» Entrée en vigueur du protocole relatif à la Gestion intégrée des zones côtières
31.05.2011 -

Entrée en vigueur du protocole relatif à la Gestion intégrée des zones côtières

© Marko PremVenice lagoon

La valeur de la zone côtière méditerranéenne est connue pour l’abondance et l’importance de ses écosystèmes encore fragiles tels que les plages, les dunes, les récifs, les lagons, les marécages, les estuaires et les deltas.

Au niveau régional, la valeur économique annuelle des écosystèmes dépasse 26 milliards d’euros (pour 2005) ce qui correspond à 120% du produit intérieur brut de la Tunisie. La surface couverte par la mer Méditerranée, elle est de 2,5 million de km2, les grands écosystèmes marins méditerranéens représenteraient donc un bénéfice de plus de 10 000€ par km2 (Plan bleu 2010). La Méditerranée est également connue pour ses sites culturels et son histoire. En effet, 48 sites du patrimoine mondial de l’UNESCO sont situés sur les côtes méditerranéennes.

La zone côtière méditerranéenne est néanmoins menacée en raison de sa vulnérabilité et de l’intense exploitation économique de ses ressources naturelles.

Ayant reconnu cet état de fait, les parties à la Convention de Barcelone, base légale pour le Plan d'action pour la Méditerranée (PAM) du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), ont signé en 2008 un protocole relatif à la Gestion intégrée des zones côtières (GIZC). Le protocole GIZC est entré en vigueur en mars 2011 suite à une sixième ratification faite par la Syrie.

Ce protocole est un instrument légal unique qui promeut le développement durable des côtes, et fourni un moyen efficace qui vient assurer que les activités humaines prennent en considération, dans une perspective à long terme : une économie équilibrée, des objectifs et des priorités sociaux et environnementaux.

Le protocole est novateur, global, tourné vers l’avenir et prend en considération toutes les problématiques majeures pour l’environnement côtier et sa protection au 21e siècle.

Parmi les parties contractantes et celles qui ont d’ores et déjà ratifié le protocole l’Union européenne (UE) a montré un engagement fort pour la protection et le développement durable de la côte méditerranéenne. L’UE a financé un projet majeur de recherche PEGASO (People for Ecosystem-based Governance in Assessing Sustainable Development of Ocean and Coasts) comprenant 25 partenaires, pour le développement d’une méthodologie appropriée pour la mise en œuvre du protocole. La Commission océanographique intergouvernemental (COI) est l’un des partenaires clé de PEGASO étant responsable de la coordination de l’action menant à l’un des plus importants résultats escomptés : une évaluation régionale de la mer Méditerranée et de la mer Noire. L’évaluation régionale PEGASO délivrera bien plus que le conventionnel rapport sur l’état des côtes. Elle inclura des scénarios, des évaluations socio-économiques et tentera de prendre les indicateurs au plus haut niveau allant des données aux connaissances afin de soutenir efficacement les processus de décision et l’élaboration des politiques.

En outre, la COI est impliquée dans la mise en œuvre du protocole par le biais des activités du Groupe intergouvernemental de coordination du Système d'alerte rapide aux tsunamis et de mitigation dans l'Atlantique du Nord-Est, la Méditerranée et les mers adjacentes (GIC/NEAMTWS). La partie IV du protocole concerne directement les risques qui affectent les zones côtières, en particulier les risques naturels, l’érosion côtière et les réponses aux catastrophes naturelles. Les zones côtières méditerranéennes sont particulièrement vulnérables aux catastrophes naturelles. Les tremblements de terre ont couté la vie à plus de personnes qu’aucun autre évènement de ce type et environ 70 tsunamis ont affecté la côte italienne les 900 dernières années, la catastrophe naturelle la plus tragique étant le tremblement de terre de Messine en 1908 qui a fait 100 000 victimes. Lors de la dernière réunion de l’équipe spéciale GIC/NEAMTWS sur l’approche multirisque aux inondations côtières, le protocole a été considéré comme le document légal de référence ayant pour vocation la réduction des effets des catastrophes naturelles et l’engagement de réaliser une évaluation de la vulnérabilité et des risques.

Une telle évaluation, qui fait cruellement défaut dans bien des zones côtières, constitue un outil indispensable à la préparation aux situations d’urgences et à l’atténuation des risques, ce qui signifie en retour une réduction du nombre de victimes en cas de catastrophe naturelle.
Par la création de synergies, l’engagement pris de réaliser les activités prévues mais également par le développement de nouvelles activités, la COI collaborera activement avec PNUE-PAM à la promotion et à la mise en œuvre de cette étape importante pour la protection des océans et des mers qui est déjà considéré comme un modèle pour des initiatives similaires dans d’autres mers régionales.

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