15.09.2011 - UNESCO

Conservation et accès : l’UNESCO assiste l’Ouzbékistan pour protéger le patrimoine documentaire d’Asie centrale

Formation des restaurateurs de l’Institut Al-Biruni - © Marco di Bella

Le Bureau de l’UNESCO à Tachkent a organisé des séances de formation pour les spécialistes de l’Institut Al-Biruni d’études orientales (Tachkent, Ouzbékistan), afin de perfectionner leurs compétences dans le domaine du stockage, de la manipulation et de la conservation des manuscrits. L’Institut possède une des plus importantes collections de manuscrits d’Asie centrale, qui reflète le rôle joué par cette région en tant que carrefour sur la Route de la soie. Les près de 26 000 manuscrits, datant du IXe au XXe siècle, sont inscrits au Registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO.

Dans le cadre du projet sur la préservation de la collection de manuscrits de l’Institut Al-Biruni d’études orientales de Tachkent (Ouzbékistan), mené par l’UNESCO avec le financement de l’Arabie saoudite, les restaurateurs de l’Institut ont pu perfectionner leurs compétences. Ils ont été formés à diverses techniques de conservation : méthodes de traitement pour la conservation du papier, production de conteneurs de protection pour le stockage des manuscrits et techniques de dépoussiérage. Cette formation pratique était complétée par la présentation du manuel publié par l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel, Préservation et manipulation des manuscrits.

Ces activités de renforcement des capacités, qui se sont déroulées sur une période de dix-huit mois, ont permis de responsabiliser les restaurateurs, même si la formation est un processus continu qui nécessite « plus de pratique avec un encadrement professionnel pour leur permettre d’être plus autonomes », explique Marco di Bella, expert international et consultant à l’UNESCO qui a animé la formation sur la reliure.

Le projet comprenait également des travaux de rénovation de l’Institut Al-Biruni. Toutes les zones de stockage ont été rénovées, avec la réfection des peintures, l’installation de la climatisation et l’amélioration de la sécurité. Le personnel a été formé à la manipulation des manuscrits et informé sur la prévention des catastrophes et les mesures à prendre dans de tels cas. Le laboratoire de conservation a également été remis à neuf, avec l’acquisition de nouveaux équipements et matériaux. La rénovation porte sur les installations d’exposition, les espaces de lecture et l’ensemble des infrastructures, ce qui permet à l’Institut d’améliorer son image et de profiter de la première initiative de ce genre en Ouzbékistan.

Parmi les résultats du projet figurera un manuel rédigé par l’expert international M. Mirabile, qui a pour objet d’aider l’Institut Al-Biruni à définir et concevoir des politiques et procédures en matière d’acquisition, de communication, de conservation et de stockage. Ce manuel peut avoir des retombées très prometteuses, puisqu’il peut s’appliquer à d’autres collections de manuscrits, nombreuses en Ouzbékistan.

Un catalogue de la collection, Treasury of the Oriental Manuscripts of the Al-Beruni Institute of Oriental Studies, sera publié en trois langues. Une exposition présentant un choix de manuscrits sera également organisée pour faire connaître au grand public cette collection unique.

Il ne fit aucun doute que toutes ces actions vont améliorer les conditions de conservation des 25 261 volumes de la collection, ainsi que les pratiques de maintenance et de gestion. En étant mieux protégés, ces documents d’une valeur inestimable inscrits au Registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO pourront être mis à la disposition des chercheurs et du grand public plus facilement qu’aujourd’hui, en préservant leur intégrité, leur authenticité et leur état de conservation.

Projet de fonds en dépôt de l’UNESCO et de l’Arabie saoudite

Cette initiative exceptionnelle repose sur l’échange de connaissances et de bonnes pratiques. Le projet a pour objectif non seulement de renforcer les capacités de l’Institut Al-Biruni d’Ouzbékistan, mais également de favoriser le développement d’un véritable réseau de spécialistes, de chercheurs et d’universitaires en collaboration avec le Centre de recherche et d’études islamiques du roi Fayçal (KFCRIS) à Riyad (Arabie saoudite). Il a également l’ambition de mettre au point un système de référence pour gérer au mieux la conservation et la préservation des manuscrits anciens.




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