» Sauver les forêts de l’Afrique de l’Est : une affaire lucrative
27.10.2011 -

Sauver les forêts de l’Afrique de l’Est : une affaire lucrative

Il y a à peine 40 ans, l’Éthiopie était couverte de forêts ; il n’en reste aujourd’hui qu’une superficie de 3%, essentiellement dans les réserves de biosphère de café de Kafa et de Yayu, désignées en 2010. Ces forêts contiennent 25 millions de tonnes de carbone dans leur biomasse. Quelque 600 000 tonnes de carbone pourraient être soustraites annuellement de l’atmosphère par la croissance naturelle de la forêt, à condition qu’elle reste intacte. Or, les forêts sont menacées par des coupes claires effectuées au profit de l’agriculture et des plantations industrielles de café et de thé. Récolter le café sauvage, à l’inverse, ne fait aucun mal à la forêt.

Un projet d’une valeur de 3 millions d’euros, financé par le ministère allemand de l’Environnement, dans le cadre de son initiative internationale sur le climat, est mis en œuvre depuis 2009 et jusqu’en 2013 par NABU, une ONG locale. Son principal objectif est d’intensifier la séquestration du carbone dans la réserve de biosphère de Kafa par le reboisement et la restauration des forêts fragmentées et des zones dégradées.

En même temps ont été introduites des plantations communautaires d’espèces d’arbres à croissance rapide servant de bois de chauffe, ainsi que 10 000 réchauds à bois à haut rendement. La construction actuelle d’un hôtel modèle et l’institution d’un système de microcrédit, entre autres initiatives, ouvrent des perspectives de tourisme et d’emplois induits.

Du 1er au 20 avril de cette année, un stage de formation sur l’évaluation des stocks de carbone a été organisé dans la réserve de biosphère de café de forêt de Yayu. Le stage était dirigé par le Forum de l’environnement et du café de forêt, en collaboration avec le bureau de l’UNESCO à Nairobi et le Centre de recherches sur la conservation de la nature d’Afrique de l’Ouest au Ghana, qui a assuré la formation au moyen de conférences et d’évaluations de terrain. Forts de leurs connaissances nouvellement acquises sur la façon de recueillir les données du carbone de forêt, les 17 stagiaires venus d’Éthiopie, du Kenya, de Tanzanie et d’Ouganda ont pu estimer la quantité de carbone stocké dans les forêts de leurs pays. Ces informations étaient indispensables, entre autres, pour compléter l’étude de faisabilité du projet REDD+ de la forêt de café de Yayu. Les stagiaires ont été en mesure de terminer l’étude de faisabilité et, de concert avec les formateurs, de rédiger un manuel d’évaluation du carbone à l’intention des professionnels. Le stage s’est achevé par un séminaire d’une demi-journée, à l’Université Jimma, sur le changement climatique et le carbone REDD+ en tant que source potentielle de financement pour les activités de conservation.

L’objectif essentiel du stage était de permettre à ces quatre pays forestiers de profiter des opportunités offertes par la REDD+ de fournir des fonds supplémentaires à la conservation et à la réduction de la pauvreté. Sur le marché mondial du carbone, les émissions se négocient selon des systèmes de plafonnement et d’échange, ainsi que des crédits qui compensent la réduction des émissions de carbone. Les pays pouvant prouver qu’ils stockent du carbone, dans leurs forêts par exemple, peuvent vendre ces crédits sur le marché à des entreprises qui ont dépassé le plafond imposé à leurs émissions autorisées de carbone.

Extrait de Planète Science, Vol.9, N°4, un numéro célébrant le 40e anniversaire du MAB.
Source sur la réserve de biosphère de Kafa : Commission nationale allemande pour l’UNESCO (2011) Pour la vie, pour l’avenir : réserves de biosphère et changement climatique ; sur le stage de formation : n.raondry-rakotoarisoa(a)unesco.org

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