03.11.2014 - Communication & Information Sector

L’UNESCO soutient la Radio Tunisienne pendant la période électorale

Formation pour les journalistes tunisiens sur la couverture d'une période électorale. © UNESCO/Antoine Perruchot

La Tunisie est fébrile en cette mi-octobre 2014. Les élections législatives approchent ; elles doivent mettre un terme aux incertitudes politiques qui se sont installées depuis les premières élections libres, trois ans auparavant. Afin que cette consultation et la campagne électorale se déroulent dans les conditions les plus irréprochables, et à la demande de la HAICA (Haute autorité indépendante pour la communication audiovisuelle) et de la Radio nationale tunisienne, l’UNESCO a proposé aux journalistes de cette dernière une session de formation.

Il s’agissait de vérifier qu’ils avaient bien intégré les règles de répartition des temps de parole et de répondre à toute interrogation qu’ils pouvaient encore avoir. Cette formation s’est déroulée dans trois des stations du réseau de service public : Radio Sfax, Radio Monastir et la Radio Tunis Chaîne Internationale (RTCI), qui émet depuis Tunis. Elle s’est tenue du 9 au 17 octobre 2014 et 36 journalistes et animateurs en ont bénéficié. 

Au fil de son déroulement, journalistes et animateurs se sont dits un peu perdus, non pas tant par les règles – dont ils ont plutôt bien assimilé les principes – que par leur mise en œuvre pratique : comment accorder le temps de parole auquel ils ont droit à la multitude de partis qui sont en lice ? Comment résister aux pressions plus ou moins directes des candidats et de leur entourage ? Comment comptabiliser le temps de parole d’experts ou de commentateurs dont on sent bien que leurs analyses sont partisanes ? Comment rendre les femmes plus présentes à l’antenne alors que, comme le rappelle, découragée, une des participantes,  « lorsque j’appelle tel parti pour solliciter un entretien avec la numéro 2 de la liste [obligatoirement une femme], on me répond que seul le numéro 1 [toujours un homme…] est habilité à parler au nom de la liste… »

Les questions sont souvent très pratiques : comment traiter un fait divers lié à la campagne (les risques de violence liée au terrorisme sont présents dans tous les esprits), à quelle source se fier pour en désigner les auteurs présumés, que peut-on fournir comme informations le jour du scrutin, comment peut-on rendre compte d’incidents liés au vote, etc.

Mais les problèmes qui taraudent les esprits sont avant tout liés à la place du service public dans le paysage audiovisuel tunisien, à la liberté de ton et la réactivité des antennes privées et aux respects des règles déontologiques. Ces questions interpellent les journalistes et animateurs.

A la rédaction de la RTCI, on est plus serein, mais très affairé par la préparation des trois journaux quotidiens. Les règles sont intégrées et maîtrisées par la rédaction en chef et la direction de la chaîne. Les principales difficultés relevées sont celles liées à la spécificité de cette rédaction francophone : certains partis n’ont pas d’intervenants s’exprimant dans cette langue ; il est également difficile de faire un micro-trottoir en français sans biaiser par cette discrimination le ton général des réponses à la question posée. « Peut-on dans ce cas doubler une intervention en arabe par une traduction superposée ? » suggère une des journalistes.

A l’issue de ces journées passées au sein de rédactions très diverses, le bilan est plutôt encourageant : les règles permettant une couverture équitable de la campagne électorale ont été comprises et acceptées, même si leur mise en œuvre face à un paysage politique foisonnant constituait un véritable défi. Les participants ont apprécié d’avoir pu aborder « des exemples concrets de problèmes pouvant survenir et la manière d’y répondre. » Aucun manquement n’a été noté par la HAICA et, au dire même des participants, cette formation leur permettra d’aborder plus sereinement les élections à venir : présidentielle, puis municipales.

Ce projet de formation pour les médias publics tunisiens pendant la période électorale a été soutenu par la République de Finlande.




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