Une voix de la radio s’éteint

Mahad Salad Adin, journaliste, laisse derrière lui une épouse et un enfant de deux mois. © National Union of Somali Journalists

Assassinat condamné par la DG de l’UNESCO, 15 avril 2012

Mahad Salad Adan – Somalie – Assassiné le 5 avril 2012

Le 5 avril 2012, le journaliste de radio Mahad Salad Adan, également connu sous le nom de Mahad Jamal, était abattu devant son domicile, dans la ville de Beledweyne, par trois assaillants non identifiés – sans doute des miliciens islamistes.

Journaliste, Adan était également un jeune père – il n’avait que 25 ans. Son cadavre est resté dans la rue, devant le domicile familial. L’enfant d’Adan n’avait que deux mois au moment du meurtre.

Adan était le rédacteur en chef de Voice of Hiran, une station de radio émettant dans la région de Hiran, en Somalie centrale. Il venait en outre d’être recruté comme correspondant régional pour le principal organe de presse de Somalie, le Shabelle Media Network.

La Somalie fait partie des endroits les plus dangereux au monde, et le travail des journalistes y est particulièrement risqué. Nombreux sont ceux qui cherchent ouvertement à faire taire la voix de journalistes indépendants.

Le jour de sa mort, Adan avait décrit des affrontements entre le groupe islamiste militant
al-Shabaab et la milice soufie pro-gouvernementale, Ahlu Sunnah Wajlama. Aucun autre journaliste n’avait apparemment couvert ces combats.

Les troupes du Gouvernement fédéral de transition ont repris le contrôle de Beledweyne en décembre 2011, mais les combattants d’al-Shabaab n’ont pas été capturés et demeurent actifs dans la ville.

Après l’assassinat, le Gouvernement somalien a publié une déclaration dans laquelle il accuse al-Shabaab d’avoir tué Adan, bien que les insurgés n’aient pas publiquement revendiqué le meurtre.

Parmi les dizaines de journalistes assassinés en Somalie au cours des deux dernières décennies, plusieurs étaient employés par Shabelle. En janvier 2012, par exemple, le présentateur et producteur de Radio Shabelle, Hassan Osman Abdi, a reçu cinq balles dans la poitrine et dans la tête près de son domicile à Mogadiscio.

Ces assassinats ne donnent généralement pas lieu à une enquête.

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Avertissement

La version originale de cet article est parue dans le journal finlandais Ilta Sanomat. Son contenu peut avoir été modifié et/ou mis à jour en fonction des informations parues après publication.

L’UNESCO encourage tous les organes de presse à informer le public de toute atteinte à la liberté de la presse, à mieux faire connaître les risques auxquels font face les journalistes du monde entier et à rendre hommage à ceux d’entre eux qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur métier.
 
La version originale en finnois de cet article est disponible ici.

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