UNESCO Social and Human Sciences
 
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Villes, environnement et
rapports sociaux entre hommes et femmes

  1. Résumé
  2. Contribution du Projet aux transformations sociales
  3. Objectifs
  4. Projets spécifiques des différents partenaires
  5. Institutions et chercheurs inpliqués
  6. Séminaire de Saint Domingue


1. Résumé

Le projet de recherche présenté par le Comité national de liaison suisse pour MOST-UNESCO veut analyser les thèmes de l’environnement des villes et des rapports sociaux entre hommes et femmes. Il considère que le regard croisé sur ces trois thèmes apporte une perspective nouvelle à chacune de ces problématiques. L’absence d’attention aux relations de genre est une lacune grave pour la compréhension de l’évolution des villes et de l’environnement. Les contributions innovatrices des femmes dans la résolution des problèmes urgents qui se posent dans ce domaine sont souvent ignorées ou perdues.

Le projet se concentrera sur l’analyse des villes de taille moyenne, la majorité de la population urbaine des pays du Sud vivant dans ce type d’agglomérations, alors que les problèmes jusqu’à présent étudiés sont extrapolés des mégavilles. La Suisse se caractérise également par un tissu urbain de moyenne et petite taille.

Le projet s’appuiera sur un réseau d’institutions de recherche d’Afrique (Bénin, Burkina Faso et Sénégal), d’Amérique latine (Argentine, Cuba et Brésil), d’Europe de l’Est (Bulgarie et Roumanie) et de Suisse, et comptera sur la participation d’un programme des Nations Unies spécialisé sur ce thème (UNCHS/Habitat-UNEP). L’analyse comparative de contextes différents, qui fait défaut jusqu’à présent apportera une dynamique et un éclairage enrichissants. La recherche reposera sur une approche pluridisciplinaire, car les thèmes d’environnement, de la ville ou des rapport hommes-femmes sont multi-dimensionnels et ne sauraient être appréhendés que par une seule discipline scientifique.

Le projet aura une durée initiale de trois années et se veut être un projet de recherche-action. Il prétend à la fois mieux former les chercheurs et intervenants sur la ville et l’environnement dans ce type d’analyse, fournir des connaissances aux décideurs, aux responsables techniques et à la population, mais aussi contribuer à la réflexion théorique. Une fois cette dynamique lancée, il envisage dès à présent de consolider cet élan en constituant un réseau permanent d’expertise en ce domaine, facultant des enseignements, fournissant de l’information, encourageant la recherche et la formation en technologies saines et qui favorisent l’"empowerment" des femmes.

En s’attachant à comprendre la façon dont se construisent les rapports sociaux et surtout les relations de genre autour des problèmes d’environnement dans les villes, le projet souhaite connaître et éclairer les pratiques des responsables politiques et techniques, afin de contribuer à les modifier, à favoriser l’engagement des citoyens et des citoyennes, à aller vers une transformation des rapports sociaux et notamment les relations de genre, pour "construire" des cités vivables dans lesquelles hommes et femmes ont un accès équitable aux décisions.
 

2. Contribution du Projet aux transformations sociales

Le projet de recherche ici soumis concerne deux des domaines prioritaires de recherche définis par le programme MOST:
  • "les villes comme lieux de transformations sociales accélérées" ;
  • "la gestion locale et régionale des transformations économiques, technologiques et environnementales".
L’idée-force du projet est que les femmes urbaines, notamment celles particulièrement affectées par la dégradation de l’environnement et des conditions de vie dans les villes, par l’exclusion et par les transformations sociales en cours (dont la modification des structures familiales et des rôles socio-économiques des hommes et des femmes), se mobilisent pour faire face aux problèmes. Une meilleure connaissance de la façon dont les problèmes affectent les femmes et les hommes, de la manière dont des femmes (et des hommes) s’organisent pour les résoudre, des difficultés rencontrées dans ces initiatives, des rapports que ces mouvements entretiennent avec les autorités municipales, des conflits qui surgissent avec des représentants d’intérêts contradictoires, des possibilités de transformation de ces organisations, parfois éphémères, en organisations de défense de la citoyenneté et d’humanisation de la ville, sont importantes. D’autre part, il est important de comprendre comment fare fructifier ces initiatives sans pour autant se décharger sur les femmes de responsabilités qui incombent à l’Etat ou qui doivent être partagées équitablement avec les hommes, ainsi qu’avec d’autres acteurs économiques et sociaux.

