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Projet IRMC - MOST/UNESCO

Mondialisation, ajustement et transformation
des sociétés rurales dans les pays arabes méditerranéens : 
recherche comparée avec les pays de la rive nord de la Méditerranée

RAPPORT D'ÉTAPE N°1
mai 1997

Le projet Mondialisation, ajustement et transformation des sociétés rurales dans les pays arabes méditerranéens : recherche comparée avec les pays de la rive nord de la Méditerranée, proposé par l'IRMC, a été agréé par le Comité scientifique du programme MOST/UNESCO en avril 1996.

Sa plate-forme initiale a fait l'objet d'une plaquette de présentation éditée par l'UNESCO, dont on trouvera ci-joint un exemplaire dans sa version française.

Un séminaire de lancement, organisé avec le soutien financier de la Représentation de l'UNESCO en Tunisie et en Libye, a réuni, à Tunis, les 20-22 février 1997, les représentants d'équipes de recherche des pays de l'aire de référence, en vue de poser les jalons d'une mise en oeuvre de la plate-forme.

Le présent Rapport a pour objet de dresser un bilan à l'issue de la réunion de février 1997, de proposer des orientations de travail et d'esquisser un programme d'action.
 

I- Lancement du projet : bilan

Le bilan concernant la première étape du projet peut être dressé du triple point de vue de la constitution du réseau, des convergences thématiques et des perspectives de financement.
 

I-1Constitution du réseau

La réalisation du projet est fondée sur la mise en réseau d'équipes de recherche implantées dans les différents pays de l'aire de référence (Maghreb, pays arabes méditerranéens, pays tiers méditerranéens de la rive nord, pays membres de l'Union Européenne) : Algérie, Libye, Maroc, Tunisie ; Égypte, Jordanie, Palestine ; Albanie, Turquie ; Espagne, France, Grèce, Italie, Portugal.

Ces équipes sont actuellement en voie de constitution à partir de structures préexistantes, exception faite du cas de la Libye, où des contacts sont en cours pour l'identification de possibles partenaires. Elles ont été représentées lors de la réunion de Tunis par leur responsable ou l'un de leurs membres désigné à cet effet. Toutefois, du fait de l'indisponibilité de dernière minute de M. Dimitris GOUSSIOS (Université de Thessalie, Volos), l'équipe grecque n'a pu s'associer à la rencontre.

La liste ci-après des participants au Séminaire rend compte des caractéristiques d'un réseau qui reste ouvert à d'autres participations :

Représentants des équipes nationales

- Mohamed Hassen ABDELAL, Centre de recherche sociale, Université américaine du Caire, Égypte

- Fernando-Oliveira BAPTISTA, Département d'Économie agraire et de Sociologie rurale, Institut Supérieur d’Agronomie, Université technique de Lisbonne, Portugal

- Slimane BEDRANI, Centre de Recherches en Économie Appliquée (CREAD), Institut National Agronomique d’El Harrach, Alger, Algérie

- Paola BERTOLINI, Faculté d'Économie politique, Université de Modène, Italie

- Pierre CAMPAGNE, Institut Agronomique et Méditerranéen de Montpellier, France

- Felisa CENA, Département d'Économie, de Sociologie et Politique agraire, Université de Cordoue, Espagne

- Laure de CENIVAL, Solagral, Paris, France

- Adrian CIVICI, Département "Économie et politique agricole", Faculté d’Agriculture de Tirana, Albanie

- Kamal EL HABBASH, Directeur Général de la Planification, Ministère palestinien de l’Agriculture

- Mohamed MAHDI, École Nationale d’Agriculture, Meknès, Maroc

- Ahmet SAHINOZ, Faculté des sciences économiques et administratives, Département d’économie, Université Hacettepe, Ankara, Turquie

- Mohamed Shafie SALLAM, Agricultural Extension and Rural Research Institute (AERDRI), Giza, Égypte

- Zeyneb SAMANDI, Secrétariat d'État à la Recherche Scientifique et Technologique, Tunis, Tunisie

