29.04.2016 - UNESCO Office in Dakar

La Convention de 2003 en Afrique de l’Ouest : deux nouvelles ratifications (in French)

©UNESCO/G. Alonso Cano

Deux nouveaux Etats de l’Afrique de l’Ouest viennent de rejoindre les 39 Etats africains parties à la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (PCI). Le Cabo Verde et la Guinée-Bissau ont en effet déposé leur instrument de ratification en janvier et en mars 2016 respectivement. Ils vont ainsi pouvoir s’appuyer sur ce cadre légal international pour renforcer leurs actions de sauvegarde de leur patrimoine vivant en vue du développement durable. Ces deux nouvelles ratifications reflètent le soutien continu fourni par l’UNESCO dans la sous-région.

L’UNESCO soutient la sauvegarde du PCI de l’Afrique de l’Ouest

Depuis trois ans, le Bureau Régional de l’UNESCO à Dakar met en œuvre la Stratégie globale de renforcement des capacités pour la sauvegarde du PCI au Burkina Faso, au Cabo Verde, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Niger et au Sénégal. Tous bénéficient d’un appui technique et financier qui répond aux besoins spécifiques de chaque pays.

4 axes d’intervention

  • Sauvegarder le PCI avec la participation des communautés à travers des projets, des inventaires, la revitalisation de la transmission aux générations futures et à l’adoption de mesures législatives, institutionnelles et techniques au niveau national.
  • Renforcer les capacités à l’aide de matériaux de formation, de facilitateurs et à travers des prestations de service dans les pays.
  • Préparer des demandes d’assistance internationale destinées au Fonds du PCI.
  • Elaborer des projets et/ou activités de sauvegarde.

Par pays

  1. Burkina Faso : L'inventaire et la promotion du PCI. Le pays a bénéficié d’une assistance financière avec pour objectif de fournir des données quantitatives et qualitatives sur les éléments du PCI présent sur le territoire national, de cerner leur état de viabilité et d’assurer leur promotion. Ce projet de 3 ans s’achève en juillet 2016.
  2. Gambie : un état des lieux et une analyse de besoins ont été conduits avec la participation d’un expert Malien, aboutissant à l’élaboration d’un projet multi-annuel de renforcement des capacités pour la sauvegarde du PCI.
  3. Guinée-Bissau et le Cabo Verde : Dans le cadre de la coopération Sud/Sud des pays lusophones, la Guinée-Bissau et le Cabo Verde bénéficient d’un appui technique et financier pour la sauvegarde du PCI. En Guinée-Bissau il s’agit plutôt de renforcer les capacités à travers des ateliers de formation et la participation de formateurs lusophones du Cabo Verde et du Brésil. Le dernier atelier de 5 jours s’est tenu en avril 2016 à Bissau. Le Cabo Verde bénéficie de formation sur les techniques d’inventaire. Plus d’information sur le projet PCI PALOP.
  4. Le Mali a bénéficié d’une assistance financière d’urgence pour l’élaboration d’un inventaire de son PCI avec un volet de renforcement des capacités autour d’ateliers de formation méthodologiques pour 190 bénéficiaires.
  5. Le Niger a bénéficié d’un projet Sauvegarde du PCI à travers le renforcement des capacités nationales. Les communautés de Boubon et Agadez se sont fortement impliquées dans la réalisation des inventaires qui ont été préparés lors d’ateliers de formation avec la participation de 39 personnes dont 16 femmes. La restitution finale a eu lieu le 9 mars 2016.
  6. Le Sénégal, grâce à une assistance internationale du Fonds du PCI, a effectué l’inventaire de ses musiques traditionnelles. Ce projet de 18 mois s’est finalisé le 1er février lors de la restitution. Plus d’information sur le projet. Ceci a débouché sur l’adoption de plans de sauvegarde.

La participation de directeurs de la région au Comité de sauvegarde du PCI

Du 30 novembre au 4 décembre 2015 s’est tenue la 10è Session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du PCI à Windhoek. L’UNESCO a apporté un soutien financier à sept Directeurs chargés du patrimoine culturel dans leur pays respectifs afin qu’ils puissent assister à cette rencontre très importante. Cette dernière a été occasion de faire entendre la voix de l’Afrique de l’Ouest, de partager sa connaissance et de faire valoir son expérience dans ce domaine.