Ces connaissances seraient utiles à tous ceux qui ont à prendre des décisions concernant la gestion de la ville et de l’environnement, qui formulent les politiques de développement, pour définir des modèles viables d’établissements humains, pour lutter contre l’exclusion sociale, pour encourager la participation des citoyens et citoyennes et des mouvements associatifs. Cette recherche pourrait ainsi contribuer au débat et à la réflexion plus générale sur l’orientation du développement, et notamment sur l’importance de la prise en compte des relations de genre pour une transformation réelles des rapports sociaux.
 

3. Objectifs

Le but de ce projet de recherche est de contribuer, par une meilleure connaissance des problèmes environnementaux dans les villes, des pratiques et des savoirs, à modifier la situation, notamment des femmes urbaines pauvres, dans la perspective de rendre les villes écologiquement vivables, de combattre l’exclusion, la violence et l’inégalité de genre, et de penser différemment l’avenir. Ce projet se veut être de recherche-action, l’urgence des problèmes environnementaux et la précarité des conditions de vie devant interpeller tous les acteurs, notamment ceux chargé de prendre des décisions.

Si l’objectif ultime est bien de gérer les transformations sociales nécessaires, les premiers objectifs de ce projet de recherche-action sont les suivants:

    1. Renforcer les capacités de recherche des institutions impliquées dans ce projet en ce qui concerne l’analyse des relations de genre et de l’environnement dans les villes. Développer une méthodologie de travail de recherche conjoint sur le thème "genre, environnement urbain, développement" entre les différentes disciplines concernées et les instituts de recherche.

    2. Réaliser des recherches comparatives afin notamment de :

  • Analyser les effets de la détérioration de l’environnement urbain sur les femmes et les hommes, en particulier les femmes pauvres, avec une attention spéciale à la santé environnementale.
  • Approfondir la recherche scientifique sur les connaissances des femmes urbaines en matière d’environnement, en évaluant les éventuelles pertes de connaissances sur l’utilisation des ressources naturelles (dues aux migrations en ville, à l’absence de zones et d’espaces verts, à la planification inappropriée des cités, ...) ainsi que leurs apports positifs généralement ignorés.
  • Etudier les problèmes de l’accès des femmes aux logements ainsi qu’aux infrastructures et services de base urbains.
  • Etudier la participation des femmes aux prises de décisions concernant l’environnement urbain, à tous les niveaux, ainsi que l’organisation des mouvements de femmes liés aux questions environnementales, ainsi que les initiatives innovatrices non forcément formellement structurées.
    3. Intégrer les résultats de la recherche dans la définition de "modèles" viables d’établissements humains aux relations de genre équitables, ainsi que de stratégies pour leur mise en oeuvre. Les "modèles" devront souligner la spécificité culturelle de chaque situation. Collaborer avec les différentes agences du système des Nations Unies impliquées.
    4. Fournir des connaissances aux décideurs et intervenants dans le développement de la ville et de l’environnement pour faire face aux problèmes. Donner aux mouvements de base liés aux questions de l’environnement dans les villes des éléments pour se consolider (formation, aide à l’organisation, information juridique ...). Contribuer, par les connaissances acquises, à améliorer les rapports entre le niveau local et municipal d’action.

    5. Contribuer à la réflexion théorique sur les liens structurels entre relations de genre, environnement urbain et développement. Démontrer la pertinence de la prise en compte des relations de genre comme élément clef pour transformer les villes.

    Ces premiers objectifs doivent être envisagés comme un premier élan, l’ambition et la suite logique de ce projet étant de se transformer en un processus permanent. Pour consolider l’effort réalisé, les objectifs suivants seraient poursuivis dans une deuxième phase :

    6. Contribuer à développer de l’information, des échanges et des recherches-actions participantes sur les thèmes genre, environnement urbain et développement, avec les instituts de recherche, les acteurs sociaux, les décideurs nationaux et municipaux et les organismes de coopération.

    7. Elaborer des propositions d’enseignements sur les thèmes genre, environnement urbain et développement à différents niveaux : décideurs, planificateurs, chercheurs, enseignants, étudiants, groupes de base.

    8. Elaborer des programmes de recherche et de formation sur des technologies qui soient appropriées au sens écologiquement saines et favorisant l’"empowerment" des femmes.

    9. Lancer les bases d’un "groupe de consultation" en genre, environnement urbain et développement pouvant aider d’autres instituts à se former dans ce domaine, et fournissant des services de recherche aux utilisateurs potentiels (mouvements de base, planificateurs urbains, agences de coopération...).
     