- Mohamed TARAWNEH, Institut d’Archéologie et d’Anthropologie, Université de Yarmouk, Irbid, Jordanie
 

Comité de pilotage du projet

-Lilia BEN SALEM, professeur de sociologie à la Faculté des Sciences Sociales et Humaines de Tunis

- Michel CAMAU, Directeur de l’IRMC

-Abdallah CHERIF, professeur de géographie à la Faculté des Lettres de La Manouba, Tunis

-Mohamed ELLOUMI, Chercheur INRAT-Tunis, chercheur associé IRMC, Coordonnateur scientifique du projet
 

Représentation du programme MOST

Carlos S. MILANI, Division des sciences sociales-UNESCO.
 

I-2 Convergences thématiques

Lors de la réunion de février 1997, les exposés introductifs, les interventions des participants, les propositions des rapporteurs et les débats ont permis d'énoncer une série de thèmes significatifs des centres d'intérêts des différentes équipes :
 

A -Formes d'émergence de la mondialisation

A.1 -Le GATT et/ou le PAS au regard de chaque pays

A.2 -Le partenariat nord/sud et les différentes formes de coopération multilatérale : UE, PAC, PTM, UMA ...

A.3 - Les différentes formes d'intégration régionale.

 
B -Formes de modification des fonctions de l’État B.1 - Contrôle de l’État et suivi des effets de la mondialisation.

B.2 Sur la scène nationale :

* Passage du rôle d'acteur du développement à un rôle de médiation avec les transformations de l'environnement international.

* Politiques de sécurité alimentaire..

* Politiques d'aménagement du territoire.

B.3 - Mutations des instances de développement.

B.4 - Relations de l’État avec la société civile : négociation et régulation des relations entre les partenaires.

B.5 - Utilisation des ONG comme acteurs du développement.

 
C -Relations entre mondialisation et dynamique des sociétés et des espaces ruraux C.1 - Mutation des systèmes productifs et des activités en milieu rural.

C.2 - Mutations des rapports à la technologie.

C.3 - Modes d'organisation :

* Circulation de l'information

* Institutions et rôles des organisations professionnelles et des ONG.

* Rapports sociaux.

* Foncier et structures agraires.

C.4 - Niveau, mode et degrés d'intégration au marché :

* Analyse en termes de filières.

* Productions destinées à l'exportation.

C.5 Effets sociaux et écologiques :

* Sur les groupes marginaux et fragiles : alimentation, revenu ...

* Sur les écosystèmes : désertification, salinisation, reproductibilité des différentes formes de production agricole...
 

I-3 Perspectives de financement

Le fonctionnement du réseau et le soutien des équipes dans leurs activités postule la mobilisation de moyens. L'UNESCO servira durant les deux années à venir (1998 et 1999) une subvention (de l'ordre de 15 à 20 000 $ US) qui devrait permettre de financer l'organisation des réunions annuelles du réseau. De plus, l'UNESCO apportera son soutien pour la publication des résultats et les éventuelles traductions. Néanmoins, le concours d'autres bailleurs de fonds s'avère nécessaire.
 

II- Orientations de travail

Les convergences thématiques constatées en février 1997 témoignent de bases d'accord pour la confrontation, l'échange et, partant, la comparaison, en fonction de trois axes :
    -les implications ou effets différentiels de la mondialisation par pays, régions et groupes sociaux ;
    -les transformations des politiques publiques, de leur mode d'articulation avec l'environnement international et de leur capacité de médiation au regard du niveau local et des groupes sociaux ;
    -les stratégies des acteurs telles qu’elles se déploient en relation avec les transformations de l'environnement national et international.
Toutefois, il convient d'expliciter la problématique qui sous-tend ces axes.

