06.03.2003 -

La Journaliste Israélienne Amira Hass Lauréate du Prix Mondial de la Liberte de la Presse 2003

Le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 2003 a été décerné à la journaliste israélienne Amira Hass, qui vit et travaille depuis dix ans dans les Territoires palestiniens pour le quotidien israélien Ha'aretz, par le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, sur recommandation d'un jury international.

« Amira Hass a montré un engagement professionnel et une indépendance exceptionnels, ainsi qu'un véritable courage, tout au long de la décennie écoulée. Si la paix s'établit entre Israéliens et Palestiniens, ce sera grâce à des personnes comme Madame Hass, qui sont capables de regarder les faits et de les comprendre, sans préjugé », a déclaré Koïchiro Matsuura.

 

Le jury était présidé par le Jamaïcain Oliver Clarke, Président de Gleaner Company Limited, qui a déclaré : « Ces dix dernières années, Amira Hass a fait preuve d'un courage et d'un professionnalisme exemplaires alors que son travail de recherche de la vérité lui valait d'être soumise à de fortes pressions».

 

Amira Hass est la première et unique journaliste israélienne vivant dans les Territoires palestiniens. Elle a emménagé à Gaza après la signature des accords israélo-palestiniens de décembre 1993 puis s'est installée à Ramallah en Cisjordanie en 1997. Malgré des restrictions imposées tant par les autorités militaires israéliennes que par les autorités palestiniennes (ANP), Mme Hass a écrit sans relâche des articles empreints de compassion sur la vie quotidienne et les difficultés des Palestiniens. Le regard indépendant et critique qu'elle porte tant sur la politique israélienne que sur celle des Palestiniens a exposé cette journaliste à des pressions des deux côtés.

 

Fille de survivants de l'Holocauste, Madame Hass est née à Jérusalem en 1956 et a étudié l'histoire à Jérusalem et à Tel-Aviv. Après avoir enseigné, elle a commencé à exercer la profession de journaliste en 1989 à la rédaction de Ha'aretz et a commencé à écrire sur les Territoires palestiniens en 1991, aucunement intimidée par le danger et les critiques des Israéliens et des Palestiniens.

 

Le prix d'un montant de 25 000 dollars est décerné chaque année sur la recommandation d'un jury international de professionnels des médias du monde entier. Il sera remis le 3 mai à Kingston (Jamaïque) lors d'une cérémonie organisée par l'UNESCO pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse.

 

Créé en 1997 par le Conseil exécutif de l'UNESCO, le Prix est destiné à mettre en valeur le travail d'une personne, d'une organisation ou d'une institution ayant contribué de manière notable à la défense et/ou à la promotion de la liberté d'expression dans n'importe quelle partie du monde, surtout si cette action a mis sa vie en péril. Le Prix porte le nom du journaliste colombien Guillermo Cano, assassiné pour avoir dénoncé les activités des puissants barons de la drogue de son pays. Les candidatures sont proposées par des organisations régionales et internationales qui font la promotion de la liberté d'expression.

 

Les journalistes qui ont été lauréats du Prix mondial de la liberté de la presse sont : Geoffrey Nyarota (Zimbabwe) en 2002 ; le journaliste actuellement détenu, U Win Tin (Myanmar) en 2001, Nizar Nayyouf (Syrie) en 2000, Jesus Blancornelas (Mexique) en 1999, Christina Anyanwu (Nigeria) en 1998 et Gao Yu (Chine) en 1997.




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