![]() |
| You
are in the MOST Phase I website (1994-2003). The MOST Phase II website is available at: www.unesco.org/shs/most. |
|
United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture |
Assurer de façon durable l'avenir de tous ceux qui vivent dans une extrême pauvreté est la condition préalable de la paix mondiale et du développement. L’accès aux services de la microfinance a fait naître l'espoir chez les millions de ménages parmi les plus démunis qui en bénéficient. Si l'on veut qu'ils s'amplifient et se pérennisent, les résultats obtenus dans le domaine de la microfinance devront se doubler de mécanismes propres à assurer les services sociaux de base, particulièrement dans les domaines de l'éducation et des soins de santé, qui sont nécessaires à l'amélioration de la qualité de vie des laissés-pour-compte. Ce n'est pas aux institutions spécialisées dans la microfinance qu'il incombera de mettre en place ces services complémentaires mais aux divers partenaires du développement. L'UNESCO, organisation pluridisciplinaire, est bien placée pour soutenir les initiatives dans le domaine de la microfinance et pour compléter ces mesures en prenant en charge la dimension sociale et culturelle du développement. C'est en unissant leurs forces et à ce prix seulement que les
institutions locales, les sociétés civiles, les ONG, les
gouvernements et les organisations internationales sauront mobiliser l'énergie
et les ressources nécessaires pour s'atteler à leur difficile
mission : éliminer la pauvreté.
Les pauvres des pays en développement, particulièrement ceux qui n'ont pas valablement accès à la terre cultivable ou à un emploi rétribué, recourent pour subvenir à leurs besoins à toutes sortes d'activités non salariales dans l'agriculture, le commerce, l'artisanat, et la petite entreprise familiale. Les services financiers dont ils ont besoin, prêts modestes et petits placements d'épargne, ne rentrent pas dans les critères bancaires ordinaires. Le cadre réglementaire dans lequel les banques classiques opèrent rend très élevé le coût administratif d'une transaction de microfinancement. En outre, n'ayant pas assez d'actifs susceptibles de servir de nantissement ou de garantie, les pauvres ne remplissent pas les conditions requises pour être clients de ce genre d'établissement. L'impossibilité pour les pauvres d'avoir accès au crédit, ne serait-ce qu'à hauteur des très petites sommes qui leur sont nécessaires pour financer leur propre micro-entreprise ou d'autres activités génératrices de revenus, les empêche d'améliorer leur rentabilité, leur productivité et leur participation à la vie économique. Fortes de leur ingéniosité, de stratégies novatrices et d'une détermination à toute épreuve, des institutions locales d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine ont réussi à mettre sur pied des services de microcrédit et d'épargne pour les pauvres, qui ont donné lieu à des taux de remboursement remarquables. En imaginant des formules originales et des produits nouveaux, en simplifiant les procédures de prêt, en établissant un contact direct et régulier avec les clients et en appliquant les taux d'intérêt du marché, elles ont su démontrer non seulement qu'il existe aujourd'hui des "technologies financières" capables d'offrir des services de qualité accessibles à un grand nombre de personnes pauvres, mais aussi qu'il est possible d'offrir des services financiers aux pauvres et même aux très pauvres dans des conditions commercialement viables. Toutefois, en dépit des résultats remarquables de certains
programmes de microfinancement, l'accès à ces services reste
limité. Il faut donc parvenir à assurer aux pauvres du monde
entier la possibilité de bénéficier durablement de
services financiers de qualité.
