24.06.2014 - Communication & Information Sector

La formation Legal à Podgorica centrée sur l’autorégulation des médias et l’accès à l’information

[Translate to francais:] Ranko Vujovic from the Media Council for self-regulation and Bozena Jelusic, Ombudswoman of Daily Vijesti. © UNESCO

« Le travail d’investigation ne fait pas partie intégrante de la culture des journalistes au Monténégro, les rédacteurs en chef encouragent peu les jeunes journalistes à utiliser la législation sur l’accès à l’information », ont constaté les participants de la formation Legal Leaks qui s’est tenue la semaine dernière à Podgorica.

Les délais de réponse aux demandes d’informations et la complexité des procédures font également partie des difficultés évoquées par les participants durant la formation, organisée par l’UNESCO, en coopération avec Access Info Europe, le Conseil des médias pour l’autorégulation et le Réseau sud-est européen pour la professionnalisation des médias (SEENPM), qui s’est tenue les 12 et 13 juin 2014. Elle a rassemblé une vingtaine de journalistes.

Aleksa Ivanovic, membre du conseil de l’Agence pour la protection des données personnelles et le libre accès à l’information, a tout d’abord dressé un état des lieux de l’accès à l’information au Monténégro. Les discussions ont ensuite concerné les dilemmes relatifs à l’éthique et à la pratique professionnelle dans le métier de journaliste et l’importance de la révélation au public des actes répréhensibles dans une société démocratique. Les participants ont débattu de diverses questions éthiques relatives à l’équilibre entre le respect de la vie privée et le droit à l’information, avec des illustrations concrètes, par exemple dans le cas des registres de propriété foncière ou des documents d’entreprises qui peuvent contenir aussi bien des données privées que des informations d’intérêt public.

La seconde journée a été consacrée à des questions de déontologie journalistique. Un débat ouvert et vivant a eu lieu à travers le paysage audiovisuel du Monténégro, qui possède de nombreux mécanismes d’autorégulation tels que le Conseil des médias et des médiateurs au sein de certains journaux et chaînes de télévision privés. Au cours de la discussion avec Ranko Vujovic, du Conseil des médias pour l’autorégulation, et Bozena Jelusic, médiatrice du quotidien Vijesti, un débat a eu lieu sur la responsabilité ou non des médias en ce qui concerne les commentaires postés sur leurs sites web par les internautes.

L’éventuelle différence entre les médias orientés politiquement et les médias professionnels a également fait l’objet de débats. Les experts d’Access Info Europe ont précisé que de nombreux médias dans le monde entier ont une orientation politique ou économique, sans que cela porte préjudice à la qualité du travail journalistique, comprenant la vérification rigoureuse des faits publiés.

Marijana Buljan a présenté le troisième rapport de Human Rights Action, une ONG qui suit et évalue le travail des organismes d’autorégulation des médias au Monténégro. Elle a précisé que les plaintes émanent encore plutôt des acteurs politiques plus que d’un public plus large.

« Les organismes d’autorégulation des médias doivent établir un débat sur les normes éthiques et professionnelles », a-t-elle précisé. « Tous les organismes d’autorégulation devraient appliquer un code de déontologie de manière objective et impartiale. C’est une étape fondamentale pour plus d’éthique et d’équilibre dans les médias au Monténégro. »

Cet événement s’est déroulé dans le cadre du projet «  La transparence des médias en Europe du Sud-Est », financé conjointement par l'Union Européenne et l'UNESCO, qui a débuté en janvier 2013. Cette session de formation est le quatrième d’une série d’événements qui se déroulent actuellement dans la région.

Durant leur séjour à Podgorica, Helen Darbishire et Victoria Anderica, d’Access Info Europe, ont rencontré des journalistes des quotidiens Vijesti et Dan pour échanger au sujet de leurs systèmes d’autorégulation et débattre sur l’éthique et la liberté des médias. L’équipe d’Acces Info s’est également rendue chez MANS, une ONG qui utilise de manière active les lois d’accès à l’information dans son travail d’enquête et de publication sur des fraudes ou des actes de corruption.




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