05.05.2014 - UNESCOPRESS

La liberté de la presse au cœur d’une conférence internationale à l’UNESCO

La conférence internationale organisée à l’occasion de la Journée mondiale de mondiale de la liberté de la presse s’est ouverte aujourd’hui au siège de l’UNESCO. La sécurité des journalistes, la lutte contre l’impunité, la montée en puissance de nouvelles formes de journalisme et la nécessité d’inscrire liberté de la presse à l’ordre du jour du futur agenda international développement sont au cœur de cette conférence.

Près de 300 participants –représentants des médias, des organisations intergouvernementales et des ONG- ont pris part à cette conférence de deux jours intitulée La liberté des médias pour un avenir meilleur : contribuer à l’agenda de développement post-2015.

La Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque année le 3 mai, prend cette année un relief particulier à la veille de l’échéance des objectifs de développement de 2015. La mise en place de nouveaux objectifs pourrait être l’occasion d’intégrer la liberté d’expression et la liberté de la presse au futur agenda de développement. C’est tout le sens de la Déclaration qui doit être adoptée à l’issue de la conférence.

« L’UNESCO a été en première ligne pour promouvoir une vision du développement humain qui intègre la libre expression et son corollaire, la liberté de la presse », a déclaré le Sous-Directeur général de l’UNESCO, Getachew Engida, en ouvrant la réunion. « La conférence d’aujourd’hui doit renforcer cette dynamique », a-t-il poursuivi après avoir rappelé la nécessité de garantir des conditions de sécurité satisfaisantes pour les professionnels des médias et les journalistes citoyens partout dans le monde.

« La sécurité des journalistes est un indicateur de la santé de la liberté d’expression et de la liberté de la presse », a indiqué le Sous-Directeur général, en soulignant qu’il n’en va pas seulement du respect des droits individuels et de la dignité des personnes mais aussi des droits et de la dignité de sociétés tout entières.

En 2013, la Directrice générale de l’UNESCO a condamné le meurtre de 92 journalistes. Dans la plupart des cas, ces crimes restent impunis. Dans le Rapport de l’UNESCO sur les Tendances mondiales en matière de liberté d’expression et de développement des médias, lancé en mars dernier, seuls sept cas sur les 430 meurtres de journalistes recensés par l’UNESCO entre 2007 et 2012 ont été résolus.

« De toute évidence, celui ou celle qui informe constitue aujourd’hui une cible », a pour sa part déclaré Rémy Pfimlin, Président de France Télévisions. « La sécurité des producteurs d’information est une décision politique posée à tous les Etats de ce monde », a encore indiqué le Président de France Télévisions.

Lauréat 2014 du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano, le journaliste d’investigation turc Ahmet Şık a déclaré quant à lui que « tout régime d’oppression réussit à créer ses propres médias ». Et de dénoncer les journalistes qui s’accommodent de ces régimes : « ce sont des journalistes qui s’emprisonnent eux-mêmes par le biais de l’autocensure. Ils vivent dans des prisons invisibles ».

La conférence qui se tient à l’UNESCO jusqu’au 6 mai réunit pendant deux jours des participants de 87 nationalités et pas moins de 74 intervenants, parmi lesquels Frank La Rue, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression ; Peter Horrocks, Directeur du service monde de la BBC ; Moez Chakchouk, Directeur de l’Agence tunisienne de l’Internet, Mostefa Souag, Directeur d’Al Jazeera Media Network ou encore Neïmatou Coulibaly, Directeur de Le Combat (Mali).




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