 4. Projets spécifiques des différents partenaires

Burkina Faso: Projet de recherche sur le travail d’une Association de Ouagadougou s’occupant de l’enlèvement des ordures ménagères, à but lucratif, dirigée par des femmes. Cette association a développé d’autres activités, comme la production de compost, l’éducation des jeunes pour l’environnement, etc..

Bénin: Projet de recherche sur le travail de deux ONG à but non lucratif, à forte participation de femmes, l’une s’occupant de l’enlèvements des ordures ménagères, l’autre de problèmes divers d’assainissement, dans des quartiers de Cotonou présentant divers problèmes environnementaux.

Sénégal: Projet de recherche sur l’identification et la mise en place d’actions our lutter contre la violence dans la ville-satellite de Pikine avec des jeunes, y compris le développement de méthodes participatives pour identifier les problèmes et leurs causes, d’activités génératrices de revenus auprès des groupements de femmes, d’initiatives dans le domaine de l’assainissement et de la sensibilisation aux problèmes d’environnement.

Argentine: Projet de recherche dans la petite ville de Campana, où se met en place un programme de réhabilitation environnementale par les autorités, et où fonctionne le programme national "Vida", utilisant les "manzaneras" (femmes responsables par quartier = "manzana") pour venir en aide aux plus démunis. Différents types d’organisations de femmes actives dans ce domaine et ces quartiers seront étudiés.

Brésil: Projet de recherche dans la ville de Santo André, proche de Sao Paolo. Des mouvements de femmes organisés y luttent pour obtenir des améliorations des conditions de vie, et une municipalité nouvelle y a été élue. Le projet se penchera sur un mouvement de base travaillant sur les thèmes "déchets", "mananciais" (points d’eau) et "transports" qui fait également de l’éducation sur l’environnement pour les jeunes.

Bulgarie: Projet de recherche dans la ville de lambol, sur les problèmes de transition de l’économie socialiste à l’économie de marché, la crise de subsistance, le retour à la production agricole des urbains, les transformations familiales et notamment de la position de la femme et des rapports sociaux hommes-femmes, dans ce contexte de crise.

Roumanie: Projet en cours d’élaboration.

Suisse: Projet en cours d’élaboration.
 

5. Institutions et chercheurs impliqués

Le projet élaboré par le Comité national suisse de liaison MOST, et la Commission nationale suisse pour l’UNESCO, implique un réseau d’institutions en Afrique de l’Ouest, en Amérique latine, en Europe de l’Est, en Suisse ainsi qu’un programme des Nations Unies spécialisé dans le domaine. Ce réseau est coordonné par l’Université de Neuchâtel et l’Institut Universitaire d’Etudes du Développement de Genève. Un groupe de coordination anime le réseau, assure l’avancement des projets spécifiques dans le sens du projet global, veille à l’emploi de méthodologies communes, à la comparabilité des recherches, et est responsable de la production de travaux de synthèse.

Les institutions impliquées sont les suivantes :
 

En Afrique de l’Ouest

    Bénin: Université du Bénin
    Burkina Faso: Association pour l’enracinement des jeunes dans leur culture
    Sénégal: Environnement et développement du Tiers Monde (ENDA)
En Amérique latine
    Argentine: Université de Buenos Aires
    Brésil: Université de Sao Paolo
En Europe de l’Est
    Bulgarie: Université de Sofia
La coordination du projet est assurée conjointement par :
    François Hainard
    Responsable de la recherche
    Institut de Sociologie, Université de Neuchâtel
    Pierre-à-Mazel 7
    2000 Neuchâtel
    Switzerland
    tel: (41-32) 718 14 20/14 25
    fax: (41-32) 718 12 31
    e-mail: francois.hainard@seco.unine.ch

    Christine Verschuur
    (consultante en relations de genre et développement)
    5 chemin des Vergers
    01210 Ferney Voltaire
    France
    tel/fax: (33) 450 40 10 17
    e-mail: christineverschuur@compuserve.com

La DDC (Direction du développement et de la coopération) du Département Fédéral des Affaires Etrangères à Berne assure un important soutien financier au projet.
 

6. Séminaire de Saint Domingue

Les responsables des équipes locales et les coordinateurs du projet se sont réunis du 7 au 13 septembre 1997 à Santo Domingo afin de lancer le travail conjoint. La présentation de chaque projet national par chaque équipe s’est suivie des discussions générales notamment sur l’approche, la problématique et la méthode.


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