27.08.2012 - Education Sector

Pourquoi enseigner les génocides ? L’exemple de l’Holocauste

© UNESCO/S. Cadel - La Directrice Générale de l'UNESCO Mme Irina Bokova face au mur des noms du Mémorial de la Shoah, à Paris, le 27 janvier 2012

« Que l’on vive en Afrique centrale, en Chine, dans le Pacifique Sud ou en Suisse, on doit être conscient du danger que constituent les génocides. Enseigner l’Holocauste, cela consiste en fin de compte à éloigner le plus possible l’humanité de cette forme extrême de meurtre de masse. »

Prononcés au Siège de l’UNESCO en janvier 2012, ces mots de M. Yehuda Bauer, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, nous aident à comprendre à quel point le souvenir de l’Holocauste est universel, et combien il est devenu important de nous assurer qu’il est enseigné au niveau mondial.  

De nombreux pays à travers le monde ont relevé le défi au cours de ces dernières années, dont plusieurs qui n’ont aucun lien direct avec le génocide du peuple juif. Cette évolution est le signe d’une plus grande compréhension du fait que, outre la nécessaire commémoration des victimes, apprendre et enseigner l’Holocauste contribue à faire progresser la prévention des atrocités de masse. Et ce, en mettant l’accent sur la compréhension des ramifications du génocide et de la violence de masse. Par ailleurs, l’enseignement de l’Holocauste offre aux enseignants la possibilité d’aborder des sujets sensibles liés aux droits humains, à la tolérance, à l’antisémitisme et au racisme, ainsi qu’aux mémoires difficiles.

Pour soutenir le développement mondial de l’enseignement de l’Holocauste, l’UNESCO lance deux nouveaux projets : une cartographie mondiale de l’enseignement de l’Holocauste et une consultation régionale, auprès de 13 pays africains, sur le thème « Pourquoi enseigner les génocides ? L’exemple de l’Holocauste. » Pour la première fois en Afrique, des leaders de l’éducation auront l’occasion de participer à un débat de fond sur ce sujet avec des enseignants spécialisés et des chercheurs dans les domaines de l’Holocauste et des génocides.

Réalisée en partenariat avec l’Institut Georg Eckert pour la recherche internationale sur les manuels (Brunswick,  Allemagne), l’étude consistera à cartographier l’enseignement de l’Holocauste dans tous les États membres de l’UNESCO, et notamment à identifier où et dans quels contextes l’Holocauste est enseigné. Par ailleurs, l’étude explorera les contenus des manuels dans plusieurs régions du monde afin d’analyser, dans une perspective comparative, les différentes représentations de l’Holocauste et la façon dont il est effectivement enseigné aux élèves et aux étudiants. Cette recherche sans précédent débouchera sur une série de recommandations ayant pour objet de conseiller les responsables de l’élaboration des politiques, notamment dans les pays qui souhaitent intégrer ce sujet dans leurs programmes d’éducation.

Parallèlement, l’UNESCO organise la première consultation sur le thème « Pourquoi enseigner les génocides ? » avec les États membres intéressés, en s’appuyant sur l’exemple de l’enseignement de l’Holocauste. De hauts responsables de l’élaboration des politiques éducatives de 13 pays d’Afrique subsaharienne se réuniront au Cap, en Afrique du Sud, les 10 et 11 septembre, avec des membres du personnel de l’UNESCO et des experts internationaux pour analyser  les méthodes utilisées pour enseigner l’Holocauste et les autres génocides, notamment au Rwanda et au Cambodge, et pour débattre du rôle de l’éducation dans la prévention des atrocités de masse.

L’objectif de cette première consultation est de préparer l’élaboration des programmes éducatifs liés à l’Holocauste et au génocide aux niveaux régional et national, en partenariat avec l’UNESCO. La consultation sera suivie d’une conférence à l’attention des apprenants et des enseignants, le 12 septembre à l’université du Cap, organisée par l’UNESCO en partenariat avec la Fondation sud-africaine sur l’Holocauste et les génocides  et le Centre Kaplan d’études et de recherches sur le judaïsme de l’université du Cap.




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