17.06.2013 - UNESCOPRESS

Les ministres africains au chevet du patrimoine mondial de la région

© UNESCO/L. E. Assomo在Kasub的布干达国王墓

Attirer sur l’attention sur les défis du patrimoine culturel africain : tel était l’objectif de la 2e table-ronde annuelle des ministres africains pour le patrimoine mondial en Afrique organisée dans le cadre de la 37e session du Comité du patrimoine mondial qui a lieu à Phnom Penh (Cambodge) du 16 au 27 juin.

Faut-il choisir entre développement économique et conservation du patrimoine? La question a été débattue lors de la table-ronde des ministres africains pour le patrimoine, organisée conjointement par le Fonds pour le patrimoine mondial africain et l’UNESCO.

Parmi les intervenants présents aux côtés de la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, du Président du Comité du patrimoine mondial, Sok An et du Président du Fonds pour le patrimoine mondial africain, Sibusio Xaba, figuraient notamment sept ministres : Hassan Arero Wario, ministre de la culture, des sports et des arts du Kenya ; Khamis S. Kagasheki, ministre des ressources naturelles et du tourisme de Tanzanie ; Ama Tutu Muna, ministre de la culture du Cameroun ; Mario Lucio Sousa, ministre de la culture du Cap Vert ; Bruno Maiga, ministre de la culture du Mali, Enock Dayang Menwa, ministre de la culture, des arts et de la conservation du patrimoine du Tchad et Jerry Ekandjo, ministre de la jeunesse, du service national, des sports et de la culture de Namibie.

Pour Irina Bokova, les pays ne doivent pas avoir à choisir entre protection du patrimoine et développement. « L’UNESCO s’emploie à montrer que les sociétés peuvent avoir les deux –en fait, doivent avoir les deux pour être équilibrées, inclusives et favoriser le développement durable », a-t-elle insisté.

Créé en 2006, le Fonds pour le patrimoine mondial africain s’emploie à renforcer les capacités  de protection et de conservation du patrimoine dans la région, en promouvant notamment la formation dans ce domaine. Mais le manque de financement limite la portée des actions entreprises. « Nous disposons d’un financement de cinq millions de dollars, ce qui est nettement inférieur aux 25 millions prévus lors de sa mise en place en 2006 », a regretté le Président du Fonds pour le patrimoine mondial africain, Sibusio Xaba, qui a appelé les pays de la région à allouer davantage de ressources.

Le ministre de la jeunesse, du service national, des sports et de la culture de Namibie, Jerry Ekandjo, a profité de cette réunion pour annoncer que son pays allait contribuer à hauteur d’un million de dollars namibiens à ce Fonds. La ministre de la culture du Cameroun a également annoncé une contribution de 49 000 dollars.

Les besoins sont immenses. Les conflits armés, l’urbanisation croissante, l’exploitation des ressources naturelles, le changement climatique et les menaces naturelles, telles que la fonte de la calotte glaciaire au sommet du Kilimanjaro ou l’érosion des rives du Lac Tchad, sont autant de défis auxquels sont confrontés les sites protégés par la Convention du patrimoine mondial. « Nous ne pouvons pas rester immobiles et nous contenter d’observer la situation, nous devons agir et inciter les autres à se mobiliser – tel a été notre objectif au Mali, où l’UNESCO a été le fer de lance de l’action menée pour sauvegarder le patrimoine millénaire de ce pays », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO.

Le ministre de la culture du Mali a d’ailleurs salué l’action déterminante de l’UNESCO pour sauvegarder les trésors de la culture malienne mis à mal à Tombouctou par les groupes armés qui ont  occupé le nord du pays jusqu’au début de l’année. Le Président du Comité du patrimoine mondial a annoncé la décision du Premier ministre du Cambodge, Hun Sen, de construire une école primaire dans le nord du Mali, par solidarité avec le peuple malien. Cette école sera inaugurée prochainement.

Au début du mois de juin, une équipe d’experts menée par l’UNESCO s’est rendue à Tombouctou afin d’évaluer les dégâts causés à son patrimoine culturel. Cette mission avait pour objectif de faire le point sur l’ampleur des dégâts causés au patrimoine culturel de la ville, d’établir une feuille de route des actions prioritaires à entreprendre dans le but de restaurer, reconstruire et protéger ce patrimoine. Les résultats serviront à finaliser un Plan d’action pour le Mali. Il s’agit de la première étape vers la reconstruction et la sauvegarde de ces sites, dont plusieurs figurent sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

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