Réflexions sur ce que signifie être un centre potentiel d’excellence de l’UNESCO

Par Emily M. Brown, directrice du Department of Media Technology, Ecole polytechnique de Namibie

Une analogie souvent employée dans cette partie de la région de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) est que l’on apprend à conduire seulement après avoir passé le permis. Cela me rappelle comment les éléments – les trois critères d’excellence pour l’enseignement du journalisme – se sont mis en place après que notre établissement a été informé, mi-2007, que le Department of Media Technology avait été identifié par l’UNESCO comme centre (potentiel) d’excellence de formation au journalisme. La portée et l’importance des trois critères ont donné une impulsion et une orientation à l’approche que nous avons de notre programme d’enseignement et notre capacité institutionnelle ; des liens que nous entretenons avec la profession et le service public, de nos liens extérieurs et de notre réactivité ; et enfin de nos perspectives, nos projets de développement, notre stratégie et notre potentiel. Afin de dresser un tableau plus précis, je voudrais développer chaque critère séparément. 

  • Critère A : Programme d’enseignement et capacité institutionnelle 

Au moment où a été menée l’étude sur les centres d’excellence, le Department of Media Technology ne délivrait qu’un seul grade universitaire, à savoir un diplôme de trois ans : le diplôme national en journalisme et technologies de la communication. Cependant, un important travail avait déjà été réalisé en matière de consultation (principalement avec le comité consultatif du département), de recherche et de réforme du programme d’enseignement afin d’introduire une licence et une licence spécialisée en journalisme et technologies de la communication. Fin 2008, le Conseil de l’Ecole polytechnique a approuvé la proposition de licence et de licence spécialisée à mettre en place en janvier 2009. D’après une enquête menée au sein du département, 99 % des étudiants de premier cycle, y compris ceux qui avaient déjà obtenu le diplôme national, étaient prêt à s’inscrire pour la quatrième année d’études, c’est-à-dire pour obtenir la licence spécialisée. Les deux diplômes suivent de près les Modèles de cursus pour la formation au journalisme de l’UNESCO, mais ils sont également en conformité avec le cadre national de qualifications qui vient d’être défini en Namibie. Avec l’introduction des deux nouveaux programmes début 2008, le diplôme national sera progressivement supprimé d’ici 2011. 

Un point important concernant les deux nouveaux diplômes était la nécessité de disposer d’installations adaptées (par exemple, des laboratoire d’informatique et audiovisuels, des studios de radio et de télévision). En juin 2008, afin d’être prêts pour démarrer les nouveaux programmes, nous avons déménagé dans les nouveaux locaux du Department of Media Technology aménagés dans le nouveau bâtiment de Science et technologie. Jusqu’alors, nous travaillions dans des espaces de fortune, et le fait de disposer de bureaux à proximité des salles de cours, des laboratoires et des studios s’est révélé extrêmement pratique. En plus de résoudre les problèmes d’espace, l’établissement a fait le nécessaire pour recruter plus de personnel enseignant. Deux enseignants nous ont rejoint depuis l’introduction des nouveaux programmes et deux nouvelles offres ont été faites pour le poste de maître de conférences. Des entretiens auront lieu prochainement pour le poste de secrétaire, une aide bienvenue qui soulagera le personnel, notamment la directrice du département. 

Une station de travail est mise à disposition de chaque étudiant inscrit dans les deux programmes. Le département est équipé d’une plate-forme Apple Macintosh, pour être en phase avec les besoins du marché du travail. Bien que cet investissement représente le poste le plus important du budget du département, le retour sur investissement a été immédiat puisque nos étudiants sont très recherchés par les médias. 

  • Critère B : Liens avec la profession et avec le service public, les liens extérieurs et la réactivité 

Ce point est centré sur deux des grands projets entrepris par le département depuis qu’il a été promu au statut de centre d’excellence. Il s’agit des projets d’archives nationale numériques (Digital National Archive – DNA) et de genre dans la formation des médias (Gender in Media Education – GIME). L’UNESCO a rejoint le projet DNA et participe au projet GIME depuis le début. Il est à noter que ces deux projets comportent un important volet de renforcement des capacités et sont ouverts aux partenariats. Tous deux peuvent avoir des répercussions positives sur l’ensemble de la société et sont par conséquent prévus sur le long terme. Le projet DNA a débuté par un partenariat officiel entre l’Ecole polytechnique de Namibie (Department of Media Technology) et l’Université de l’Utah Valley, aux Etats-Unis. En matière de formation archivistique, nos établissements partenaires sont depuis le début venus pendant un mois par an (en juillet) pour assurer le transfert de savoir-faire auprès des étudiants et du personnel. Le projet a été étendu aux étudiants en technologies de l’information, en raison de la forte composante technologique. Les Archives nationales de Namibie sont un autre partenaire officiel de premier plan de ce projet, en raison des besoins importants en matière de stockage de documents, diapositives, photographies, cartes et objets, et aussi pour faciliter l’accès des étudiants, des chercheurs et de la communauté dans son ensemble à ce patrimoine. 

Le projet GIME a pour origine une proposition faite par le Department of Media Technology au système des Nations Unies, concernant la recherche de soutien pour un projet d’intégration de la question de genre dans les cursus de journalisme. La proposition mettait l’accent sur le rôle d’autres établissements d’enseignement du troisième degré proposant des programmes de formation en journalisme ou médias. Ce projet a abouti au premier audit sur la parité dans les cursus dans les départements de journalisme de Namibie. Le projet est en cours et les conclusions des recherches menées en Namibie ont servi d’étude de cas pour d’autres établissements de formation au journalisme de la SADC. 

  • Critère C : Perspectives, projets de développement, stratégie et potentiel 

Les activités de l’Ecole polytechnique de Namibie sont orientées par un plan stratégique quinquennal. Chaque département – académique et administratif – définit son plan. Le plan en cours concerne la période 2009-2013. Dans le plan stratégique du Department of Media Technology, il est prévu qu’après l’introduction du programme de maîtrise de journalisme, le département déposerait une demande de statut d’“école”. Cette école aura une unité Genre – afin de rendre justice à la formation et la recherche entreprise sur les questions de parité dans les cursus de journalisme – et proposera des programmes universitaires jusqu’au niveau de doctorat. L’établissement a apporté tout son soutien aux initiatives du département, notamment parce que ces projets permettent de renforcer les capacités et d’établir des partenariats. 

Quelles que soient les décisions prises dans un département comme le nôtre, elles doivent toujours tenir compte des acteurs du secteur. C’est ici en particulier que cette approche doit porter ses fruits. Notre démarche constante de consultation et de partenariats nous a permis de partager et d’apprendre, et donc de grandir. Je voudrais terminer ces réflexions en citant un message envoyé par la directrice générale de Gender Links, Mme Colleen Lowe Morna, concernant un de nos étudiants que son association a accueilli pendant six mois pour un stage pratique (un cours obligatoire affecté de crédits pour l’obtention du diplôme) : 

“Je ne peux m’empêcher de penser au concept de relations humaines de DANIDA : c’est le meilleur moyen d’établir des liens institutionnels ; je suis heureuse que nous ayons commencé à formaliser notre programme de stage. Nous avons vraiment tiré profit des exigences de votre établissement, cela nous a aidé à peaufiner notre approche ; je me félicite aussi que vous accordiez une telle importance aux stages. En espérant que nous poursuivrons cette collaboration.”

 

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