28.09.2011 - UNESCO

L’UNESCO fait avancer le débat sur les réseaux sociaux et la démocratie, cette semaine au 6ème FGI à Nairobi

Jānis Kārkliņš, Sous-directeur général de l’UNESCO pour la communication et l’information - © UNESCO

« Les médias sociaux sont des catalyseurs de la participation démocratique et civique dans beaucoup de régions du monde, y compris l’Afrique », ont expliqué les participants à l’atelier de l’UNESCO sur « La libre circulation de l’information et les réseaux sociaux : un rôle pour la démocratie et la participation sociale », organisé le 27 septembre 2011 dans le cadre du sixième Forum sur la gouvernance de l’Internet (FGI) à Nairobi (Kenya).

Présidé par Jānis Kārkliņš, sous-directeur général de l’UNESCO pour la communication et l’information, l’atelier réunissait six intervenants d’Afrique, d’Asie, du monde arabe, des Etats-Unis et d’Europe, représentant des gouvernements, le secteur privé et la société civile. Plus de 80 participants ont activement pris part aux débats, qui étaient également suivis à distance en webdiffusion par des participants de la région Asie-Pacifique.

En référence aux mouvements sociaux que connaît depuis quelques mois l’Afrique du Nord, les intervenants ont observé que les réseaux sociaux, tels que Facebook, Twitter et Youtube, sont largement utilisés dans beaucoup de régions du monde, y compris l’Afrique, non seulement pour les communications personnelles mais aussi pour porter sur la scène publique des questions politiques, critiques ou taboues, qui ne sont pas toujours traitées dans les médias traditionnels. L’intervenante kényenne Grace Githaiga a expliqué qu’au Kenya, où l’on estime le nombre d’internautes à 8,69 millions, 99 pour cent du trafic Internet passe par les opérateurs de téléphonie mobile et les téléphones portables sont utilisés non seulement pour les communications vocales et l’envoi de SMS, mais également pour la création, le stockage et la transmission de contenu multimédia.

Tout en reconnaissant l’importance des réseaux sociaux pour développer la liberté d’expression et la participation démocratique, les intervenants et les participants ont exprimé leurs inquiétudes concernant les risques et les problèmes que suscite leur utilisation, notamment sur les questions suivantes : l’éthique et la qualité du contenu généré par l’utilisateur, la sécurité et la protection de la vie privée des citoyens, le défaut de protection des enfants, l’opacité entourant la collecte et le traitement des données personnelles, le filtrage et la surveillance des gouvernements, etc. Sur ce point, la représentante du Conseil de l’Europe a présenté un projet de recommandation portant sur des mesures à prendre pour protéger et promouvoir la liberté d’expression et le droit à la vie privée dans le cadre des services de réseaux sociaux. Les participants ont également débattu autour de la question de savoir si les gouvernements avaient le droit de couper l’accès aux réseaux sociaux pendant les émeutes et comment mettre en place une réglementation de l’Internet.

Les débats sont loin d’être clos. Les participants ont convenu qu’il fallait continuer à explorer les questions complexes sur les politiques et la réglementation de l’Internet. Ils ont également insisté sur le fait qu’il fallait faire davantage d’efforts pour renforcer la participation démocratique via les réseaux sociaux, dans un cadre juridique et réglementaire exhaustif.

Jānis Kārkliņš a saisi l’occasion pour donner à tous les participants rendez-vous pour les ateliers qu’organisera l’UNESCO sur le sujet au prochain FGI, en 2012. Il a conclu l’atelier en réaffirmant l’engagement de l’UNESCO en faveur de la promotion de la liberté d’expression et de la protection de la vie privée sur Internet, ainsi que son engagement pour soutenir la création de contenu local et les initiatives éducatives.




<- retour vers Actualités
Retour en haut de la page