La mondialisation, comme l'ont rappelé Azzam MAHJOUB et Pierre CAMPAGNE dans les exposés introductifs présentés en février 1997, est généralement conçue comme un processus caractérisé par un déplacement des enjeux et modes de régulation sociale et économique au-delà et en deçà de l'espace configuré par l'Etat-nation : l'on assisterait tout à la fois au développement de dispositifs supra-étatiques (ensembles régionaux, organisation mondiale du commerce, réseaux transnationaux ...) et à l'apparition, à l'échelle infra-étatique, de nouvelles formes d'invention sociale. Autrement dit, la mondialisation ne consisterait pas seulement dans une mutation et une accélération des flux affectant, de "l'extérieur", le rôle et la marge d'intervention des États mais procéderait également de l'émergence, à "l'intérieur", de nouveaux acteurs et de nouvelles pratiques.

Ce sont précisément ces assertions qu'il nous appartient de vérifier ou de nuancer, au regard des transformations des sociétés rurales de notre aire de référence.

Dans cette perspective, les trois axes évoqués ci-dessus n'ont de portée qu'analytique. Ils correspondent à trois coupes des mêmes phénomènes et tendances.

On ne saurait prétendre traiter isolément de la mondialisation, des politiques publiques et des stratégies des acteurs. En revanche, il est possible de privilégier trois sites d'investigation dans une première phase de réalisation du projet.

Une première coupe se rapporterait à la mondialisation envisagée non point comme processus mais comme variable intervenante de politiques nationales : autrement dit, il s'agirait d'appréhender pour chaque pays un ensemble de contraintes et d'opportunités "externes" considérées, pour la commodité de l'analyse, comme des "intrants" d'orientations et de pratiques à l'échelle nationale : les accords du GATT, les Plans et Programmes d'Ajustement Structurel, les Accords euro-méditerranéens ...

Ce travail figure parmi les conditions nécessaires mais non suffisantes de nos investigations.

La deuxième coupe ne concerne que partiellement les politiques publiques. Celles-ci ne résultent pas seulement de dispositifs étatiques mais procèdent tout autant d'interactions entre divers acteurs nationaux (dont l'État) et internationaux.

Momentanément, ces politiques seront envisagées sous le seul angle des dispositifs étatiques d'adaptation ou de résistance aux transformations internationales et nationales. Par là, on désigne les modalités suivant lesquelles les États, en tant qu'appareils et modules de territorialisation, demeurent des acteurs et des variables des transformations.

L'accent sera mis sur les relations avec la société civile dans la mesure où cette dernière notion est souvent invoquée pour caractériser le réaménagement du rôle et du potentiel étatiques.

La troisième coupe correspondra aux pratiques proprement dites des acteurs non gouvernementaux des sociétés rurales. Elle appréhendera les dispositions dont font preuve ceux-ci pour affronter les nouvelles donnes liées aux contraintes et opportunités externes ainsi qu'aux dispositifs étatiques.

Les résultats de ces trois séries d'investigation permettront, dans une deuxième étape, d'élaborer des schémas d'intelligibilité des relations entre les transformations des sociétés rurale et un processus de mondialisation dont les États et les acteurs locaux sont, tout autant, sujets et objets.
 

II-1 La mondialisation, comme variable intervenante

M.E.
 

II-2 Dispositifs étatiques et société civile

L.B.S.
 

II-3 Stratégies et pratiques des acteurs

A.C
 

III- Programme d'action

III-1 Travaux des équipes constitutives du réseau

Il est demandé à chaque équipe de réagir à ces orientations en précisant notamment les intitulés des travaux que ses membres se proposent d'entreprendre pour traiter les questions évoqués ci-dessus.

Échéance : 1er juillet 1997
 

III-2 Lettre du Réseau

Le Comité de pilotage réunira ces informations, les mettra en perspective et les diffusera sous la forme d'un premier numéro de la Lettre du Réseau.

Échéance : Octobre 1997
 

III-3 Table-ronde

Une table-ronde réunira les représentants des équipes pour confronter les résultats de cette première étape et dégager les orientations de la deuxième phase de réalisation du projet.

Échéance : Mai 1998
 

III-4 Préparation de la table-ronde

Le Comité de pilotage formulera des propositions sur le lieu et les modalités de déroulement de la table-ronde dans le premier numéro de la Lettre du Réseau.

Échéance : Octobre 1997
 

III-5 Mobilisation de financements pour la réalisation du projet


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