26.07.2006 -

Pour une intégration des approches sexospécifiques dans les politiques et projets de communication dans la région Pacifique

A l'occasion d'un atelier sur l'autonomisation des communautés via l'information organisé du 12 au 15 juillet 2006 à Suva (Fidji) par le réseau femLINKPACIFIC (Initiatives médias pour les femmes) et parrainé par l'UNESCO, les participantes ont déclaré qu'il était indispensable d'accorder une plus large place à l'égalité des genres dans les politiques, programmes et projets de la région Pacifique dans le domaine des TIC.

« Il est crucial d'accroître les connaissances pratiques sur la liberté d'information, sur la liberté de la communication et des médias, sur l'utilisation des TIC au service du développement, et de diffuser ces informations auprès des femmes des communautés rurales », a expliqué l'une des 18 participantes, Elena Dovarua de la Ligue des femmes catholiques aux Fidji.

 

« Cet atelier devrait être organisé dans tous les centres, comme à Savusavu, Labasa, Ba, et pas seulement à Suva », a-t-elle ajouté. « La participation à l'atelier m'a énormément aidée à comprendre le rôle des médias communautaires féminins et m'a fait découvrir un tas de nouvelles questions. »

 

Pour Fuata Antonio, qui appartient à la branche de Suva de l'Association des femmes de Rotuma, l'atelier l'a renforcée dans sa conviction que les femmes et les groupes féminins ont un rôle majeur à jouer pour informer les membres de leurs communautés ainsi que l'ensemble de la société des développements qui se produisent dans le pays. L'ancienne sous-secrétaire du Conseil national des femmes fidjiennes, Raijeli Mua, partage son sentiment : « Je suis forte de nouvelles connaissances ».

 

Miriama Rayawa Cama de la section fidjienne de l'Association des femmes du Pacifique et d'Asie du Sud-Est (PPSEAWA) a cependant souligné qu'il était nécessaire d'organiser davantage d'ateliers de formation sur ces sujets, afin d'informer les femmes responsables dans les ONG des évolutions en matière d'engagements internationaux sur les droits de l'homme et de questions constitutionnelles, ce qui permettra de promouvoir le rôle des femmes fidjiennes dans la société civile : « Nous avons besoin d'être informées sur ces questions, nous ne pouvons pas nous permettre de rester dans l'ignorance », a-t-elle déclaré.

 

La plupart des participantes ont apprécié la présence d'experts du ministère de la Justice, de la Commission fidjienne des droits de l'homme, du Forum constitutionnel des citoyens, du ministère de l'Information, de la Communication et des Relations avec les médias, du Conseil des médias des Fidji, de l'organisme fidjien de veille des médias, du Secrétariat du Forum des îles du Pacifique, de l'Association des personnes handicapées des Fidji (FDPA) et du Programme des Nations Unies pour le développement : « Non seulement les interventions étaient pertinentes et instructives, mais la participation de responsables de haut niveau était un véritable plus », s'est félicitée Sainiana Rokovucago.

 

Après deux journées de formation intensive, les participantes ont assisté et participé à une émission de démonstration grâce à la station de radio communautaire mobile de femLINKPACIFIC, « la radio dans une valise », femTALK 89.2 FM.

 

Dans leur déclaration finale (« Outcome Statement », voir fichier joint), les participantes ont souligné la nécessité de mener des actions pour informer le plus grand nombre de femmes sur les objectifs et les avantages de la Loi sur la liberté d'information et des projets de loi sur la radiodiffusion et sur les télécommunications. En effet, ces textes sont des outils indispensables pour permettre aux femmes de s'engager activement dans tous les secteurs de l'information et de la communication.

 

« Nous devons intégrer l'égalité des genres dans l'élaboration des politiques, programmes et projets dans le domaine des TIC », a insisté Ana Rakacikaci. Il faut pour ce faire développer une collaboration plus étroite avec les ONG travaillant dans ce secteur, en particulier les deux organisations féminines nationales : le Conseil national des femmes fidjiennes et Soqosoqo Vakamarama. « Nous devons également faire en sorte que les femmes de tous les groupes ethniques puissent participer à l'avenir aux consultations et aux émissions de radio et de télé », a-t-elle ajouté.

 

Les participantes, qui ont également été sensibilisées aux problèmes des handicapés dans le domaine de l'information et la communication, ont défendu l'intégration des communautés rurales, notamment des femmes et des jeunes filles, mais également des personnes handicapées afin de permettre à ces dernières de participer activement dans tous les secteurs du développement pour contribuer à la reconstruction sociale, économique et politique des îles Fidji :

« Nous demandons instamment au gouvernement fidjien d'adopter les principes du Cadre d'action du millénaire de Biwako afin d'intégrer les personnes handicapées et de tenir compte de leurs besoins en matière d'information et de communication dans les politiques de développement nationales, notamment dans le plan national sur les TIC. »

 

La déclaration finale rappelle également la nécessité d'un soutien visible, au niveau national et régional, afin d'assurer la viabilité des moyens d'information et de communication démocratiques, qu'il s'agisse de médias traditionnels ou communautaires, pour leur permettre d'opérer des changements positifs dans la vie des citoyens, de contribuer à la construction de la paix, à la promotion de la sécurité humaine et de la bonne gouvernance, autant de facteurs qui participent à la création d'un environnement favorable au développement de toutes les communautés des îles Fidji : « Nous faisons ces déclarations non seulement parce que nous savons que nous avons droit à l'information et à la liberté d'opinion, mais aussi parce qu'il est possible de prendre de meilleures décisions pour notre pays, si tous les Fidjiens s'engagent activement dans le processus de prise de décision pour un développement durable et équitable, pour la paix. »




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