26.11.2010 -

Table ronde sur l'autorégulation des médias en Croatie

La table ronde organisée le mois dernier à Zadar (Croatie), avec le soutien de l'UNESCO, conclut que la mise en application des principes éthiques et déontologiques passe par l'autorégulation des médias. L'autorégulation est déjà expérimentée avec succès dans beaucoup de pays en Europe et dans le reste du monde. Les débats se sont conclus par un appel à tous les professionnels des médias croates pour redonner un nouveau souffle à la mobilisation en faveur de l'autorégulation.

La table ronde sur la déontologie du journalisme et l'autorégulation des médias en Croatie s'est tenue dans la salle de rédaction du journal Zadarski list. Elle était organisée dans le cadre du projet soutenu par la Commission européenne et l'UNESCO "Alignement sur les normes internationales dans le secteur des médias des pays d'Europe du Sud-Est". Elisabeth Ribbans, directrice au quotidien The Guardian, et Ognian Zlatev, consultant à l'UNESCO, ont exposé les avantages de l'autorégulation, tandis que la situation des médias croates était présentée par les professeurs Stjepan Malović et Gordana Vilović.

 

"Nous vivons à une époque où la déontologie du journalisme et le respect des principes éthiques dans les médias sont tombés à des niveaux alarmants. L'autorégulation des médias et du journalisme est un moyen généralement accepté pour mettre en application les principes éthiques et déontologiques. En Croatie, l'autorégulation n'a jamais vraiment gagné du terrain, et ce malgré la décision de l'assemblée annuelle de l'Association des journalistes croates en 2006 de créer un conseil des médias. Ainsi la Croatie fait partie, avec la France et la Slovénie, des seuls grands pays européens à ne pas disposer d'une instance de ce type" expliquent les organisateurs du débat, en notant que même en l'absence d'organes institutionnels, l'autorégulation peut être mise en œuvre dans les rédactions comme en témoignent de nombreux exemples dans d'autres pays.

 

Nedjeljko Jusup, fondateur et eur de la rédaction de Zadarski list, a ouvert la table ronde en évoquant la tradition, l'importance et les conditions des médias en Croatie. Il a retracé l'évolution du journalisme dans la région, en rappelant qu'au XIXe siècle Zadar était la capitale du journalisme, où paraîtra le premier journal en langue croate, Kraljski Dalmatin.

 

Au cours du débat sur l'éthique d'Internet, Gordana Vilović a insisté sur l'importance des normes déontologiques et professionnelles, en particulier parce que beaucoup d'internautes sont jeunes. Mme Vilović a signalé que les propriétaires des sites étaient responsables non seulement des informations publiées, mais aussi des commentaires envoyés par les lecteurs, dont les propos sont souvent très violents et frôlent la haine ou la diffamation.

 

Elisabeth Ribbans a présenté son expérience en matière d'autorégulation. The Guardian est le troisième quotidien d'information le plus lu au Royaume-Uni et le deuxième portail d'information le plus consulté au monde après The New York Times. L'édition papier a une rubrique dédiée à la communication avec les lecteurs, où sont publiés leurs remarques et les correctifs des précédents numéros. Mme Ribbans a expliqué le fonctionnement de l'autorégulation au Guardian et au Royaume-Uni, où le Media Council joue un rôle important.

 

Lorsqu'elle a abordé la question des portails d'information, Mme Ribbans a signalé que les erreurs et les problèmes induits par le volume des informations mises en ligne et le rythme de publication étaient inévitables. Il ne faut pas les escamoter mais les corriger aussi vite que possible, ce qui a une influence très positive sur la confiance du lectorat.

 

Pour conclure, Mme Vilović a déclaré que, même si la Croatie ne dispose pas encore d'un conseil des médias indépendant, chaque comité de rédaction peut faire avancer l'autorégulation en adoptant un code de déontologie. Il faut saluer Zadarski list, qui a fait un travail remarquable dans ce domaine.




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