La liberté des médias a le pouvoir de transformer les sociétés

Les médias libres transforment les sociétés en mettant en lumière le processus de prise de décision et en permettant ainsi aux individus de prendre le contrôle de leurs destinées. Dans ce contexte, la liberté des médias joue un rôle crucial dans la transformation de la société en redéfinissant ses aspects politiques, économiques et sociaux. C’est pourquoi, l’UNESCO promeut la liberté des médias, en tant qu’institution spécialisée des Nations Unies dotée d’un mandat axé sur la défense et la promotion de la liberté d’expression et son corollaire, la liberté de la presse.

Cette vague de révolutions a été provoquée par un évènement tragique : en Tunisie, un marchand de fruits et légumes en Tunisie s’est immolé par le feu après s’être fait confisquer son stand et avoir été humilié publiquement par les autorités. L’image singulière de cet acte désespéré, relayée par la téléphonie mobile et les médias sociaux, marque d’un sceau indélébile cette nouvelle décennie. Des années de censure, d’oppression et de restriction s’écroulent avec la chute des anciennes autorités tunisiennes. La Tunisie a démontré le pouvoir de transformation que peut susciter la convergence des médias sociaux, des connexions mobiles et de la télévision par satellite ainsi que le désir sincère de changer la situation sociologique, économique et politique. Un effet domino s’est ensuite propagé vers la place Tahrir en Égypte, la ville de Bengazi en Libye et dans d’autres parties de la région. Au cours de ces mouvements, l’activisme des jeunes a été fondamental et les médias sociaux ont été l’une de leurs armes.

De la même façon,  en Égypte, l’utilisation des médias sociaux, des TICs et de la télévision par satellite a joué un rôle révolutionnaire dans les processus démocratiques et politiques. En effet, les mouvements de protestation contre les autorités égyptiennes ont été accélérés par l’usage des réseaux sociaux et particulièrement par les téléphones portables. Une action rendue possible grâce à l’effort d’un jeune égyptien, Wael Ghonim, qui a créé la campagne sur Facebook, “Nous sommes tous Khaled Said”, faisant référence à un jeune égyptien de 28 ans, arrêté six mois auparavant et battu à mort pendant sa détention. L’effet boule de neige de cette campagne Facebook a mobilisé jusqu’à plus d’un million de supporters en ligne. Elle a été l’un des points de ralliement de la dénonciation de la violence et des abus du régime.

Des pays développés enlisés dans la crise économique aux pays en voie de développement œuvrant pour le changement, les individus, et les jeunes en particulier, ont trouvé une voix là où ils n’en avaient pas auparavant. Alors qu’elles avaient été étouffées et ignorées, de nouvelles voix, plus fortes, plus puissantes et utilisant les outils de communication, ont émergé. Le mouvement « Occupy » (« Occupation »), propagé en Europe et en Amérique du nord, a trouvé sa force dans son idéologie et dans sa présence, en occupant physiquement des lieux et également en occupant une place importante dans divers médias sociaux. Ainsi, la liberté des médias a amplifié et multiplié chaque voix individuelle. A mesure que la liberté des médias s’accroit, la force des nouvelles voix s’accroit aussi et leurs appels à la transformation sociale et au changement politique sont devenus une force en marche.

Outils de réflexion:

  • Quels sont les meilleurs moyens d’engager la jeunesse dans une promotion plus large de la liberté expression ?
  • Comment se servir de la liberté des médias pour accroitre le développement démocratique d’un pays ?
  • Comment les gouvernements peuvent-ils utiliser les nouveaux médias pour mieux répondre au droit à l’information de tous les citoyens ?
  • Quelles sont les valeurs ajoutées des médias sociaux au débat démocratique ?
  • Comment les gouvernements peuvent-ils utiliser les nouveaux médias pour veiller à mieux respecter les droits des citoyens à l’information ?
  • Que pouvons-nous faire pour obtenir et soutenir les bénéfices de la liberté d’expression générés par les médias sociaux et par Internet de façon plus large ?
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