Toutefois, la pauvreté n'est pas uniquement due à l'insuffisance de revenus ou au manque d'accès stable à des services financiers. La lutte contre la pauvreté, processus complexe, ne peut être menée à bien par une intervention si réussie soit-elle qui se limite à un seul domaine. Aujourd'hui, un cinquième - c'est-à-dire plus d'un milliard de personnes - de la population mondiale est privé des moyens de subvenir à ses besoins essentiels et se bat pour faire face et survivre. Pour réduire la vulnérabilité et l'insécurité des pauvres et apporter des améliorations durables dans leur vie, il ne suffit pas de leur assurer un gagne-pain, il faut aussi qu'ils profitent des investissements opérés dans les secteurs de l'éducation, de la santé et des autres services indispensables, qui sont tous étroitement liés les uns aux autres. Si bien conçus qu'ils soient, les programmes de microfinancement n'auront qu'un effet limité sur la qualité de la vie des pauvres si l'analphabétisme (qui touche 885 millions de personnes), la faim et la malnutrition (800 millions de personnes) se maintiennent à leur niveau actuel. Par contre, une meilleure éducation, une meilleure santé, etc., ne manqueront pas d'améliorer l'efficacité, la productivité, et les perspectives économiques des bénéficiaires des programmes de microfinancement. Tel est donc le moyen de mettre sur pied une stratégie efficace de lutte contre la pauvreté qui aille au-delà des considérations purement économiques et financières et tienne compte des dimensions sociales et politiques du développement. S'il importe de conjuguer tous les efforts si l'on veut que 100 millions
de familles pauvres puissent bénéficier de services microfinanciers
de qualité d'ici à l'an 2005, il ne l'est pas moins de veiller
à ce que ces mêmes personnes aient accès aux autres
catégories de services. Pour gagner en impact et en durabilité,
les résultats obtenus dans le domaine de la microfinance devront
s'accompagner de programmes d'aide, particulièrement dans le domaine
de l'éducation et de la santé, adaptés aux besoins
et aux aspirations des pauvres. Ce n'est pas aux institutions de microfinancement
qu'incombera la responsabilité d'imaginer les mécanismes
inédits qui assureront à un maximum de ménages pauvres
l'accès aux autres services indispensables, mais aux différents
partenaires du développement.
Dans le cadre d'une stratégie cohérente pour l'élimination de la pauvreté, l'UNESCO peut apporter un concours de poids à ceux qui défendent le principe de services microfinanciers, et ce de deux façons :
L'éducation, clé du développement et de l'intégration - une éducation tournée vers l'apprentissage de la vie courante, directement liée à l'activité économique -, aide les pauvres à devenir un atout pour eux-mêmes et pour leur pays. L'éducation des emprunteurs peut être conçue de manière à leur fournir les informations essentielles sur les services socio-économiques à leur disposition et aussi de manière à leur enseigner les bases du calcul, de la lecture et de l'écriture, de la science et de la technologie, facteurs de productivité et d'intégration sociale. Différentes modalités éducatives doivent être mises en place pour répondre aux besoins des différents groupes, les programmes eux-mêmes étant définis conjointement avec eux. Une approche participative garantira la pertinence des programmes, ainsi qu'un intérêt soutenu des groupes cibles pour les activités, une bonne adaptation à leurs besoins et la souplesse fonctionnelle et administrative des programmes. Afin que la pauvreté ne se transmette pas d'une génération à l'autre, on doit prêter une attention toute particulière à l'éducation et au bien-être des enfants des pauvres. Dans bien des cas, les enfants sont impliqués dans les activités sur lesquelles débouche le microcrédit. Par exemple, la famille qui va élever une vache laitière ou se lancer dans un petit métier enverra les enfants livrer le lait ou vendre dans la rue. Peut-être est-il nécessaire que les enfants aident leurs parents, mais il est de la plus grande importance que les parents apprennent à organiser les activités que le microcrédit rend possibles de telle sorte que les enfants puissent recevoir une bonne éducation. A partir du moment où des services de microcrédit existent, il faut informer les pauvres des différentes formules offertes et leur dire comment faire pour y avoir accès et comment utiliser le pouvoir qu'ils ont en tant que groupe pour faire valoir leurs droits. L'éducation, qui n'est en rien la solution miracle de toutes les difficultés rencontrées par les pauvres, est cependant primordiale pour leur développement et leur intégration sociale, particulièrement dans le cas des femmes et c'est pourquoi elle est à l'UNESCO la priorité des priorités. En outre, l'éducation doit démythifier la technologie et apprendre aux pauvres à utiliser celle-ci dans leurs activités productrices. C'est pourquoi l'action de l'UNESCO, qui se situe dans le contexte d'une approche élargie du développement humain, est menée au niveau intersectoriel et en coopération avec d'autres institutions. La science et la technologie pour le développement : l'UNESCO peut aider les familles pauvres et les communautés rurales à créer de petites unités de production ou des micro-entreprises ou bien à acheter du matériel qui contribuera directement à améliorer leurs conditions de vie et leur production. Avec l'appui du Programme solaire de l'UNESCO, les communautés pourraient acquérir des équipements fonctionnant à l'énergie solaire : pompes solaires pour tirer l'eau des puits et pour irriguer, réfrigérateurs solaires pour la conservation des vaccins, fours solaires à usage ménager. L'UNESCO peut aussi aider à établir de petites entreprises, dans le cadre de son programme de coopération université-industrie-entreprises de transformation des denrées alimentaires et