10.05.2007 -

Les médias afghans célèbrent le 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse

Les syndicats de journalistes afghans et les agences de développement des médias ont célébré le 3 mai 2007 la Journée mondiale de la liberté de la presse à l'Hôtel Intercontinental de Kaboul, Afghanistan.

Les célébrations de la Journée, considérées comme un événement international de haut niveau, ont été organisées avec l'appui de l'UNESCO, de la MANUA, de l'UNIFEM, du PNUD, de l'Union européenne et autres organisations multilatérales et des missions diplomatiques à Kaboul. Parmi les participants figuraient notamment le deuxième vice-président afghan, plusieurs hauts responsables afghans comme le Ministre de l'information et de la culture et une centaine de membres du parlement.

 

Dans le message qu'il a adressé aux participants par la voix du directeur du Bureau de l'UNESCO à Kaboul, Shigeru Aoyagi, le Directeur général de l'UNESCO, Koichiro Matsuura, a observé que « [L]a Journée mondiale de la liberté de la presse est l'occasion de rappeler au monde à quel point il est important de protéger ce droit fondamental de la personne humaine qu'est la liberté d'expression, inscrit dans l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. La violence à l'égard des professionnels des médias constituant aujourd'hui l'une des plus grandes menaces pour la liberté d'expression, j'ai décidé de consacrer la Journée mondiale de la liberté de la presse 2007 au thème de la sécurité des
journalistes ».

 

Le développement d'un secteur des médias privé indépendant et dynamique au cours des cinq dernières années est largement reconnu en Afghanistan comme l'un des résultats majeurs du processus de Bonn, a déclaré le second vice-président Afghan, Karim Khalili, dans son discours devant la Conférence sur la liberté des médias organisée le 3 mai 2007 dans le cadre des célébrations de la Journée mondiale de la liberté de la presse. « Le Gouvernement islamique de l'Afghanistan ne permettra à quiconque d'entraver l'activité des professionnels des médias dans le pays ou d'y faire obstacle. Le Gouvernement afghan est profondément attaché à la démocratie et à la liberté d'expression telles qu'elles sont garanties par la Constitution et par les autres lois en vigueur dans le pays."

 

La liberté d'expression et d'information est importante dans la mesure où il s'agit d'un droit fondamental de la personne humaine garanti par la Déclaration universelle des droits de l'homme et par la Constitution de l'Afghanistan, a indiqué le 3 mai l'Ambassadeur Francesc Vendrell, représentant spécial de l'Union européenne en Afghanistan. « Nous pensons que les organismes de régulation doivent refléter dans leur composition une représentation équilibrée de toutes les forces, de tous les segments de la société et qu'ils doivent pouvoir fonctionner indépendamment des contrôles directs exercés par le gouvernement », a-t-il ajouté.

 

L'événement coïncidait cette année avec l'adoption par le parlement afghan de la loi sur les médias, qui a suscité un débat très vif au sein de la société civile et chez les responsables politiques. Selon le conseiller régional de l'UNESCO pour les médias, Jacky Sutton, « Il y a six mois, lorsque la polémique a éclaté, le rôle des médias dans le développement et la construction nationale n'était pas encore bien compris, de sorte que la loi sur les médias n'était perçue que comme quelque chose qui ne concernait que les professionnels et les institutions du monde des médias, et non la société dans son ensemble. On voit clairement aujourd'hui que ce n'est pas du tout le cas."

 

Dans le cadre des célébrations de la Journée mondiale, les organismes de presse afghans ont décerné six "trophées du courage et du journalisme" à des professionnels des médias afghans qui ont fait preuve d'un courage exceptionnel dans la défense des libertés de la presse. Les lauréats ont été sélectionnés par un comité composé de représentants des principaux syndicats de journalistes afghans et d'organisations de développement. Sur le plan mondial, le Comité pour la protection des journalistes, ONG internationale de défense des médias, a indiqué que 55 journalistes avaient trouvé la mort dans l'exercice de leurs fonctions en 2006 et qu'une enquête était en cours dans 27 autres cas afin de déterminer si les journalistes tués avaient perdu la vie en lien avec leurs activités professionnelles.

 

De façon plus générale, l'UNESCO soutient la Journée mondiale de la liberté de la presse qui en 2007 a été placée sous le thème « Liberté de la presse, sécurité des journalistes et impunité ». Afin de marquer le dixième anniversaire de la création du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO - Guillermo Cano, la Journée mondiale de la liberté de la presse sera cette année célébrée dans la ville de Medellin, Colombie. Directeur du quotidien colombien El Espectador, le 17 décembre 1986, à Bogota, Guillermo Cano avait été abattu par deux tueurs à gages alors qu'il sortait des locaux du journal.

 

L'UNESCO invite tous les participants à débattre de l'aggravation des risques qui pèsent sur la sécurité des professionnels des médias, à déterminer les dangers spécifiques auxquels sont exposés les journalistes dans les zones de conflit, à évoquer la question de l'impunité s'agissant des attaques dirigées contres les journalistes et à examiner les mesures qui pourraient être adoptées afin d'améliorer la sécurité des journalistes.




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