Les assassins frappent dans une mosquée

Des journalistes pakistanais condamnent le meurtre – commis dans une mosquée – de leur confrère Mukarram Khan Aatif, lors d’une manifestation organisée en janvier 2012. ©VOA

Assassinat condamné par la DG de l’UNESCO, 8 février 2012

Mukarram Khan Aatif – Pakistan – Assassiné le 17 janvier 2012

Dans les zones tribales sous administration fédérale (FATA) du nord-ouest du Pakistan, les journalistes ne sont jamais en sécurité, pas même lorsqu’ils prient dans les mosquées.

Mukarram Khan Aatif – un journaliste originaire du district tribal de Mohmand – participait à la prière du soir à Shabqadar, près de son domicile, lorsque deux individus masqués l’ont approché en moto et l’ont abattu de plusieurs balles dans la tête et dans la poitrine avant de s’enfuir. Mukarram Khan est décédé en chemin vers un hôpital proche à Peshawar.

Mukarram Khan travaillait dans les régions tribales instables du Pakistan, près de la frontière de l’Afghanistan. Journaliste pour Deewa Radio, une station de radio en langue pachtoune faisant partie du réseau pachtoune de Voice of America, il était également employé par Dunya News, une chaîne télévisée d’actualités en ourdou.

Peu après l’assassinat de Mukarram Khan, Ehsanullah Ehsan, le porte-parole de Tehrik-i-Taliban Pakistan – l’organisation des Taliban du Pakistan dirigée par Emir Hakimullah Mehsud – a déclaré par téléphone que l’organisation militante avait commandité le meurtre, sans donner de détails sur ses motivations.

Pour des raisons de sécurité et suite aux menaces de mort qu’il avait déjà reçues, Mukarram Khan avait quitté le district tribal de Mohmand et s’était installé à Charsaddan, au nord de Peshawar.

Les collègues de Mukarram Khan ont indiqué qu’il avait reçu des appels téléphoniques anonymes avant sa mort. Leurs auteurs lui donnaient des consignes quant à son traitement de certaines nouvelles, ont-ils indiqué à Reporters Sans Frontières.

Les fragiles conditions de sécurité qui prévalent dans cette région ont incité de nombreux journalistes à quitter les zones tribales du Pakistan.

En 2011, le Pakistan était selon Reporters Sans Frontières le pays le plus dangereux pour les détenteurs de cartes de presse. Cette année-là, dix journalistes ont été tués dans l’exercice de leur métier.

Selon Shamim Shahid, ancien président du Peshawar Press Club, 29 journalistes ont été assassinés au Pakistan depuis 2004.

Liens connexes:

Avertissement

La version originale de cet article est parue dans le journal finlandais Ilta Sanomat. Son contenu peut avoir été modifié et/ou mis à jour en fonction des informations parues après publication.

L’UNESCO encourage tous les organes de presse à informer le public de toute atteinte à la liberté de la presse, à mieux faire connaître les risques auxquels font face les journalistes du monde entier et à rendre hommage à ceux d’entre eux qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur métier.
 
La version originale en finnois de cet article est disponible ici.

Retour en haut de la page