Les nouvelles voix : la liberté des médias aide à transformer les sociétés

La Journée mondiale de la liberté de la presse a été établie conjointement, en 1991, par l’UNESCO et le Département de l’information des Nations Unies, dans le cadre d’une conférence tenue à Windhoek, en Namibie. La conférence, qui a donné naissance à la Déclaration de Windhoek, a mis l’accent sur l’idée que la liberté d’expression sous-entend le pluralisme et l’indépendance pour les médias de masse en général.

Depuis 1991, la Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée chaque année, le 3 mai, et la pertinence de ces idées est mise en évidence par les évènements démocratiques qui ont eu lieu au cours de l’année 2011. Outre la célébration annuelle de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le Conseil exécutif de l’UNESCO a également créé le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano, en 1997. Chaque année, ce prix est attribué à une personne, une organisation ou une institution qui a consacré ses activités à la promotion ou à la défense de la liberté de la presse.

Plus de deux décennies après la conférence de Windhoek, la Journée mondiale de la liberté de la presse continue de faire écho dans la défense de la liberté de la presse. Cette année, nous avons tous été encouragés par des développements sociopolitiques et démocratiques globaux sans précédent dans lesquels des  médias de tout horizon ont joué une part importante, même si parler de la « révolution des médias sociaux » parait excessif. En effet, beaucoup de facteurs ont contribué à la mise en place des évènements, particulièrement dans les pays arabes où les problèmes économiques et la répression politique ont entrainé une organisation massive, notamment chez les jeunes. Cependant, nous ne pouvons pas nier que le pouvoir des technologies de l’information et de la communication (TICs), et particulièrement les nouveaux médias, aient joué un rôle significatif, souvent en conjonction avec la télévision par satellite. Cela réaffirme ce que la Journée mondiale de la liberté de la presse a défendu au cours de ces vingt dernières années : la liberté des médias fait partie de l’ensemble des droits fondamentaux pour lesquels les peuples se battront.

La convergence de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, à travers divers medias, aussi bien traditionnels que nouveaux, a élevé de façon exceptionnelle le niveau de la liberté de la presse. Elle permet à la société civile, aux jeunes et aux communautés d’entrainer des transformations massives, sociales et politiques. La liberté des médias implique le droit pour tous à la liberté d’opinion et d’expression sur une base publique, sans être inquiété, et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières et par quelque moyen d'expression que ce soit, des informations et des idées, comme le mentionne l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Les révolutions récentes dans certains pays arabes ont mis en évidence le pouvoir des médias, la quête de l’être humain pour la liberté des médias, en soulignant le fait que les inégalités sociales tendront indéfiniment vers l’équilibre afin d’y faire face. Le Printemps arabe pourrait–il avoir eu lieu sans la multiplication des médias sociaux et de la télévision par satellite ? Les TICs (comme les messages texte, dit texto ou SMS) et les médias sociaux ont rendu possible la diffusion d’une information vitale au plus grand nombre d’individus, dans un laps de temps très court. Les médias sociaux ont permis aux manifestants de s’auto organiser et ont engagé la jeunesse, à l’échelle  mondiale, dans la lutte en faveur de leur libre expression et des aspirations de leurs communautés élargies.

Cette nouvelle liberté des médias transforme les sociétés de manière imprévisible. Elle a permis l’émergence de nouveaux moyens pour communiquer, partager l’information et le savoir et a permis aux individus de participer davantage à la vie publique et d’élargir leur sentiment d’identité et d’appartenance. La liberté des médias, y compris la liberté en ligne, joue également un rôle dynamique dans la transformation économique de la société. En effet, c’est une incitation pour les entreprises étrangères et les investissements privés. Les entreprises sont davantage disposées à avoir des intérêts commerciaux à long terme dans les pays où la liberté d’expression est respectée. Il est nécessaire d’assurer la transparence de l’information publique, y compris des dépenses publiques, afin d’enrayer la corruption. L’information publique est légitimement un bien public commun, le gouvernement en est son gardien et elle devrait donc être délivrée aisément, y compris à travers les médias sociaux, les téléphones portables et Internet.

Cependant, la liberté des médias est fragile et n’est pas encore accessible à tout le monde. Alors qu’un environnement favorable à une liberté d’expression authentique progresse, la plupart des individus n’ont pas encore accès aux technologies de communication de base. Par ailleurs, beaucoup de reportages étant diffusés en ligne, de plus en plus de journalistes, y compris des bloggeurs, sont harcelés, attaqués et même tués pour leur travail. L’UNESCO leur a dédié une page web : Memorial UNESCO des journalistes assassinés. Enfin, les États ont la responsabilité de s’assurer que les législations nationales régissant la liberté d’expression sont en adéquation avec les principes acceptés à l’échelle internationale, comme le prévoient la Déclaration de Windhoek et les indicateurs UNESCO de développement des médias, deux documents qu’ils ont approuvés.

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