Listes d'or des examens impériaux sous la dynastie des Qing

Patrimoine documentaire soumis par la Chine et recommandé à l'inscription au Registre Mémoire du monde en 2005.

L'examen du Palais constituait l'échelon suprême dans le système des examens de recrutement des fonctionnaires en vigueur sous la dynastie des Qing (1644-1911). Le déroulement de cet examen était préparé et présidé par l'empereur en personne. Les Listes d'or portaient sur une feuille de papier jaune les noms des candidats ayant passé l'examen avec succès. Ces documents témoignent du système d'examens des Qing, aboutissement d'une évolution longue de plusieurs siècles dont l'origine remonte à la dynastie des Sui (581 avant J.-C.). Sous les Qing, réussir aux épreuves de recrutement des fonctionnaires organisées à intervalles réguliers était pour les lettrés le seul moyen d'accéder à un poste officiel. La série d'examens successifs comprenait l'examen de district, l'examen de province, l'examen de la métropole et l'examen du Palais, qui avait lieu dans la Salle de l'harmonie préservée, dans l'enceinte du palais impérial. Les lauréats se voyaient conférer le titre de Jin Shi. Ils étaient répartis en trois classes et leurs noms étaient rendus publics sur une banderole de papier jaune appelée Liste d'or ou Liste jaune. Il en existait deux versions : la petite, qui était soumise à l'empereur, et la grande, qui était affichée à l'extérieur de la porte Chang An Men. Les grandes Listes d'or mesurent 1,50 à 2,20 m de long sur 80 à 90 cm de large. Elle sont tracées à l'encre de Chine dans les deux langues chinoise et mandchoue et revêtue du sceau de l'empereur. Le mandchou s'écrivant de gauche à droite et le chinois de droite à gauche, les deux textes se rejoignent au centre de la feuille avec la mention de la date et le mot Liste écrit en caractère chinois et en mandchou. Le document commence par un édit impérial, suivi des noms des lauréats des trois classes. Le sceau de l'empereur est apposé à l'endroit où figure la date dans les deux langues, ainsi qu'à la jonction des bords de deux feuilles de papier. Pour faciliter la suspension, des cordelettes sont fixées le long du bord supérieur à intervalles d'un mètre. Les petites Listes d'or mesurent 1 m de long sur 35 cm de large. Elles sont identiques à la grande sur le plan du style et du contenu. La seule différence est qu’elles ne sont pas revêtues du sceau de l'empereur.

Plus de 200 Listes d'or petites et grandes sont conservées par les Archives historiques n° 1; elles couvrent une période qui s'étend de la sixième année du règne de Kangxi (1667) à la vingt-neuvième année du règne de l'empereur Guangxu (1903). Tous les documents sont des exemples accomplis de calligraphie et peuvent être considérés comme de véritables œuvres d'art.

Il n'existe pour l'heure qu'un simple registre de ces Listes d'or. Un catalogue détaillé sera disponible sous peu.

Créé il y a plus de 1300 ans sous la dynastie des Sui (an 581 de l'ère chrétienne), le système des examens de recrutement des fonctionnaires a atteint son apogée à l'époque des Qing. C'est à cette époque aussi qu'il a pris fin. Il a eu une influence à l'étranger et a été copié par le Japon, la Corée et le Vietnam. Les ambassadeurs européens auprès de l'empereur en ont introduit des adaptations dans plusieurs pays d'Europe. Plus tard, les systèmes de recrutement de la fonction civile mis en place dans nombre de colonies et leurs États successeurs s'en sont inspirés.

Le contenu des Listes d'or de la dynastie des Qing est à la fois remarquable et exceptionnel, car il témoigne du dispositif central du système des examens - l'examen du Palais et la conception de la liste. C'est une source primaire pour l'étude du système d'examens de la Chine féodale. On peut y lire les noms de maintes grandes figures de l'histoire. Les Archives historiques n° 1 détiennent de nombreux documents connexes qui aident à comprendre les listes en les replaçant dans le contexte de leur époque.

Les Listes d'or de la dynastie des Qing sont des exemples caractéristiques des documents traditionnels chinois sur papier. Tracées à l'encre de Chine sur du papier fabriqué à la main, elles en sont l'une des principales formes et présentent un grand intérêt pour l'étude des documents chinois anciens. Étant par ailleurs rédigées à la fois en chinois et en mandchou, elles sont une source d'informations pour les spécialistes de l'étude comparée de ces deux langues.

Les documents étaient conservés à l'origine par le Grand Secrétariat et sont uniques au monde.

  • Année de soumission: 2005
  • Année d'inscription: 2005
  • Pays: Chine
Retour en haut de la page