31.03.2008 -

Le Conseil du PIDC exhorte les gouvernements à combattre l'impunité des crimes commis contre les journalistes

Le Conseil intergouvernemental du Programme international pour le développement de la communication (PIDC) a adopté une décision demandant aux gouvernements de faire état des enquêtes sur les meurtres de journalistes et autres crimes délibérés commis contres les professionnels des médias.

Le Conseil intergouvernemental, qui se réunissait du 26 au 28 mars au Siège de l'UNESCO à Paris, a dénoncé à l'unanimité les agressions visant des journalistes et exhorté les Etats membres à se conformer aux obligations découlant du droit international pour mettre fin à l'impunité de ces crimes.

 

C'est le nouveau président du PIDC, l'ambassadeur suisse Walter Fust, qui a annoncé la décision adoptée par le Conseil. La décision rappelle la résolution 1738 adoptée en 2006 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui se réfère aux Conventions de Genève et souligne la responsabilité des Etats de poursuivre les auteurs de "graves violations". La décision demande aux Etats membres d'assurer la supervision du suivi des meurtres condamnés par le Directeur général de l'UNESCO et d'informer l'Organisation des actions engagées et du progrès des enquêtes judiciaires diligentées dans chaque affaire.

 

Au cours des deux dernières années, l'UNESCO a publiquement condamné l'assassinat de 121 journalistes - 68 en 2006 et 53 en 2007. La 26e session du Conseil a organisé un débat pour examiner les problèmes en matière de protection des journalistes et proposer des mesures pour développer les actions de mobilisation au niveau national et international. Rodney Pinder de l'Institut international pour la sécurité de la presse a soutenu que l'impunité demeure un problème majeur et que les mesures sont insuffisantes pour garantir la sécurité des journalistes sur le terrain.

 

Mogens Schmidt, qui représentait le Directeur général de l'UNESCO, a souligné qu'il était essentiel que les Etats membres respectent les engagements existants, notamment la résolution 29 adoptée en 1997 par la Conférence générale de l'UNESCO, qui demande aux gouvernements d'établir le principe de l'imprescriptibilité des crimes contre les personnes quand ces crimes sont perpétrés pour empêcher l'exercice de la liberté d'information et d'expression. Toby Mendel, directeur du programme juridique de l'organisation de défense des droits de l'homme ARTICLE 19, a expliqué que les crimes commis contre les journalistes ne constituent pas seulement une violation de la liberté d'expression des journalistes, mais également du droit à l'information des autres citoyens. Il a souligné la nécessité de disposer d'un cadre structurel pour lutter contre l'impunité.

 

Les statistiques compilées par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) montrent que seulement 6,7 % des poursuites dans les affaires de meurtres de journalistes aboutissent à la condamnation des auteurs. La décision adoptée par les 39 membres du Conseil du PIDC demande au Directeur général de l'UNESCO de présenter à la 27e session du Conseil du PIDC des informations à jour et un rapport analytique rédigé à partir des réponses reçues des Etats membres concernés, et de diffuser largement ce rapport.

 

La décision invite également le Bureau du PIDC à réfléchir aux mesures à prendre pour donner la priorité aux projets de renforcement des capacités au niveau local en matière de sécurité et de protection des journalistes.

 

<li><a target="_blank" href="ev.php?URL_ID=26330&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201">Texte intégral de la Décision adoptée par le Conseil du PIDC sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité</a>




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