Un présentateur de journal télévisé tué dans un attentat à la voiture piégée

Légende : Kamiran Salaheddin présentait le journal télévisé et animait des émissions de débat public. Sa ville natale, Tikrit, située dans le nord de l’Iraq, est depuis longtemps un lieu dangereux pour les journalistes. © Journalistic Freedoms Observatory

Assassinat condamné par la DG de l’UNESCO, 10 avril 2012

Kamiran Salaheddin – Iraq – Assassiné le 2 avril 2012

Le 2 avril 2012, Kamiran Salaheddin, présentateur de journal télévisé et animateur d’une émission politique sur la chaîne locale iraquienne Salahaddin, dans la province de Salah ad Din, avait quitté son travail tardivement.

Il conduisait dans le centre de Tikrit, la capitale provinciale, quand une violente explosion s’est produite, embrasant son véhicule.

Une « bombe adhésive » magnétique avait été attachée sous la voiture de Salaheddin et le journaliste – une figure connue de la vie locale – a été tué sur le coup. La chaîne pour laquelle il travaillait avait été créée en 2004 après la guerre d’Iraq et grâce à des fonds américains. L’attentat n’a pas été revendiqué.

Âgé de 35 ans et père de deux enfants, Salaheddin travaillait pour cette chaîne de télévision depuis sept ans. Au fil de ces années, Tikrit avait connu son lot de carnages et de bains de sang. En mars 2011, par exemple, des rebelles avaient lancé plusieurs attaques simultanées contre les différents locaux du conseil provincial dans la ville – attaques conduites au moyen de voitures piégées et par des kamikazes portant des gilets bardés d’explosifs.

Cette attaque meurtrière de plusieurs heures s’était soldée par une prise d’otages et la mort de plusieurs dizaines de personnes, dont deux journalistes iraquiens. Sabah al-Bazee, qui travaillait pour CNN, Reuters et la chaîne satellite panarabe Al-Arabiya, avait été frappé par des éclats d’obus. Muammar Khadir Abdelwahad, qui couvrait une séance du conseil pour l’agence d’information Al-Ayn, avait également perdu la vie, et le caméraman Saad Khaled, de la chaîne de télévision Al-Fayhaa TV, avait été grièvement blessé.

Ce fut une journée noire pour la population de Tikrit. Plus de 65 personnes furent tuées et plus d’une centaine d’autres blessées. L’Iraq a une réputation déplorable en ce qui concerne la sécurité des journalistes. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), 94 journalistes ont été assassinés depuis vingt ans dans ce pays déchiré par la guerre et l’instabilité. Pire encore, la plupart de ces assassinats n’ont donné lieu à aucune enquête et, a fortiori, n’ont jamais été élucidés.

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Avertissement

La version originale de cet article est parue dans le journal finlandais Ilta Sanomat. Son contenu peut avoir été modifié et/ou mis à jour en fonction des informations parues après publication.

L’UNESCO encourage tous les organes de presse à informer le public de toute atteinte à la liberté de la presse, à mieux faire connaître les risques auxquels font face les journalistes du monde entier et à rendre hommage à ceux d’entre eux qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur métier.
 
La version originale en finnois de cet article est disponible ici.

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