Les Archives de la Compagnie de la Baie d’Hudson

Patrimoine documentaire soumis par le Canada et recommandé à l'inscription au Registre Mémoire du monde en 2007.

© Government of Manitoba

Le nom « The Governor and Company of Adventurers of England trading into Hudson’s Bay » (Compagnie marchande du Gouverneur et des aventuriers d’Angleterre à la Baie d’Hudson) est en général contracté en « Hudson’s Bay Company » (HBC) ou même « The Bay », ce qui a pour effet de circonscrire le territoire de la Compagnie de la Baie d’Hudson à celui que lui conférait sa charte à l’origine, c’est-à-dire le bassin hydrographique de la Baie d’Hudson, connu sous le nom de « Rupert’s Land » (Terre de Rupert). Nommé ainsi d’après le premier Gouverneur de la Compagnie de la Baie d’Hudson, le Prince Rupert du Rhin, ce territoire qui couvre un secteur équivalant approximativement à 1/12e de la surface de la terre, ou à environ 40 % du Canada moderne, était, et demeure jusqu’à aujourd’hui, une des régions du globe les plus faiblement peuplées. En 1670, l’année où la Compagnie de la Baie d’Hudson obtint sa charte, l’importance économique de la Terre de Rupert venait du fait que, grâce à son climat froid, elle produisait de grandes quantités d’animaux à fourrure. Parmi tous ceux-ci, le plus précieux était le castor, dont le duvet pouvait être feutré et transformé en chapeaux imperméables, durables et à la mode. 
La Compagnie de la Baie d’Hudson eut un impact profond sur les peuples indigènes des régions septentrionales de l’Amérique du Nord. La traite des fourrures entraîna une dépendance vis-à-vis des produits manufacturés. 

Certaines populations, surtout celles qui vivaient près de la Baie d’Hudson, adoptèrent un mode de vie centré sur les comptoirs et postes de la Compagnie et le mariage avec ses hommes. En 1812, la fondation de la colonie au confluent de la rivière Rouge et de la rivière Assiniboine (aujourd’hui Winnipeg, Manitoba) avec ses fermes, ses églises et ses écoles, a ouvert la voie à l’installation de colonies agricoles dans le Canada de l’Ouest. Les transformations intervenues après l’intégration de la Terre de Rupert au Canada en 1870, avec les vagues d’immigrants et une économie fondée sur l’urbanisation, l’agriculture commerciale et l’extraction des ressources naturelles, eurent un impact encore plus grand que le commerce des fourrures sur les peuples indigènes du Canada. La Compagnie de la Baie d’Hudson a joué un rôle important dans ces transformations, en raison de ses activités de distribution marchande dans les villes et de ventes de terres agricoles ainsi que de terrains urbains. Avec ses archives, la compagnie continue aujourd’hui encore à jouer un rôle important dans la vie des peuples autochtones du Canada. Elles constituent une source reconnue de documents historiques pour un peuple réputé sans histoire écrite. Elles servent abondamment aux chercheurs dans les affaires concernant les droits des aborigènes et les revendications territoriales. 

La création et la conservation des documents faisaient partie intégrante de la vie professionnelle de la Compagnie de la Baie d’Hudson qui, avec le temps, amassa donc autant d’archives documentaires que possible sur ses activités. C’est grâce au comportement à cet égard exemplaire de la Compagnie de la Baie d’Hudson qu’une telle masse d’archives a été accumulée, fournissant une ressource abondante qui permet d’étudier le développement d’une compagnie sur une longue période et son rôle dans la formation du Canada en tant que nation. Ce fait, ajouté à la portée multinationale de ses activités commerciales pendant trois siècles, donne à ses archives une importance internationale.

  • Année de soumission: 2007
  • Année d'inscription: 2007
  • Pays: Canada
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