08.05.2016 - UNESCO Beyrouth

Sauvegarde d’urgence du patrimoine culturel syrien: experts internationaux et syriens se réunissent à Beyrouth pour discuter des inventaires et archives

Participants réunis pour une photo de groupe à l’issue de la réunion à l’UNESCO au bureau de Beyrouth © UNESCO Beyrouth 2016

La sauvegarde des inventaires et des archives relatives aux sites archéologiques, villes historiques, monuments et objets culturels syriens est une tâche cruciale dans la situation de crise actuelle. La numérisation et la préservation de ces inventaires est essentielle non seulement pour conserver le patrimoine culturel bâti, mobilier et immatériel mais aussi pour garantir une documentation de référence pour les activités de réhabilitation et de restauration dans la période post-conflit et pour la lutte contre le trafic illicite de biens culturels.

Dans le cadre du projet de sauvegarde d'urgence du patrimoine culturel syrien, financé par l'Union européenne et soutenu par les gouvernements flamand et autrichien, l'UNESCO travaille à favoriser les partenariats entre les institutions et experts syriens et internationaux en vue d'améliorer l'état de conservation des inventaires disponibles et des documents d'archives, dont certains sont conservés dans des conditions précaires.

A cet effet, une réunion d'une journée a été organisée au Bureau de l'UNESCO à Beyrouth le Vendredi 6 mai 2016 en vue d’opérer l'identification, la localisation, la numérisation, le stockage en lieux sûrs des inventaires syriens et la collecte d'archives du patrimoine culturel.

Lors de la réunion, des représentants d’instituts scientifiques, d’agences d’Etat, d’organisations à but non lucratif, de centres religieux et de groupes privés ont présenté leurs collections et ont parlé de leurs besoins pour améliorer leur état de conservation.

« Nous essayons de nous remettre sur de bons rails », a déclaré Reinhard Foertsch, directeur scientifique de l'Institut allemand d'archéologie. Foertsch a expliqué que la conservation des données relatives au patrimoine syrien est urgente qui aurait dû être entreprise beaucoup plus tôt.

« De nombreuses activités sont en cours et de nombreux groupes agissent plus ou moins de la même façon pour numériser et conserver des manuscrits et des documents. Ces différents groupes ne se connaissent pas nécessairement les uns des autres », a-t-il dit, soulignant l'importance de cette réunion pour aider à créer des partenariats et fournir aux projets syriens une expertise internationale et des formations dans la recherche numérique, le traitement des données et la conservation.

En collaboration avec le Musée d'art islamique de Berlin, l'Institut archéologique allemand a établi le projet d'archives du patrimoine syrien (SyrHer) afin de contribuer à la création d'un registre du patrimoine culturel syrien. En collaboration avec l'UNESCO et la Direction générale des antiquités syriennes (DGAM), le projet porte actuellement sur la numérisation et le stockage sécurisé des données de recherche sur la Syrie.

« Nous voulons construire un processus de préservation de notre patrimoine syrien à long terme. La pérennité de notre projet dans la préservation du patrimoine dépend du soutien et des partenariats des institutions syriennes », a déclaré Issam Ballouz du projet d'archives du patrimoine syrien. « Notre objectif est de commencer à trouver un accord avec nos partenaires syriens sur une méthodologie de travail ».

« Ce que nous faisons est pour le bien de toute la Syrie et est le fruit de notre attachement affectif à la Syrie en dehors de toute position politique », a-t-il dit. « Les représentants des institutions syriennes ici présents seront en mesure après cette réunion de communiquer aux décideurs en Syrie le reflet fidèle de ce que nous faisons afin d'aller de l'avant avec notre projet ».

Afin de faciliter le processus de numérisation des inventaires et la collecte d'archives, l'UNESCO a mis à la disposition des participants deux types de scanners spécialisés et fournira ultérieurement une assistance technique aux groupes intéressés dans le cadre d'une campagne de numérisation.

« Si nous n'entreprenons pas les efforts de documentation maintenant, il serait très difficile de réhabiliter nos sites plus tard, d'une manière efficace et scientifique », a déclaré Kheireddin Rifaei, chef du comité du patrimoine central au Syndicat syrien des ingénieurs. Rifaei a ajouté que des comités bénévoles du patrimoine répartis dans toute la Syrie travaillent en tant que groupes de surveillance indépendants pour atténuer les dommages au patrimoine et protéger certains sites de nouvelles destructions.

« Nous avons travaillé dans le domaine du patrimoine depuis plus de 25 ans. Nous sommes dans une position privilégiée pour documenter l'état des ruines archéologiques et autres sites du patrimoine », a déclaré Rifaei ajoutant que les comités pourraient bénéficier de collaboration avec l'UNESCO et d'autres institutions internationales.

« Nous sommes ouverts à des partenariats avec des organisations à but lucratif de partout dans le monde », a déclaré Sharon Smith, du Centre de documentation Agha Khan à l’Institut de technologie du Massachusetts. Elle a ajouté que la Fondation Agha Khan entreprend depuis longtemps des recherches sur la culture visuelle provenant de la Syrie et souligne la nécessité d'accroître la collaboration pour préserver le patrimoine en ce moment critique de l'histoire syrienne.

« Nous fournissons des documents visuels à des publics internationaux dans leur contexte afin qu'ils fassent sens et puissent être utilisés à des fins pédagogiques », a-t-elle dit. A l'issue de la réunion, les participants sont convenus d'évaluer les besoins de leurs collections par rapport à l'état de conservation et de numérisation de leurs manuscrits et documents. En se basant de l'analyse de ces informations, l'UNESCO, en coordination avec d'autres organisations, concevra un plan d'action selon un calendrier d'urgence et détaillera l'assistance à fournir aux propriétaires allant d'instruments de formation, aux matériel et espaces de stockage.




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