conserveries, ateliers de mécanique et de réparations diverses, ateliers de fabrication d'auxiliaires pédagogiques en bois et en plastique. Culture et développement : dans les pays en développement, les métiers artistiques et artisanaux assurent l'emploi et les moyens de subsistance d'une grande partie de la population. Pourtant, dans beaucoup de pays, nombreux sont ceux qui sont forcés pour des raisons indépendantes de leur volonté de quitter le métier qu'ils exercent. Ils deviennent alors des manœuvres déracinés, dont personne n'a besoin. Si on n'élabore pas des stratégies bien conçues pour leur venir en aide, le nombre des chômeurs augmentera et de nombreux savoir-faire disparaîtront. Il faut donc défendre les industries culturelles, l'artisanat et les arts traditionnels du spectacle, en ce qu'ils sont partie intégrante de l'innovation essentielle au processus du développement. On ne tirera pleinement parti du potentiel de la microfinance comme moyen propre à soulager la misère dans le monde que si ce qu'elle permet de produire trouve des débouchés appropriés. Soucieuse de préserver l'héritage culturel, l'UNESCO s'emploie actuellement à donner plus de visibilité à la création et aux industries culturelles des pays en développement. S'agissant de l'artisanat, elle mettra tout particulièrement l'accent sur la formation, l'élaboration de nouveaux modèles, les mécanismes de protection et de production concernant en particulier les femmes artisans dans les pays en développement, et sur la liaison à opérer entre tous ces efforts et ceux déployés dans le domaine de la culture et du tourisme pour créer des ouvertures au niveau du marché et de l'emploi indépendant. Actions en faveur de la cohésion sociale : le recours aux sciences humaines et sociales s'impose si l'on veut comprendre les facteurs culturels, sociaux et économiques et les forces psychosociales qui sont à l'origine, bien souvent, de la pauvreté. Des actions spécifiques seront menées au sujet de la pauvreté et de l'exclusion afin de mieux comprendre ces problèmes. Les mesures prévues sont les suivantes : évaluation des formes non économiques d'exclusion, élaboration de principes directeurs pour promouvoir la cohésion sociale par des pratiques démocratiques de gouvernement et la citoyenneté, ainsi que par l'exercice des droits fondamentaux ; mise en œuvre de méthodologies orientées vers l'action et d'actions visant à combattre la pauvreté et l'exclusion, et à intensifier les activités de renforcement des capacités de développement économique et social ; resserrement des partenariats avec les organisations locales afin de contribuer à assurer à la population des moyens de subsistance durables. Il est possible de mettre en place des services sociaux - assainissement, alimentation en eau, logement - et des programmes générateurs de revenus qui améliorent le niveau de vie des ménages pauvres sans porter atteinte à leur culture. La communication, l'information et l'informatique au service des pauvres : ce sont là des moyens qui sont appelés à contribuer grandement à l'efficacité du fonctionnement des systèmes microfinanciers. La communication et l'information à assurer se situent à deux niveaux : entre les banques participantes et entre ces banques et leurs clients potentiels - quels que soient leur nombre, leur degré de pauvreté et même s'ils sont analphabètes. Dans le premier cas, on pourrait établir un réseau permettant un accès permanent à l'information et un échange d'informations et de données en rapport avec les processus bancaires eux-mêmes. Cela peut se faire par l'Internet s'il existe déjà dans le pays une infrastructure en matière de télécommunications. Dans le deuxième cas, on lancerait une campagne de communication ciblée pour informer les clients potentiels des questions traitées : épargne, gains et principes de remboursement. En l'occurrence, les difficultés sont multiples. Comme la plupart des clients sont analphabètes ou savent à peine lire et écrire, ils ne seraient pas en mesure de profiter des services offerts sans informations compréhensibles par tous, y compris les analphabètes. La radio communautaire notamment est un excellent moyen pour diffuser ce genre d'informations comme aussi des programmes d'alphabétisation (enseignement à distance) et autres émissions sur des questions de développement social - soins de santé, assainissement, environnement, nutrition etc. Une couverture médiatique permanente de l'opération peut aussi être assurée. Lorsqu'il existe déjà, le réseau de télécommunications peut être étendu aux zones rurales. Sinon, il n'est pas compliqué d'en créer un. Il serait avantageux et recommandé de recourir dans ce cas à des technologies de l'information et des télécommunications offrant une vaste palette d'applications et facilement adaptables à des environnements variés. On notera en outre que le prix de ces technologies ne cesse de baisser. L'aménagement de l'accès à l'Internet peut donc se faire facilement et économiquement. Pour apprendre aux clients à utiliser ces nouveaux outils technologiques, il faudra créer de nouveaux logiciels spécialement adaptés à leurs besoins, au contexte culturel et surtout conçus en fonction de leur niveau d'instruction. On impartira aux clients et au personnel des banques gérant le projet la formation voulue pour qu'ils sachent utiliser et entretenir cet équipement. Dans les localités non électrifiées, il faudra envisager le recours aux sources d'énergie renouvelables, solaire, éolienne, etc. Les idées exposées ci-dessus ne sont que de simples exemples des actions que l'UNESCO pourrait mener pour amplifier les perspectives offertes par le programme de microfinancement. On fera pour chaque population cible une étude de ses caractéristiques
socio-économiques et aussi de ses besoins spécifiques et
les activités seront conçues en fonction de ces données.
