21.03.2012 -

Comment nourrir 2 milliards de bouches supplémentaires ?

Culture de riz, Nagaon, Inde

La population mondiale devrait passer de 7 milliards en 2011 à 9,1 milliards d’ici 2050. En même temps, la croissance de l’économie et de la richesse individuelle font que des habitudes nutritionnelles à base de féculents s’orientent de plus en plus vers des régimes à base de viande et de laitages, plus gourmands en eau. Produire 1 kg de riz, par exemple, requiert 3 500 litres d’eau, contre 15 000 litres pour 1 kg de bœuf et environ 140 litres pour une tasse de café.

Ces trente dernières années, c’est la transformation des habitudes nutritionnelles qui a eu le plus fort impact sur la consommation de l’eau par l’homme, et elle ne donne aucun signe de fléchissement. La combinaison d’une croissance rapide de la population et du changement de régime pourrait augmenter de 70 % la demande alimentaire d’ici 2050, d’après le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau.

La principale difficulté en matière d’agriculture sera non pas de produire 70 % de plus dans les 40 années à venir, mais de fournir dans chaque assiette 70 % de nourriture de plus. Réduire les pertes dans le stockage et la chaîne de production contribuerait déjà à diminuer le nécessaire accroissement de la production – et la dépense corollaire en eau.

L’élevage fournit non seulement de la nourriture, bien évidemment, mais aussi de la laine, des peaux et autres produits. Il compte actuellement pour 40 % dans la valeur mondiale du produit agricole. L’extension des terres d’élevage a provoqué de graves difficultés pour l’environnement. Elle a entraîné la déforestation dans des pays comme le Brésil, sans compter que dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’élevage intensif est devenu une source majeure de pollution. En 2008, 3 350 millions d’ha étaient consacrés à des prairies permanentes et au pâturage, soit plus du double de la superficie consacrée aux terres arables et aux cultures permanentes.

Selon des estimations récentes, près de 2 milliards d’ha de terres, dans le monde entier – soit le double de la superficie de la Chine – sont sérieusement dégradés, définitivement pour certains. Des technologies innovantes seront indispensables pour améliorer le rendement des cultures et leur tolérance à la sécheresse, ainsi que pour optimiser la distribution des engrais et de l’eau. Il existe déjà, par exemple, les technologies de collecte de l’eau de pluie, l’irrigation au goutte-à-goutte et d’autres méthodes efficaces, ainsi que les technologies de recyclage de l’eau grise dans l’agriculture périurbaine. L’eau grise provient de l’utilisation domestique non sanitaire de l’eau, comme le lavage de la vaisselle ou la douche. La FAO estime que 70 % des ménages urbains des pays en développement participent déjà aux besoins en eau de l’agriculture.

La mise au point de techniques de fertilisation organique augmenterait également l’efficacité de l’utilisation de l’eau en améliorant les capacités d’absorption des nutriments par les cultures et leur vitesse de croissance (voir encadré). Des bulletins agro-météorologiques émis en temps utile afin de faire face à une variabilité accrue du climat et de la pluviosité, des systèmes d’alerte rapide et la mécanisation – qui reste encore en retard dans beaucoup de pays – sont autant d’éléments qui contribueraient à un meilleur rendement de l’utilisation de l’eau.

L’agriculture figure pour environ 70 % de tous les captages effectués sur les réserves d’eau, et même pour 90 % dans certaines économies à croissance rapide. Les meilleures prévisions en matière de consommation mondiale d’eau du monde agricole – pour l’agriculture sèche et irriguée – annoncent une augmentation d’environ 19 % d’ici 2050. La consommation d’eau consacrée à l’irrigation augmentera essentiellement dans les régions souffrant déjà de pénurie.

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