Tabula Hungariae

Patrimoine documentaire soumis par la Hongrie et la Croatie et recommandé à l'inscription au Registre Mémoire du monde en 2007.

© National Széchenyi Library - Tabulae Hungariae, Lazar 1528

Le document proposé est une carte qui représente de manière exacte et détaillée le système des agglomérations réparties sur le territoire du royaume de Hongrie (lequel couvre la Hongrie et la Slovaquie actuelles, ainsi qu’une partie de l’Autriche, de l’Ukraine, de la Roumanie, de la Serbie-et-Monténégro, de la Croatie et de la Slovénie actuelles). Il est d’autant plus précieux qu’un grand nombre des agglomérations représentées ont disparu au XVIe siècle pendant les guerres menées sur ce territoire contre les Turcs.

Il faut noter que durant plusieurs siècles les chercheurs et les curieux n’ont eu qu’une connaissance indirecte de ce document, qui est réapparu dans les années 1880, quand le collectionneur Sándor Apponyi l’a acquis. Apponyi l’offrira plus tard (en 1924) à la Bibliothèque nationale, qui lui fera une place dans sa collection d’œuvres rares et anciennes. 

Comme son nom le montre clairement, la carte de Lazarus/Ziegler/Tanstetter/Cuspinianus/ Apian est une œuvre collective. Le Hongrois Lazarus Secretarius a effectué, avec l’aide de Jacob Ziegler, les relevés sur la base desquels la carte a été établie, et il en a probablement réalisé une première version. Le mentor d’Apian, l’excellent cartographe Tanstetter (Collimitus), a mis la carte en forme en y ajoutant des indications supplémentaires et une échelle (le privilège est à son nom). Cuspinianus a publié la carte (ou en a financé la publication) et l’a dédiée au roi. Il a, de plus, inventé certains toponymes figurant sur la carte, qui sont pour la plupart tirés de sources classiques. La carte devait accompagner les commentaires de Cuspinianus sur les consuls romains, dans lesquels il déclare : « J’ai dédié les descriptions du royaume de Hongrie et la carte que j’y ai jointe, au roi Ferdinand de Hongrie. Cette carte imprimée, qui est à présent en circulation, est - je peux le dire sans me vanter - une œuvre particulièrement remarquable ».

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