Historique

Une large part des vastes quantités d'informations produites dans le monde est d'origine numérique et se présente sous une grande diversité de formats : texte, base de données, son, film, image. Pour les institutions culturelles qui ont traditionnellement la charge de recueillir et de préserver le patrimoine culturel, il est devenu extrêmement urgent de savoir quels sont les matériaux qu'il convient de conserver pour les générations futures et comment il faut procéder à leur sélection et à leur préservation. Ce gigantesque trésor d'informations numériques produit aujourd'hui dans presque tous les domaines de l'activité humaine et conçu pour être accessible sur ordinateur risque d'être perdu si l'on ne développe pas des techniques et des politiques spécifique sen vue de le conserver.

Préserver ces informations soulève de nouvelles difficultés. Si l'on veut avoir accès à ce matériau sous sa forme originale, il faut maintenir l'équipement technique - matériel et logiciel originaux ou compatibles - en même temps que les fichiers numériques qui constituent les données concernées. Souvent les composants multimédia des sites Web, notamment les liaisons Internet, présentent une complication supplémentaire pour ce qui est du copyright et de la géographie : il devient parfois difficile de déterminer à quel pays appartient un site Web. 

L'UNESCO a étudié ces questions en vue de définir une norme pour guider les efforts de préservation qu'entreprennent les gouvernements à l'âge numérique. La Conférence générale a adopté la résolution 34 lors de sa 31e session, attirant ainsi l'attention sur l'augmentation croissante du patrimoine numérique dans le monde et sur la nécessité de lancer une campagne internationale pour sauvegarder la mémoire numérique des dangers qui la menacent. La Conférence générale avait aussi invité le Directeur général à préparer, pour la session du printemps 2001 du Conseil exécutif, un document à débattre qui comporte une ébauche visant à la fois à préserver des documents d'origine numérique et à encourager les organisations gouvernementales et non gouvernementales ainsi que les institutions internationales, nationales et privées, à garantir que les politiques nationales donnent une priorité absolue à la préservation du patrimoine numérique. 

Au cours de la réunion du Conseil exécutif de l'Organisation en mai 2001, les Etats membres se sont mis d'accord sur la nécessité d'une action rapide pour sauvegarder le patrimoine numérique. 

Pour résoudre la complexité des problèmes en jeu, la tâche de préservation exige d'impliquer les fabricants de l'information numérique, logiciels compris : ils devraient prendre en compte la conservation lorsqu'ils conçoivent leurs produits. Le temps n'est plus où la préservation était du ressort exclusif des institutions d'archivage. 

Coopération, orientation, direction et partage des tâches sont des éléments clés pour la sauvegarde du patrimoine numérique. Les institutions culturelles ont besoin de la coopération des créateurs de l'information et des fabricants de logiciels. Des ressources et un soutien adéquats au plan politique sont indispensables pour permettre aux générations futures de continuer à avoir accès à la richesse des ressources numériques dans la création desquelles nous avons tant investi au cours des dernières décennies. 

L'UNESCO a élaboré une stratégie fondée sur les constatations précédentes pour encourager la préservation numérique. Cette stratégie a pour axes principaux : (a) une vaste opération de consultation avec les gouvernements, les acteurs politiques, les producteurs de l'information, les institutions et les experts du patrimoine, l'industrie des logiciels ainsi que les organisations qui fixent les normes ; (b) la diffusion de directives techniques ; (c) la mise en place de projets pilotes ; (d) et la préparation d'un projet de charte sur la préservation du patrimoine numérique qui puisse être adopté par la Conférence générale lors de sa 32e session. 

Les Directives pour la sauvegarde du patrimoine numérique ont été élaborées par l’UNESCO en contrat avec la Bibliothèque nationale d'Australie. Ce document présente des directives générales et techniques pour la préservation et l'accès permanent au patrimoine numérique mondial en constante expansion. Il est destiné à accompagner la charte sur la préservation du patrimoine numérique. 

Colin Webb et la Bibliothèque nationale d'Australie ont élaboré ces directives et organisé la réunion de Consultation régionale sur la préservation du patrimoine numérique pour 
l'Asie et le Pacifique, qui s'est tenue à Canberra (Australie) du 4 au 6 novembre 2002. Ce fut la première d'une série de réunions de consultations régionales similaires qui ont eu lieu à Managua (Nicaragua) du 18 au 20 novembre 2002, à Addis-Abeba (Ethiopie) du 9 au 11 décembre 2002, à Riga (Lettonie) du 18 au 20 décembre 2002, et à Budapest (Hongrie) les 17 et 18 mars 2003. A ces réunions régionales ont participé quelque 175 experts originaires de 86 pays, représentant une large gamme de personnes et de disciplines concernées. Tous ont enrichi de leurs commentaires et réflexions les directives et la charte sur la préservation du patrimoine numérique.

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