30.05.2012 - UNESCO

Les États de l’Union du fleuve Mano célèbrent la Journée mondiale de la liberté de la presse à Monrovia

Défilé à Monrovia à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse - © UNESCO

Le 3 mai 2012, des professionnels des médias du Sierra Leone et de Côte d’Ivoire se sont joints à leurs homologues libériens pour célébrer les acquis obtenus et réclamer une liberté d’expression totale pour la presse. Plusieurs centaines d’entre eux ont défilé dans les rues de Monrovia à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. La manifestation est partie du siège du syndicat de la presse libérienne, la Press Union of Liberia ou PUL, pour s’achever à l’Université du Libéria, où des étudiants en communication de masse ont débattu autour de la question de la liberté d’information.

Le 2 mai, à la veille de la manifestation et du débat, une conférence régionale des pays membres de l’Union du fleuve Mano a été organisée afin de pouvoir discuter de l’avancement de la liberté de la presse dans les pays de l’Union, dans le cadre plus large du thème Nouvelles voix : la liberté des médias aide à transformer les sociétés. La conférence a permis d’évoquer de nombreux thèmes, parmi lesquels :

  • Journalisme, paix et démocratie : comment mettre la liberté médiatique au service du développement démocratique ;
  • Le rôle des médias dans des situations de transition, leur volonté de responsabiliser la société.

Les journalistes présents à la conférence ont offert de chaleureux applaudissements à la déclaration de Lewis Brown, Ministre libérien de l’information, annonçant que le gouvernement allait prochainement nommer un commissaire chargé de veiller à la mise en œuvre du Freedom of Information Act (FOI), la loi sur la liberté de l’information passée en 2010. Il a ajouté : « En plus de la nomination du commissaire du FOI, le gouvernement va faire passer la déclaration ‘Table Martin’, une loi qui dépénalisera les délits de presse. » L’an dernier, la présidente libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, a été récompensée par le prix des Amis des médias au cours du Forum des éditeurs africains, une première pour un président en exercice.

Les participants à la conférence ont également écouté avec bienveillance les propos d’Edward Kwame Yankson, représentant et porte-parole du Ministre de l’information du Sierra Leone, A. Ibrahim Ben Kargbo. Lors de son discours, il a annoncé que les conditions étaient réunies pour que son pays adopte la loi sur l’accès à l’information dès la semaine suivante.

Les intervenants et les experts de la MINUL, l’UNESCO, l’Union Européenne, du Centre d’étude des médias et de renforcement de la paix (CEMESP) et des trois États membre de l’Union du fleuve Mano ont abordé l’éthique et les lois médiatiques, l’importance de la professionnalisation dans ce domaine, le journalisme de paix, le rôle des femmes dans les médias, la transition de médias traditionnels à nouveaux médias. En accord avec les préconisations du Liberia Broadcasting System, principale radio nationale et sponsor de l’événement, de nombreux journalistes représentant des groupes médiatiques plus ou moins grands, notamment des radios locales communautaires, ont insisté sur le fait que l’évolution de la législation sur les médias doit être mise en place dans le dialogue entre le gouvernement et les différentes parties prenantes. Au Libéria, deux lois sont actuellement en cours d’élaboration : l’une portant sur le statut de diffuseur public et l’autre sur la réglementation pour les radios communautaires. 

Les célébrations de la Journée mondiale de la liberté de la presse sont parrainées par l’UNESCO, l’Agence danoise DANIDA pour le développement international et l’ICFJ, le Centre international des journalistes, en collaboration avec l’organisation à but non lucratif IREX, la Press Union of Liberia, la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), ainsi que d’autres partenaires comme Sting Communications, Coca-Cola et Cellcom. La rencontre s’achèvera sur la cérémonie de remise des prix PUL pour les médias, le 4 mai 2012 à l’hôtel Corina de Monrovia.

Toutes ces célébrations ont pu avoir lieu grâce au soutien financier de la DANIDA à l’UNESCO, dans le cadre du projet de renforcement de la liberté de l’information dans les États de l’Union du fleuve Mano. Ce projet pilote, qui a jusqu’à présent tout d’une réussite, a non seulement permis l’adoption du Freedom of Information Act au Libéria, mais il a également encouragé la mobilisation des différents acteurs pour obtenir la mise en œuvre effective de cette nouvelle législation. Ce projet repose largement sur la formation des médias à la durabilité et sur le programme d’échange Technique des médias et durabilité (MBS Exchange), qui forme chaque mois, à Monrovia, des responsables des médias et des chefs d’entreprise.

L’Union du fleuve Mano comprend la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée. Ces pays ont connu des changements majeurs au cours des dernières décennies, à la suite de conflits sanglants qui ont fait des centaines de milliers de morts, blessés et déplacés. Le Liberia, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire ont fait face à de violents conflits, soulèvements civils et troubles politiques. Ces trois pays œuvrent aujourd’hui à assurer un retour à la stabilité après les conflits, dans le cadre d’une gouvernance démocratique.




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