05.06.2013 - Communication & Information Sector

La conférence de Gwangju commémore les collections de la Mémoire du monde sur les droits de l’homme

Human Rights Documentary Heritage 1980 Archives for the May 18th Democratic Uprising against Military Regime. © Gwangju Metropolitan City Hall

Une conférence internationale s’est déroulée du 15 au 18 mai 2013 dans la ville de Gwangju en République de Corée, dans le cadre du Forum 2013 des Villes des droits de l’homme, afin de commémorer l’inscription de 14 institutions possédant des documents inscrits au Registre de la Mémoire du monde et relatifs aux droits de l’homme. Les représentants de chaque région ont souligné l’importance de garantir la reconnaissance de la valeur des archives des droits de l’homme. Ils ont également énoncé les solutions nécessaires à la protection et à la gestion de telles collections.

Le Patrimoine documentaire des Droits de l’homme de la République de Corée sur les archives du Soulèvement démocratique du 18 mai contre le régime militaire a été inscrit au Registre International de la Mémoire du monde en mai 2011.

Les évènements qui se sont déroulés à Gwangju entre les 18 et 27 mai 1980, après un deuxième coup d’état militaire, ont été suivis par 10 jours de résistance durant lesquels 165 citoyens ont trouvé la mort dans la ville et aux alentours. Parmi le nombre total de 5100 victimes, 76 furent portés disparus, 3383 furent blessés et 1476 arrêtés. 102 personnes sont décédées des suites de leurs blessures un peu plus tard. Loin d’être sortis indemnes des évènements, les survivants ont souffert de problèmes de santé mentale. Les traumatismes physiques et psychologiques ont marqué à jamais la vie de ceux qui furent immédiatement confrontés aux évènements.

Pendant des années, le gouvernement militaire a formellement interdit tout débat public sur les évènements traumatisants de mai 1980. Cependant, les efforts conséquents des familles endeuillées ont déclenché une lutte pour la démocratie, permettant finalement aux Coréens d’obtenir le suffrage direct et de voir la « rébellion de Gwangju » officiellement renommée « Soulèvement démocratique du 18 mai » par le Président alors en exercice. En 1995, l’Assemblée Nationale a promulgué une loi spécifique à la condamnation des personnes responsables. Dans la même période, des procédures légales ont été engagées contre deux anciens présidents et contre les hauts dirigeants responsables de la cruelle répression (arrêt de la Cour Suprême délivré en avril 1997). Les personnes ayant participé au soulèvement ont ensuite été reconnues non coupables, et les victimes ont été indemnisées. Le 18 mai est aujourd’hui une fête nationale en Corée.

Les éléments inscrits au Registre de la Mémoire du monde se présentent sous la forme de documents administratifs fournis par le gouvernement central, ainsi que des archives des institutions juridiques militaires sur les enquêtes et les procès, des dépositions, des déclarations, des affiches manuscrites et des carnets de notes de reporters révélant la gravité des évènements. L’Assemblée Nationale et la Cour Suprême ont fourni des documents afin de rendre au peuple sa réputation, et découvrir ce qui s’est réellement passé pendant les incidents.

Plus de 30 ans après le Soulèvement démocratique du 18 mai à Gwangju, la ville et ses citoyens, ainsi que le peuple de Corée, sont impatients de proclamer l’universalité des leçons retenues des évènements passés, dans l’esprit de promouvoir l’importance de la démocratie et du respect des droits de l’homme dans le monde. C’est dans ce contexte que la ville de Gwangju a proposé de promouvoir la protection des archives des droits de l’homme.

Par conséquent, une conférence internationale a été organisée à Gwangju du 15 au 18 mai 2013, avec le soutien généreux de la Ville de Gwangju et du Commitee for the Establishment of the 5.18 Archive (comité pour l’établissement des archives du 18 mai). Dans le cadre du Forum 2013 des Villes des droits de l’homme, la conférence a commémoré l’inscription de 14 institutions possédant des documents inscrits au Registre Mémoire du monde et relatifs aux droits de l’homme. Les représentants de chaque région ont énoncé de façon précise les problèmes et les solutions nécessaires à la protection et à la gestion de telles collections. L’Australie, la Barbade, le Brésil, le Cambodge, le Chili, la République Dominicaine, la Pologne, les Philippines et l’Uruguay ont présenté des documents relatifs aux violations des droits de l’homme ou aux soulèvements populaires.

Certaines collections portent sur des exemples d’évolution pacifique des droits de l’homme. C’est le cas pour la Chaîne humaine de la Voie balte présentée par la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie, la Pétition de 1893 en faveur du droit de vote pour les femmes en Nouvelle-Zélande, ainsi que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789 et 1791) en France.

Les pays participant ont insisté sur l’importance de garantir une reconnaissance permanente de la valeur et de la force des archives des droits de l’homme. Ils ont ainsi privilégié la sensibilisation de l’opinion publique à l’importance de la protection des archives des droits de l’homme en tant que ciment de la paix et de la démocratie, et ont appelé tous les pays possédant de telles archives à les partager et à promouvoir leur accessibilité pour les générations présentes et futures. Les pays participants ont également souligné qu’il est important d’utiliser ces archives à des fins pédagogiques, afin de perpétuer les messages et les leçons retenues du passé, pour que l’humanité ne soit plus le témoin de tels évènements.

Ils ont également cherché à élaborer différentes stratégies de collaboration entre les institutions, à travers la création d’un réseau qui encouragerait une coopération pour préserver, partager, soutenir la recherche, sensibiliser, et identifier d’autres archives des droits de l’homme. Enfin, ils se sont accordés à faire tout leur possible pour rendre les archives des droits de l’homme accessibles à tous et dans le monde entier, en encourageant l’organisation d’expositions et d’autres moyens de publication.

Il a été demandé à l’UNESCO, sous l’égide du Programme Mémoire du monde, d’approfondir les sujets suivants abordés lors de la conférence : la protection, la promotion, l’utilisation, l’acquisition et l’inscription des archives des droits de l’homme.

Le texte complet de la Déclaration de Gwangju est disponible en ligne: cliquez ici.




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