« Nous sommes conscients de la richesse du PCI en Afrique de l’Ouest et de la nécessité de sauvegarder ce patrimoine exceptionnel qui a tendance à se fragiliser. Pour cela, les pays Africains ont besoin d’un soutien financier approprié leur permettant de sauvegarder durablement leur PCI et participer à des événements incontournables, comme la 10ème session du Comité, durant lesquels ils pourront apporter leur savoir-faire » souligne Guiomar, Alonso Cano, Chef de l’Unité Culture au Bureau de l’UNESCO à Dakar.

« Cela a été en effet une rencontre très satisfaisante. J’ai notamment appris sur les procédures d’inscription d’éléments sur la Liste représentative du PCI. Elles seront appliquées très prochainement par la Gambie ». Hassoum Ceesay, Directeur du patrimoine et du Centre national des Arts et de la Culture, Gambie

« La participation de la Guinée-Bissau a été bénéfique surtout au niveau du partage d’expérience avec d’autres pays, notamment les PALOP, en matière de PCI. Nous avons pu identifier de futurs partenaires potentiels en vue d’une meilleure mise en œuvre de la Convention dans notre pays et dans toute la région. Ces échanges ont indéniablement favorisé notre récente ratification de la Convention de 2003 ». João Cornélio Gomes Correa, Directeur général de la Culture, Guinée-Bissau

« La participation du Burkina Faso à la 10e session du Comité a permis de nous informer sur les dernières avancées en matière de sauvegarde du PCI ainsi que sur les nouvelles dispositions prises par l'UNESCO pour soutenir les Etats parties dans la mise œuvre de la Convention de 2003. Le Burkina Faso a saisi cette occasion pour présenter le bilan des actions de sauvegarde du PCI entreprises au niveau national notamment à travers l'Assistance Internationale accordée par l'UNESCO en 2012 portant sur l'inventaire et la promotion du patrimoine culturel immatériel au niveau national ».Vincent Sedogo, Directeur général du patrimoine culturel, Burkina Faso.

« Le Niger a pu échanger et présenter le projet de renforcement des capacités pour la mise en œuvre de la Convention de 2003 qui vient de s’achever ; nous avons notamment souligné l’impact très positif des travaux d’inventaire menés avec la participation des communautés ». Adamou Danladi, Directeur du patrimoine culturel, Niger.

Les éléments inscrits sur la liste du PCI dans les 7 pays :

Burkina Faso :

1. Les pratiques et expressions culturelles liées au balafon des communautés Sénoufo du Mali, du Burkina Faso et de Côte d’Ivoire (Avec le Mali -2012)

Cabo Verde : aucun pour le moment

Gambie :

Le Kankurang, rite d’initiation mandingue (2008)

Guinée-Bissau : aucun pour le moment

Mali :

La sortie des masques et marionnettes de Markala (2014)

Les pratiques et savoirs liés à l’imzad des communautés touarègues de l’Algérie, du Mali et du Niger (2013)

Les pratiques et expressions culturelles liées au balafon des communautés Sénoufo du Mali, du Burkina Faso et de Côte d’Ivoire (Avec le Burkina Faso-2012)

La société secrète des Kôrêdugaw, rite de sagesse du Mali (2011)

Le Sanké mon, rite de pêche collective dans le Sanké (2009)

La réfection septennale du toit du Kamablon, case sacrée de Kangaba (2009)

La Charte du Mandén, proclamée à Kouroukan Fouga (2009)

L’espace culturel du yaaral et du degal (2008)

Niger :

Pratiques et expressions de la parenté à plaisanterie au Niger (2014)

Les pratiques et savoirs liés à l’imzad des communautés touarègues de l’Algérie, du Mali et du Niger (2013)

Sénégal :

Le Kankurang, rite d’initiation mandingue (2008)

Le xooy, une cérémonie divinatoire chez les Serer du Sénégal (2013)




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