07.05.2012 - UNESCOPRESS

La Déclaration de Carthage insiste sur le besoin de renforcer la liberté de la presse et d'améliorer la sécurité des journalistes

Protéger les droits durement acquis en matière de liberté de la presse, améliorer la sécurité des journalistes et mettre fin à l'impunité pour les crimes commis contre eux, telles ont été les principales préoccupations des participants qui ont assisté à la conférence UNESCO de la Journée mondiale de la liberté de la presse à Tunis, qui s'est tenue les 4 et 5 mai. Plus de 700 participants venus de près de 90 pays ont pris part à l'événement, qui s'est terminé aujourd'hui avec l'adoption de la Déclaration de Carthage.

La Conférence a été ouverte par la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, qui a salué le rôle joué par les médias sociaux dans la transformation sociale de la Tunisie, et a encouragé les décideurs, les professionnels des médias et les leaders communautaires à maintenir l'élan pour la liberté de la presse.

« La Tunisie a montré comment le désir de liberté, conjugué avec la force des nouveaux médias, a le pouvoir de transformer la société » a déclaré la Directrice générale. « C'est une perspective profondément humaine et extrêmement moderne sur les réalités de nos sociétés contemporaines. »

Les différentes questions, soulevées par l'émergence des nouveaux médias, y compris les cadres juridiques, l'accès à l'information et à la technologie, la formation, les normes, l'éthique et la sécurité des journalistes, ont été longuement discutées tout au long de la conférence, par des experts de grands médias, par des organisations non gouvernementales et intergouvernementales et par le secteur privé.

Au cours de la séance finale animée, des débats dynamiques ont porté sur les défis auxquels sont confrontés les médias tunisiens durant la période de transition démocratique.

Dans la Déclaration de Carthage les délégués ont souligné la « conjoncture historique » au cours de laquelle la Journée mondiale de la liberté de la presse a été célébrée cette année, en particulier dans la région arabe. « Il est important de consolider la culture, les droits et les pratiques journalistiques qui sont essentiels pour protéger les libertés si chèrement acquises » ont-ils déclaré, reflétant ainsi les préoccupations exprimées sur la fragilité de ces libertés tout au long de la conférence.

Ils ont appelé toutes les parties prenantes à « créer et renforcer un environnement propice aux médias libres, indépendants et pluralistes, y compris dans les pays en transition vers la démocratie ». Ils ont également insisté sur l'importance pour les professionnels des médias et les journalistes citoyens d’adopter une approche éthique de leur travail, qui selon eux est « un facteur-clé pour dénoncer les contre-vérités, promouvoir les droits humains, combattre  l'intolérance, dénoncer la corruption et contrebalancer l'autoritarisme ».

La nécessité de « transformer les médias d’Etat et de gouvernement en médias de service public avec des garanties pour l'indépendance totale » a également été soulignée, ainsi que l'impératif de « garantir légalement l'indépendance des organes de régulation des médias et leur rôle dans la promotion de la diversité des médias » et « s’assurer que les nominations à ces organismes soient transparentes et fondées exclusivement sur la compétence. »

Sur la question de la sécurité, la Déclaration a spécifiquement exhorté les gouvernements à   «  créer un environnement libre et sûr pour les journalistes, les professionnels des médias et les producteurs de médias sociaux et à soutenir la mise en œuvre du Plan d'action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité ».

Elle a également appelé l'UNESCO à « continuer à lutter contre l'impunité, en particulier par la mise en œuvre du Plan d'action inter-organisations des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité », et « demander aux États membres de rendre compte de l'état d’avancement de l’investigation sur les cas de violence commis à l’encontre des professionnels des médias et d'autres personnes contribuant à un journalisme servant l’intérêt public, et d’assurer la transparence de ces rapports. »

Les célébrations de la Journée mondiale de la liberté de la presse ont commencé à Tunis le 3 mai avec la cérémonie de remise du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano au journaliste azerbaïdjanais, Eynulla Fatullayev. La remise du prix s’est faite en présence du Président de la Tunisie, le Dr Moncef Marzouki, qui s’est engagé à ce que les libertés acquises pendant la révolution de l'an dernier ne soient pas violées.

Contact pour les médias
Sue Williams
+33 (0) 1 45 68 17 06; +33 (0) 6 15 92 93 62  s.williams@unesco.org




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