04.06.2012 - ODG

What priorities for post-2015? - 'Mainichi Newspaper' (Japan)

Published in Mainichi Newspaper on 4 June 2012.

Quelles priorités pour l’après 2015 ?

En l’an 2000, fait unique dans l’histoire, les Nations Unies se fixèrent 8 objectifs concrets pour le développement à l’horizon 2015 : réduire l’extrême pauvreté, assurer l’éducation primaire pour tous, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle… L’échéance approche et l’heure du bilan aussi. Il faut également tirer les leçons des obstacles ou des erreurs pour nous projeter après 2015. Ce travail commence maintenant, et la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, à Rio +20, est la première étape de ce processus.

D’immenses progrès ont été réalisés. L'objectif de réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a été atteint en 2010. 52 millions d’enfants supplémentaires ont été scolarisés dans le primaire. Mais il faut faire plus. Il faut viser la qualité de l’éducation et construire des systèmes éducatifs plus inclusifs si l’on veut que les résultats soient durables.

Nous voyons aussi la nécessité de mobiliser davantage les populations concernées dans les programmes de développement, et de mieux prendre en compte les spécificités locales. Pour y parvenir, il est vital d’intégrer le facteur culturel et la diversité culturelle, grands oubliés de l’agenda 2000. La culture est non seulement un secteur économique dynamique, c’est aussi un moteur de participation et d’inclusion sociale. La prise en compte de la diversité culturelle est vitale pour gérer les mouvements migratoires, assurer la cohésion sociale et finalement la paix dans des sociétés plurielles où nous vivons. La culture doit figurer comme un facilitateur du développement dans les stratégies post 2015.

Nous pouvons libérer l’immense potentiel de la science et de la technologie, accélérer le partage des savoirs par la liberté d’expression. Ces outils sont des accélérateurs de développement et ils doivent être pleinement reconnus comme tels. L’UNESCO mettra tout en œuvre pour que ce potentiel soit reconnu à sa juste valeur. Les défis sont immenses, mais nous avons des raisons d’espérer. Je fais partie d’une génération qui a surmonté les divisions d’une Europe ravagée par les séquelles de la guerre. L’idéal humaniste progresse, il prend la forme de la déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée au lendemain de la guerre, et s’incarne à nouveau dans les objectifs pour le développement. Notre génération doit franchir une nouvelle étape de cet humanisme et cela commence à Rio.




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