meilleures pratiques" :
LEENA RIKKILÄ
DOUNIA TAHIRI
Assistante administrative :
ANNE ANDERSON-BRIEZ
Secrétaire principale :
MARIA J. GUTIÉRREZ
Consultante pour la contribution de l'UNESCO à Habitat II :
CÉLINE SACHS-JEANTET
Mise en page et impression : EGOPRIM
Illustrations : FLORENCE BONJEAN
Photos: ALEX ORLOFF
Les Comités de liaison nationaux de MOST et les Commissions nationales
pour l'UNESCO sont invités à fournir à la rédaction
des informations sur les activités de leur pays dans le cadre de MOST,
afin qu'elles soient publiées dans les prochaines éditions de la
Lettre.
Les ministères, ONG, centres de recherche, universités et autres
agences des Nations Unies travaillant dans le cadre de ou en collaboration avec
la recherche en sciences sociales peuvent adresser des informations à la
rédaction pour diffusion dans cette publication.
Cette publication est adressée aux universités, centres de
recherche, agences pour le développement et agences des Nations Unies
dans le monde entier. Elle paraît en anglais, espagnol et
français.
|
|