20.08.2012 - Bureau de l'UNESCO à Katmandou

Améliorer l’enseignement du journalisme pour répondre aux attentes des jeunes népalais

Terhi Ylikoski rend visite à l’équipe d’une radio communautaire à Jumla, au Népal - © UNESCO

L’adaptation des modèles de cursus pour la formation au journalisme de l’UNESCO aux caractéristiques du Népal est un nouveau projet qui sera mis en place à Katmandou cette année. L’objectif est de renforcer le rôle des médias dans la transformation démocratique du Népal en accroissant la capacité de la formation journalistique.

Ce projet s’inscrira dans le cadre du Programme international pour le développement de la communication (PIDC). Il sera géré par le département central de journalisme et de médias de l’université Tribhuvan, l’une des plus grandes universités publiques de Katmandou.

La supervision du projet est effectuée par Terhi Ylikoski, experte associée de l’UNESCO dont le poste au bureau de Katmandou est financé par le gouvernement finlandais. « Ce projet pilote peut réellement avoir un impact énorme sur l’enseignement du journalisme local », assure Mme Ylikoski. « Si le projet donne de bons résultats, nous introduirons le cursus en dehors de la vallée de Katmandou, où les normes et pratiques journalistiques sont encore peu développées ».

« Pendant les deux semaines précédant la date limite pour l’adoption de la nouvelle constitution au mois de mai, 80 violations de la liberté de la presse ont été constatées dans le pays. Malgré cela, le nombre de jeunes népalais désireux de faire carrière dans le journalisme augmente. C’est surprenant, mais actuellement, de plus en plus de jeunes veulent travailler dans les médias. C’est la raison pour laquelle les formateurs en journalisme ont hâte de commencer à améliorer le cursus et à renforcer la capacité des enseignants ».

Le Népal bénéficiera également d’un autre projet du PIDC visant à établir un mécanisme de contrôle supervisant la mise en œuvre du Code d’éthique au sein des radios communautaires népalaises. Le taux d’alphabétisme de la population du Népal étant faible (selon l’enquête sur le niveau de vie au Népal, seulement 56,6 % en 2011), la radio représente la première source d’information. En outre, du fait de la topographie montagneuse du pays et du manque d’infrastructures, la radio est le média qui peut atteindre le plus grand nombre de personnes : 86 % de la population y a accès, contre seulement 7 % pour Internet.

 « Au Népal, les radios communautaires fleurissent », explique Mme Ylikoski. « La première du pays, Radio Sagarmatha, a été fondée en 1997 avec l’aide de l’UNESCO. Aujourd’hui, environ 200 stations de radio communautaires sont établies au Népal ; cinq d’entre elles sont gérées exclusivement par des femmes. Le Népal peut s’enorgueillir d’avoir l’un des secteurs de radios communautaires les plus dynamiques d’Asie, voire du monde. »

Le Code d’étique pour les radios couvre un large éventail de questions : par exemple, comment attirer l’attention des auditeurs, ou comment promouvoir la paix sociale et encourager l’autonomisation des communautés. Les membres de l’association népalaise ACORAB doivent respecter ce code afin que l’application des normes et bonnes pratiques internationales soit garantie. « Le nombre des stations de radio communautaires a augmenté de façon exponentielle au cours des 15 dernières années, aussi, il est important pour l’UNESCO de veiller à ce qu’une norme commune de professionnalisme et d’éthique soit présente dans l’ensemble du secteur », conclut Mme Ylikoski.

Le PIDC est le seul forum multilatéral du système des Nations unies ayant pour objectif de mobiliser la communauté internationale pour débattre et assurer le progrès des médias dans les pays en développement. Non seulement ce Programme apporte une assistance aux projets relatifs aux médias, mais il vise également à établir les conditions favorables à l’essor de médias libres et pluralistes.




<- retour vers Actualités
Retour en haut de la page