06.05.2010 -

Information et autonomisation citoyenne au menu du déjeuner de New York

Plus de 75 personnes - délégués des Nations Unies, journalistes et représentants de groupes de défense des médias - étaient invités au déjeuner organisé le 3 mai au Secrétariat des Nations Unies, à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Dans l'esprit du thème de cette année, la réunion était axée sur le rôle fondamental des médias : informer pour autonomiser les citoyens.

Les participants ont rappelé que le droit à l'information était un prérequis à tous les autres droits, tels que le droit à l'alimentation et au logement, le droit à l'éducation ou encore le droit de vote. A une époque où la communauté internationale doit très souvent intervenir après des conflits ou des catastrophes, le droit de savoir est plus important que jamais.

 

Mujahid Kakar, directeur de l'information au MOBY Media Group d'Afghanistan, et Garry Pierre-Pierre, rédacteur en chef du Haitian Times, ont dressé un panorama de la liberté de la presse en Afghanistan et à Haïti.

 

"Depuis que les forces de sécurité internationales ont renversé le régime taliban en 2001", a expliqué M. Kakar, "on assiste à un formidable essor des médias en Afghanistan, et les médias ont été un instrument important du changement social car ils diffusent l'information vitale et contribuent donc à la prise de conscience de l'opinion publique." M. Kakar a ajouté qu'il existe actuellement en Afghanistan plus de 300 journaux, 285 stations de radio et environ 25 chaînes de télévision privées.

 

M. Kakar a signalé que la presse doit néanmoins faire face à de nombreux obstacles, qui mettent parfois la vie des journalistes en danger. "Les journalistes travaillent dans un environnement extrêmement difficile. Les talibans et d'autres groupes menacent les journalistes à la moindre occasion. D'autre part, les journalistes n'ont pas accès aux sources d'informations officielles."

 

Sheila Coronel, directrice du Centre Toni Stabile de journalisme d'investigation à l'Université de Columbia et fondatrice du Centre pour le journalisme d'investigation des Philippines, s'est fait écho des inquiétudes suscitées par les menaces dont sont victimes les journalistes ces dernières années. "Alors que de plus en plus de gouvernements font des efforts en matière de transparence, les journalistes continuent à être inquiétés lorsqu'ils dénoncent la corruption", a déploré Mme Coronel. "Depuis 1992, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a signalé 808 décès de journalistes, dont la plupart ont été tués pour avoir enquêté sur des affaires de prévarication ou des délits."

 

Plus de 80 pays dans le monde ont adopté des lois sur l'accès à l'information. Cependant il reste encore beaucoup à faire en matière d'accès à l'information dans des domaines comme les finances publiques ou la sécurité des produits. Il faut donc poursuivre le combat pour le droit de savoir.




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