Des activités au Bangladesh visant à améliorer la qualité de vie des personnes qui empruntent auprès de la Banque Grameen : pour compléter les services fournis par la Banque Grameen, l'UNESCO étudie actuellement les possibilités d'élargir l'éventail des choix et les perspectives des emprunteurs auprès de la Grameen et de leur famille au moyen d'activités dans les domaines de l'éducation, des sciences, de la technologie, de la culture et de la communication. Ce que l'UNESCO a fait de plus important en la matière est d'avoir mis sur pied un programme d'éducation de base pour améliorer l'accès des emprunteurs auprès de la Grameen et de leurs familles à l'instruction. Voici un résumé des activités menées dans ce cadre. L'UNESCO a financé une recherche sur 500 familles clientes de la Banque Grameen visant à déterminer dans quelle mesure les enfants de ces familles fréquentent l'école et à définir une ou plusieurs stratégies propres à garantir la scolarisation de tous les enfants. L'objectif est de faire en sorte que l'analphabétisme ne se transmette pas d'une génération à l'autre. L'UNESCO collabore avec des groupes d'emprunteurs à la mise au point d'un programme d'éducation et d'information. Ce programme couvrira des domaines que les emprunteurs jugent importants. Son organisation et son administration sont planifiées avec eux. Les groupes d'emprunteurs auprès de la Banque Grameen choisiront un "chef d'éducation", qui sera chargé de veiller à la participation des membres du groupe. Il a été convenu que l'UNESCO aiderait à établir des centres de ressources pour les groupes de villages. Ces centres se chargeront de diffuser des informations sur divers aspects de l'activité des clients de la Banque Grameen et d'autres villageois. Ceux-ci pourront aussi y tenir leurs réunions régulières. Outre à celui des centres de ressources, l'UNESCO participe au financement d'une "boîte de ressources" devant être transportée sur un rickshaw. Cette boîte doit servir à transporter des brochures informatives, des prospectus et une mallette de démonstration. Elle comportera aussi du matériel vidéo et des cassettes pour promouvoir l'éducation de base et l'information. Chaque "boîte à ressources mobile" desservira trois villages. On espère que la "boîte à ressources" contribuera à créer un environnement favorable à l'éducation des familles. L'objectif général est d'impartir une éducation qui prenne en compte les différentes dimensions du développement humain. L'UNESCO, tout en continuant de rechercher de nouveaux moyens d'y parvenir, ne travaille pas dans l'isolement mais en collaboration avec d'autres organismes ayant une expérience dans ce domaine. Les activités préparatoires sont en bonne voie et on espère lancer le programme au printemps 97. De plus, la participation de l'UNESCO au programme de coopération a consisté à:
Un atelier pour les pays de l'Asie centrale a eu lieu à Bishkek au Kirghizistan en mars 1996, suivi d'un voyage d'étude au Bangladesh pour étudier le système Grameen. L'UNESCO a fourni une aide notamment financière à la Banque Grameen pour la fabrication d'une mallette d'information en anglais, en français et en espagnol qui expose la philosophie, le fonctionnement et le succès de la Banque. Pour marquer l'Année internationale de l'élimination de la pauvreté, une réunion spéciale sur le thème "Créativité et artisanat : lutte contre la pauvreté" a été organisée à Paris en février 1996. Cette réunion était inspirée par l'exemple de l'action menée par la Banque Grameen pour aider les tisserands du Bangladesh à produire et promouvoir leurs tissus et contribuer par là à préserver le patrimoine culturel et à sauver de la pauvreté ces artisans qualifiés. Par cette manifestation, l'UNESCO a encouragé ses Etats membres à s'orienter dans des voies analogues. La réunion a aussi mis en lumière les liens entre la richesse culturelle et le développement social et économique. |
To MOST Clearing House Homepage