20.01.2012 - UNESCO Culture

Les musées égyptiens un an après la Révolution

Depuis janvier 2011, les troubles civils qui ont secoué le monde arabe, de la Tunisie à l’Egypte en passant par la Libye, ont eu des répercussions sur le patrimoine de ces pays.

En Egypte, les institutions,  musées et sites patrimoniaux, se sont trouvés aux prises de pillages et autres dommages. Après que certains objets aient été volés au Musée égyptien, le public a démontré un engagement remarquable pour la protection du patrimoine de l'Egypte. Le 28 janvier 2011, la population a notamment formé une chaîne humaine autour du musée. D'autre part, les conservateurs égyptiens ont rapidement été mobilisés pour sauvegarder des documents qui ont été endommagés lors de l'incendie de l'Institut d'Egypte le 18 décembre dernier.

Dès l’annonce par les média, le 28 Janvier 2011, de dommages aux sites archéologiques en Egypte et d’une intrusion de pilleurs, en marge des manifestations politiques, au Musée égyptien de la place Tahrir, une réunion d'OIG et d'ONG spécialisées a été convoquée à l'UNESCO.  Des mesures d'aide d'urgence ont alors été mises en place pour aider l’Egypte à faire face aux éventuelles menaces sur les sites du patrimoine culturel ou sur ses institutions. Deux missions de l'UNESCO ont été envoyées en Egypte pour rencontrer les autorités nationales et évaluer les dommages : l’une avec l’ICOM, du 21 au 25 mars, et l’autre avec Interpol du 3 au13 mai.

Suite aux recommandations de la mission conjointe UNESCO / Interpol, deux projets étroitement liés ont été lancés avec le co-financement de l'Office fédéral de la culture de la Confédération suisse.
L'objectif principal du premier projet «Prévention des catastrophes et gestion des risques dans les musées en cas de conflits ou de catastrophes causés par l’homme" répond à la nécessité d’anticiper la protection du patrimoine culturel égyptien.
Le deuxième projet est intitulé «Formation en renforcement des capacités et activités de sensibilisation à la lutte contre le trafic illicite des biens culturels en Egypte». Pour assurer l'application la plus complète des conventions UNESCO de 1970 et d'UNIDROIT de 1995, le projet met l'accent sur la nécessité d'une législation nationale appropriée et d’une coopération internationale, la formation de policiers et douaniers, ainsi que des mesures préventives pour l'inventaire et la protection des objets culturels qu'ils soient des vestiges archéologiques ou autres.

L'UNESCO fournit également un soutien continu aux professionnels des musées en Egypte à travers la participation à des réunions et des programmes de formation, en particulier en relation avec le Musée de Nubie à Assouan et du Musée national de la civilisation égyptienne (NMEC) au Caire. Ces deux musées témoignent de la longue coopération entre l'UNESCO et les autorités égyptiennes patrimoine culturel depuis près de 50 ans. Le premier musée de la civilisation en Egypte, le NMEC se trouve sur le site archéologique d'El-Fustat dans le vieux Caire, surplombant le lac Ain El-Seera. Le musée a été conçu par l'architecte égyptien El Ghazali Kosseiba alors que les espaces d'exposition l’ont été par l'architecte japonais Arata Isozaki. Le NMEC présentera la civilisation égyptienne, de la préhistoire à nos jours, en utilisant une approche multidisciplinaire qui met en valeur le patrimoine tangible et intangible du pays. L'UNESCO travaille avec l'équipe du NMEC afin d’explorer le potentiel du musée en tant que vecteur d’édification de la démocratie et institution éducative majeure.

Le Musée de la Nubie à Assouan a été ouvert au public en Novembre 1997 et est reconnu dans le monde pour la qualité de son design et ses collections. Il abrite des pièces découvertes lors de fouilles menées dans le cadre de la Campagne internationale de l'UNESCO pour la sauvegarde des monuments de Nubie, menacés par la construction du haut barrage d'Assouan dans les années 1960. Tout en présentant plus de 3000 objets trouvés lors des fouilles, le musée sert de point focal pour l'histoire et la culture nubienne, ses collections présentant l'histoire de la Nubie de la préhistoire à nos jours.

En janvier 2011, l'UNESCO avait également inauguré deux expositions spéciales intitulées  «Mettre en lumière les relations d'interdépendance et engager des dialogues : les musées en tant qu'espaces civiques de développement de compétences interculturelles". Ces exposition se sont tenues successivement à Damas puis à Assouan et visaient à favoriser le dialogue des cultures et des civilisations en Égypte et en Syrie, en collaboration avec le Musée de Nubie en Egypte et le Musée national de Damas sous l'autorité de la Direction Générale des Antiquités et des Musées de Syrie. Les deux musées ont valorisé les icônes de leurs collections, qui, individuellement et collectivement représentent l’échange interculturel scientifique, religieux et artistique de la Méditerranée à la Mésopotamie à travers les bassins du Nil. L'importance historique de ces objets est immense car ils montrent la dynamique de l'inter-connectivité culturelle qui existe depuis la Préhistoire et qui représente activement de nos jours encore les racines de l'identité culturelle des régions. Cette phase pilote a été financée par le gouvernement espagnol, dans le cadre du partenariat de l'UNESCO avec l'Alliance des Civilisations des Nations Unies.




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