23.09.2011 - UNESCO

La Plate-forme africaine sur l’accès à l’information adoptée à la conférence du Cap

Environ 220 délégués issus de divers secteurs étaient réunis du 17 au 19 septembre 2011 au Cap (Afrique du Sud) pour participer à une réunion qui a abouti à la signature de la Plate-forme africaine sur l’accès à l’information. La Conférence panafricaine sur l’accès à l’information était organisée par le groupe de travail Windhoek +20, à l’occasion du 20ème anniversaire de la Déclaration de Windhoek. L’UNESCO a apporté son soutien à cet événement aux côtés d’autres partenaires clés, dont la Commission de l’Union africaine, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté d’expression et le Rapporteur spécial sur la liberté d’expression et l’accès à l’information de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.

Des évolutions importantes se sont produites ces dernières années en Afrique dans le domaine de l’accès à l’information. Dix pays africains ont déjà adopté des lois sur l’accès à l’information, comme l’a rappelé à la conférence l’expert international Toby Mendel. Des initiatives sont également menées à l’échelle régionale, comme la Loi modèle sur l’accès à l’information pour l’Afrique préparée par le Rapporteur spécial sur la liberté d’expression et l’accès à l’information de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Du côté de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), des travaux sont également en cours concernant l’adoption d’une loi complémentaire juridiquement contraignante pour un cadre juridique uniforme sur la liberté d’expression et le droit à l’information. Par ailleurs, de nombreux pays africains ont adhéré à des efforts multipartites tels que l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide et le Partenariat pour un gouvernement transparent. On assiste donc à un tournant majeur en direction de la transparence sur le continent africain.

Les délégués de la Conférence panafricaine sur l’accès à l’information ont fait le point sur les progrès réalisés en matière de liberté de la presse, de liberté d’expression et d’accès à l’information depuis l’adoption de la Déclaration de Windhoek, le 3 mai 1991. Tout en reconnaissant le chemin parcouru, les participants ont insisté sur les obstacles qu’il reste encore à surmonter pour garantir pleinement le droit d’accès à l’information.

La plupart des pays africains ne disposent pas de législation sur l’accès à l’information et lorsque celle-ci existe, son application se heurte à d’énormes difficultés. Côté offre, il reste beaucoup à faire pour mettre en place des procédures appropriées garantissant un accès rapide à l’information, des mécanismes efficaces d’application des lois et des bonnes pratiques en matière de gestion des archives. L’insuffisance des ressources humaines et financières au sein des instances publiques, jointe à une culture du secret, reste un autre problème majeur.

Côté demande, la majorité des Africains sont mal informés sur leur droit à savoir et ignorent comment l’exercer. Les participants à la conférence ont aussi longuement examiné la question complexe des exceptions au principe de divulgation de l’information (pour des raison liées, par exemple, à la sécurité nationale, la sécurité personnelle ou la protection de la vie privée). Parmi les autres sujets importants figuraient l’utilisation des TIC pour gérer l’information publique, le rôle des journalistes, la promotion de la formation à la maîtrise de l’information et des médias ou encore le lien entre accès à l’information et égalité des genres. La Commission de l’Union africaine a également profité de cette occasion pour annoncer le lancement du Réseau panafricain des médias.

La tenue de la Conférence panafricaine sur l’accès à l’information était accompagnée d’autres événements, comme l’édition 2011 de la conférence Highway Africa et une série d’ateliers organisés avec le concours de l’UNESCO. La Plate-forme africaine sur l’accès à l’information a été adoptée lors de la session de clôture de toutes les réunions, rassemblées sous la dénomination de Sommet sur les médias en Afrique. Rappelant la Déclaration de Windhoek de 1991, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Frank La Rue, a déclaré que l’Afrique était une nouvelle fois à l’origine d’une déclaration « qui définit un ensemble de principes qui ne seront pas seulement suivis par les nations membres de l’Union africaine, mais par toutes les nations du monde ».




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