02.03.2007 -

L'Internet à bas prix, un nouveau pas pour réduire la fracture numérique

D'après les développeurs et les dirigeants de grandes entreprises mondiales du secteur des nouvelles technologies qui ont participé hier à une réunion avec des représentants gouvernementaux, des militants et des représentants des Nations Unies, baisser les coûts d'accès à Internet pourrait déclencher un mouvement similaire à celui qui a permis de démocratiser l'utilisation du téléphone mobile dans les pays en développement.

Titi Akinsanmi du projet Schoolnet Africa a expliqué à la réunion de l'Alliance mondiale des Nations Unies pour les technologies de l'information et de la communication (TIC) au service du développement que la déréglementation des télécommunications et la progression fulgurante de la téléphonie mobile au Nigeria a eu des "retombées spirituelles et financières" dans le pays, car les abonnés créent de nouveaux services d'information à valeur ajoutée qui répondent à des besoins sociaux et religieux.

 

Pour la seule année 2004, on comptait près de 15 millions de nouveaux abonnés de téléphonie mobile en Afrique. Et ce chiffre a plus que doublé depuis 1999, d'après l'Union internationale des télécommunications (UIT).

 

Le président d'Intel Corporation, Craig Barrett, a cependant souligné que mettre à la disposition des utilisateurs des ordinateurs bon marché et l'Internet à bas prix est lié à une chaîne complexe de réalités du terrain, dont l'innovation technologique n'est qu'un maillon. M. Barrett, qui préside également le Comité directeur de l'Alliance mondiale, a évoqué entre autres la connexion au réseau international, les connexions nationales et les fournisseurs de services, ainsi que des contenus en langues locales pour répondre aux besoins des populations.

 

Pour Hamadoun Touré, secrétaire général de l'UIT et membre du Comité directeur de l'Alliance mondiale, un bon système de régulation à même de stimuler une concurrence saine et de nouveaux modèles économiques est également indispensable.

 

Avec un budget pratiquement nul, l'Alliance mondiale est une "organisation légère, sans lourdeurs bureaucratiques" a expliqué M. Barrett à la centaine de dirigeants d'entreprises de la Silicon Valley, d'investisseurs en capital-risque, d'universitaires et de représentants des médias qui participaient à la réunion.

 

Son objectif est "de développer l'esprit d'entreprise, l'éducation, la santé et les services publics" a ajouté M. Barrett, qui a visité à l'automne dernier dix pays en développement pour voir comment les technologies sont utilisées dans les zones rurales.

 

Les participants à la réunion d'hier ont pu échanger des idées et expériences sur des sujets tels que l'introduction du haut débit en Afrique, la constitution d'une cyber-armée volontaire et l'utilisation du capital-risque dans les projets de développement. Des débats sur la création de contenu local, le développement des télécentres et l'exploitation des innovations technologiques au service du développement étaient également au programme.

 

Abdul Waheed Khan de l'UNESCO était le modérateur d'une table ronde sur le thème "Donner du sens à l'utilisation d'Internet — Quel est le contenu pertinent au niveau local ?".

 

La réunion de la Silicon Valley était organisée par l'Alliance mondiale et Intel Corporation.

 

Créée en 2006, l'Alliance mondiale a pour objectif de faire travailler ensemble le secteur privé, le secteur public et les organisations de la société civile sur des mécanismes multidisciplinaires permettant d'étendre la révolution numérique sur toute la planète.

 

La prochaine réunion de l'Alliance mondiale, qui se tiendra le 26 mars au Siège des Nations Unies à New York, sera consacrée aux technologies d'assistance pour les personnes handicapées. Un forum mondial sur les jeunes et les TIC au service du développement est également prévu au mois de mai à Genève (Suisse).




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